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Ile de la Réunion : des nichoirs pour les Paille-en-queue

Le Paille-en-queue, oiseau emblématique de la Réunion, est le symbole même de l’île tropicale et de tout l’Océan Indien. Obligé de quitter les falaises de bord de mer dans lesquelles il nichait, l’espèce s’est installée dans les sites d’escalade. Pour permettre aux oiseaux de se reproduire en toute quiétude, la Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion a lancé un programme d’aménagement, en concertation avec les grimpeurs. Un projet soutenu par la Fondation Petzl pour concilier la protection de l’espèce et la pratique de l’escalade.

SEPTEMBRE 2014

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Carte d’identité

  • Partenaires soutenus : Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion, www.seor.fr
  • Localisation : Ile de la Réunion, France
  • Type de projet : Prévention des accidents
  • Soutien : 9 000 € de 2011 à 2013
© Inveneo


Depuis plusieurs années, le Paille-en-queue est confronté à la modification de ses sites de nidification. Afin de sécuriser les routes côtières, des filets de protection métalliques ont été posé sur les falaises de bord de mer dans lesquelles il nichait auparavant. L’espèce s’installe désormais dans les sites d’escalade, créant ainsi une cohabitation délicate avec les grimpeurs. Pour prévenir les conflits d’usage, la Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion (SEOR) s’est rapproché du Comité régional d’escalade de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME), afin de développer des sites susceptibles d’accueillir le Paille-en-queue.

Rassembler pour préserver

La Réunion regorge de zones abruptes particulièrement appréciées des sportifs. L’escalade comme le canyoning y sont des pratiques fortement développées localement et qui peuvent entrer en compétition avec la conservation des milieux naturels et des espèces inféodées, comme le Paille-en-queue. 

Les actions de la SEOR et de la FFME permettent de rassembler sportifs, naturalistes et population locale autour de la préservation de la biodiversité et de la pratique de loisirs. L’accent de ce projet est mis sur l’éco-responsabilité des adeptes de l’escalade en milieu naturel ainsi que des acteurs de la conservation de l’avifaune. C’est un véritable partage des espaces naturels qui se met en place et mutualise les compétences et savoir-faire de chacun, montrant que la cohabitation entre faune sauvage et grimpeurs est possible.

Paille en queue © SEOR

Partager les falaises… pour grimper ou couver !

Afin de maintenir une activité de loisir tout en permettant aux oiseaux de se reproduire sereinement sur les sites d’escalade, la SEOR et la FFME ont mené différentes actions. Ensemble, ils ont aménagé des zones « tampons », situées en dehors des voies d’escalade, pour y installer des nichoirs artificiels et favoriser ainsi sa reproduction sans risque de dérangement. Pour les installer, les usagers des falaises ont été sollicités pour mettre leurs compétences de grimpeur au service du Paille-en-queue.

Les grimpeurs devront certes adapter leur comportement dans leur pratique de l’escalade, d’une part en évitant de fréquenter les voies les plus dérangeantes pour les oiseaux pendant les périodes de nidification ; d’autre part, en créant de nouvelles voies plus éloignées des zones de nidification. Une conciliation récompensée par la chance de grimper sur les falaises de la Réunion en compagnie du Paille-en-queue ! 

couple de Paille-en-queue
Couple de Paille-en-queue

Des nichoirs 4 étoiles

En novembre 2011, 4 nichoirs ont été posés avec l’aide des grimpeurs qualifiés de la Fédération française de la montagne et de l’escalade, qui ont encadré toutes les opérations sur corde. 

pose de nichoirs artificiels pour le Paille en queue

Ces nichoirs ont été composés de façon à prendre en compte la morphologie particulière du Paille-en-queue, dont l’envergure d’1 mètre et les petites pattes positionnées très en arrière du corps, lui rendent tout déplacement au sol difficile. Le nichoir est conçu pour intégrer une planche d’envol suffisamment large pour qu’il puisse se poser sans difficulté. La forme arrondie du tube permet à l’oiseau de se déplacer sans difficulté à l’intérieur de la loge. Le nichoir est constitué d’un tube de PVC qui imite les tubes de lave très souvent choisis par cette espèce.

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Lorsqu’ils nichent dans les falaises, les oiseaux sont souvent sujets à un risque de prédation induite par les rats, qui parviennent à escalader et à circuler sur les zones accessibles pour atteindre des sources de nourriture, dont les œufs de Paille-en-queue dans les nids. La conception du nichoir a donc intégré les éléments permettant d’empêcher l’accès aux rats.

Les abris ont été conçus pour résister aux contraintes météorologiques très fortes de La Réunion, notamment lors de la période cyclonique, et limiter la chaleur à l’intérieur de la loge. En falaise, durant l’été austral la température peut monter de façon très importante et peut avoisiner les 50°C.

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La fixation des prototypes en falaise et leur sécurisation a été réalisée avec l’aide de la FFME qui possèdent matériels et compétences.
Enfin, les nichoirs sont conçus pour fonctionner sans entretien particulier. Une maintenance spécifique est prévue sur les prochains prototypes pour vérifier le système de caméra embarquée permettant de suivre l’occupation du nichoir.

Pour répondre aux contraintes d’intégration environnementale, les nichoirs sont traités de manière à s’intégrer visuellement au mieux dans les falaises. Ainsi, ils sont davantage attractifs pour les Paille-en-queue, mais aussi moins visible du public, ce qui limite tout dérangement ou acte de vandalisme.

Témoignage de François Xavier Couzi, directeur de la SEOR

François Xavier Couzi «  Passionné de nature, je passe beaucoup de temps à observer les oiseaux les deux pieds sur terre ! Avec le projet Paille en queue, je me suis retrouvé les deux pieds dans le vide… J’ai ainsi pu apprendre les rudiments de la pratique de l’escalade et plus précisément, la descente sur corde. L’inventaire de cavités naturelles de la falaise, la prospection et la pose des nichoirs ont été pour moi, des moments forts, riches en adrénaline !  »

Le Paille-en-Queue, quel drôle d’oiseau !

Paille-en-queue © Yabalex Caractéristiques :  C'est un grand oiseau des mers chaudes au plumage blanc avec des traits noirs. Il possède également une très longue queue composée de deux plumes très fines ressemblant à deux pailles blanches trainant élégamment derrière l'oiseau en vol. Son bec est jaune.Sa taille de 61 cm (quasi 1 m avec les brins) pour une envergure de 112 cm.
Alimentation : Il se nourrit de petits poissons.
Habitat : Cet oiseau marin vit en haute mer et ne vient à terre que y pour nicher. C’est pourquoi on le rencontre le long des falaises réunionnaises où il niche dans les anfractuosités multiples des roches basaltiques. Il pond un unique œuf d'octobre à décembre, qui est couvé par les deux parents pendant un mois et demi environ. Le petit quitte le nid à l'âge de 3 ou 4 mois, vers la fin du printemps.
Menaces : Les divers aménagements du littoral détruisent leurs sites de nidification et la fréquentation touristique de ces sites induit également un dérangement pour l’oiseau pendant la période de reproduction. La collecte d'œufs pour la consommation humaine et les prédateurs (rats, chats, chiens, ...) constituent aussi d'autres facteurs de menace pour l'espèce.

En savoir plus :

La Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion est une association Loi 1901, créée en 1997 et qui œuvre pour la protection des oiseaux de La Réunion. La SEOR a reçu l’agrément de Protection de l’Environnement.
Pour plus d’informations  voir le site de la SEOR

Article réactualisé en septembre 2014


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