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Le phoque moine de Méditerranée : une espèce en voie de disparition

Le phoque moine, espèce rare de la mer Méditerranée, est en danger critique d’extinction. Depuis 2007, la Fondation CBD Habitat œuvre pour sa protection et tente de recenser les déplacements de la colonie du Cap Blanc en Mauritanie, grâce à un suivi GPS. Un projet « coup de cœur » pour la Fondation Petzl où les techniques de la verticalité servent la préservation de la biodiversité !

SEPTEMBRE 2014

des phoques moine jouant dans l'eau

Carte d’identité

  • Partenaires soutenus : fondation CBD-Habitat, www.cbd-habitat.com
  • Localisation : Mauritanie, Afrique
  • Type de projet : Préservation de l'environnement
  • Soutien : 10 500 € de 2011 à 2013

/fondation/foundation-picto-info.png?v=3  Autrefois, les phoques moines occupaient les eaux de toute la Méditerranée depuis la Turquie jusqu’au Cap Vert. La chasse indiscriminée dont ils ont été la cible pendant des siècles et la détérioration actuelle des côtes ont réduit la population à quelque 500 individus répartis de façon inégale entre la Grèce, la Turquie, les îles de Madère et la péninsule du Cap Blanc, en Mauritanie.

Une population en danger d’extinction

Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale, soit environ 250 individus, se concentre au pied des falaises de la Péninsule du Cap Blanc en Mauritanie. Ce sont les derniers individus qui ont encore une structure coloniale typique des anciennes grandes colonies de cette espèce.

/fondation/foundation-phoque-moine-15.jpg?v=1 Ils nichent dans les grottes marines de la péninsule, situées en contre-bas de falaises escarpées. Ces grottes sont extrêmement difficiles d’accès pour les naturalistes qui étudient ce mammifère.

Or, descendre dans les cavités est indispensable pour pouvoir recenser les petits et effectuer les opérations d’installation des GPS.

Pour atteindre les phoques, les scientifiques doivent maîtriser les techniques d’escalade : c’est ce qui a motivé la Fondation Petzl pour aider la fondation CBD-Habitat dans ses actions.

Réfugiés aujourd’hui au pied de falaises où ils sont exposés aux dangers des marées et à la violence des vagues, la séparation des petits de leur mère induit un taux de mortalité élevé chez les jeunes.

phoque moine et son petit Néanmoins, la création de zones classées “aires marines et littorales protégées” a déjà permis de doubler les effectifs de cette colonie depuis 1998 (110 individus en 1998, 200 en 2009), ainsi que le nombre de naissances (24 nouveau-nés en 1998 et 51 en 2009).

Pour aboutir à l’extension de ces zones de protection en faveur du phoque moine, en identifiant leurs espaces de vie, suivre leurs déplacements par GPS est l’une des principales mesures.

Un suivi satellite nécessaire à la survie de l’espèce

L’identification des déplacements des phoques est une étape prioritaire et essentielle afin de repérer les zones fréquentées par les animaux, et plus particulièrement les zones d’alimentation, de repos et de reproduction de l’espèce. Le marquage satellite des individus est la méthode la plus efficace pour suivre les mouvements des phoques.

Pour ce faire, les naturalistes de la fondation CBD-Habitat doivent descendre des falaises pour atteindre leur habitat, en utilisant des techniques d’escalade et de spéléologie. 

En novembre 2011, une balise GPS a été posée pour la première fois sur un phoque moine adulte mâle. Sour forme de bracelet, le GPS est accroché sur ses nageoires pendant qu’il dort, ce qui réduit les dérangements occasionnés sur les membres de la colonie.

© CBD Habitat © CBD Habitat
Pose d'une balise sur un phoque moine

Ce système permet aux scientifiques de suivre ses déplacements de manière très précise, allant jusqu’à 226 relevés GPS en 64 jours. Avec ce système de traçage, les scientifiques ont pu déterminer le parcours de chasse des phoques en haute mer, leurs déplacements au sein des cavités ainsi que les différentes zones d’accouplements.

Zone de chasse a proximité de la côte   Zone de chasse a proximité de la côte

Le phoque moine de Méditerranée

© CBD Habitat Nom scientifique : monachus monachus 
Taille : de 2 à 3 m - Poids : de 200 à 300 kg 
Alimentation : le phoque moine est principalement piscivore (Poissons, crustacés, sèches, poulpes, langoustes et homards). Il peut même se nourrir d'algues. Un phoque adulte mange 15 kg de poissons chaque jour. 
Répartition géographique : Bassin méditerranéen, côte Atlantique Nord-Ouest de l'Afrique (du Maroc à la Mauritanie), à Madère et sur quelques petites îles de la mer Adriatique et Egée.
Dégradation de son habitat : Auparavant, le phoque moine vivait sur des plages de sable ou des petites criques rocheuses, mais le dérangement humain (construction d’hôtels et d’habitations sur les côtes, le tourisme) devenant trop important, il s'est réfugié vers les derniers secteurs encore sauvages, c'est-à-dire les côtes rocheuses, cependant plus dangereuses pour sa survie.

Pour en savoir plus :
La fondation CBD-Habitat est basée en Espagne. Son objectif est de préserver la biodiversité, en mettant notamment l’accent sur la conservation des espèces en danger et leurs habitats (par exemple le lynx d’Espagne, l’aigle impérial ibérique, le phoque moine à ventre blanc). Les activités de la Fondation ont une portée nationale et internationale, avec des projets en Mauritanie, au Maroc et en Guinée Bissau.

Cette fondation est membre de l’UICN depuis juin 2010.

Pour plus d’informations voir le site du programme conservation phoque moine

Article réactualisé en septembre 2014


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