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Refuge de l’Aigle : un patrimoine unique dans les Alpes françaises

En 2004, un projet de rénovation du refuge de l’Aigle prévoyant la destruction de ce bâtiment datant de 1910 avait suscité de fortes oppositions dans la communauté montagnarde. Après des années de controverse, la Fondation Petzl a joué un rôle pivot pour le rapprochement des points de vue en finançant une nouvelle étude architecturale. Cette nouvelle version du projet a permis de conserver le bâtiment dans sa structure actuelle tout en préservant ce patrimoine unique d’une dégradation inéluctable. Le nouveau refuge de l’Aigle a été ouvert au public en août 2014.

SEPTEMBRE 2014

Le refuge de l'aigle © Pascal Tournaire

Carte d'identité

  • Partenaires soutenus : Projet initié et conduit par la Fondation Petzl
  • Association des amis du refuge de l’Aigle, Fédération française des clubs alpins et de montagne : www.clubalpin.com
  • Type de projet : Préservation de l'environnement
  • Soutien : 85 000 € depuis 2006

Le nouveau refuge de l’Aigle présenté au grand public

Refuge mythique des Alpes françaises situé en Oisans dans le massif des Écrins, le refuge de l'Aigle fut construit en 1910 à 3340 mètres d'altitude pour abriter les alpinistes sous la Meije. Dans le cadre de l'actuelle réhabilitation du refuge, la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) et l’architecte du refuge de l’Aigle ont réalisé un montage « à blanc » du refuge pour le salon du bois et le salon de de l’aménagement en montagne en avril 2014 à Grenoble.

montage "à blanc" du futur refuge de l'aigle à Grenoble-Alpexpo à l'occasion du Salon du Bois © Stéphane Lozac'hmeur
Présentation du montage "à blanc" du futur refuge de l'aigle à Grenoble-Alpexpo à l'occasion du Salon du Bois.

L'intérieur du refuge reconstruit, qui conserve la charpente datant de 1910 avec les châlits d'origine. © Stéphane Lozac'hmeur
L'intérieur du refuge reconstruit, qui conserve la charpente datant de 1910 avec les châlits d'origine.

Le bâtiment, ingénieux mélange d'histoire et de modernité,est construit 
         en bois des Alpes comme le précédent, avec des aménagements en hauteur. © Stéphane Lozac'hmeur
 Le bâtiment, ingénieux mélange d'histoire et de modernité,est construit en bois des Alpes comme le précédent, avec des aménagements en hauteur.

L’objectif était de réaliser un montage complet du bâtiment avant sa construction in situ au début de l’été 2014. Pendant trois semaines, les artisans ont travaillé d’arrache-pied pour construire ce nouveau refuge sous l’œil attentif de l’architecte Jacques Félix-Faure. Des visites du chantier ont été organisée pour le grand public qui a pu admirer l’ingéniosité du bâtiment préservant l’ancienne charpente datant de 1910 tout en s’adaptant au besoin des alpinistes d’aujourd’hui.

Le refuge passe ainsi de 18 à 30 places et offre un espace de vie plus vaste pour le gardien. Jacques Félix-Faure s’est inspiré de l’aménagement intérieur des sous-marins pour optimiser chaque mètre carré. La Fondation Petzl a apporté un soutien financier à la FFCAM pour cette opération de montage à blanc en public. De juin à juillet 2014, le refuge a été remonté à 3 450 mètres d’altitude sur son rocher isolé au pied de la Meije. Le coût total de la rénovation du refuge de l’Aigle s’élève à 1 500 000 €.

Pour une rénovation urgente du refuge de l’Aigle

La communauté de la montagne s’est rassemblée autour de la rénovation du refuge de l’Aigle. Une rencontre des protagonistes de la rénovation a eu lieu le 10 juin 2013, avant de présenter à la presse le nouveau projet, qui fait une belle synthèse entre la préservation du bâtiment historique et la réponse aux besoins d’aujourd’hui.

Croquis du refuge actuel projet pour le nouveau refuge
Croquis du refuge actuel (gauche) et projet pour le nouveau refuge de l'Aigle (droite)

En 1910, la construction du refuge de l’Aigle par le Club alpin français a été rendue possible par l’organisation de caravanes de guides et de porteurs de la vallée. Le bâtiment de 28 m2 construit en 142 jours comprend une pièce unique avec deux niveaux de dortoir.Pour limiter le poids et résister aux vents forts, le refuge fut ingénieusement construit avec des pièces de bois de petite section reliées par des pièces métalliques.

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Le refuge de l'Aigle en 1925

En 2004, un premier projet de rénovation avait suscité de fortes oppositions dans la communauté (alpinistes, guides, écrivains, etc.) parce qu’il prévoyait la destruction de ce bâtiment (ou son transport dans la vallée). À l’initiative de Paul Petzl, une affiche fut diffusée très largement et contribua au succès de la pétition lancée pour sauver le refuge de l’Aigle. La Fondation Petzl apporta son soutien à l’Association des Amis du refuge de l’Aigle avec deux exigences : "Oui à la rénovation. Non à la destruction du bâtiment historique !"

Affiche du manifeste Photo © Samuels Colin
L'affiche du manifeste lancé en 2004 pour sauver le refuge de l'Aigle

Un camp de base pour les sommets de la Meije

Accroché à la montagne, à 3 450 mètres d’altitude, le refuge de l’Aigle abrite les alpinistes de retour ou en partance vers les sommets de la prestigieuse Meije  (Grand Pic, Doigt de Dieu ou Meije orientale, tour de la Meije à skis, Corridors, couloir Gravelotte, etc.). En pleine saison (printemps, été), les 18 places étaient insuffisantes pour répondre à la demande. Le bâtiment a subi les outrages du temps et des tempêtes. Sa construction en bois le rend vulnérable à un incendie. Il a besoin d’être conforté pour ne pas périr et agrandi pour répondre aux besoins des alpinistes d’aujourd’hui.

C’est pourquoi à partir de 2011, tous les acteurs du dossier se sont retrouvés au sein du comité de pilotage réuni sous la conduite du guide et ancien maire de Meylan, François Gillet, chargé d’une médiation à la demande du Comité de massif des Alpes, un comité qui regroupe pour les deux régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes les principaux acteurs de la montagne.

En janvier 2011, les positions des uns et des autres semblaient encore figées entre les partisans d’une rénovation-destruction et ceux de la construction d’une annexe avec préservation du bâtiment . Cette dernière proposition rencontrait des problèmes importants : incertitudes géotechniques, difficultés de fonctionnement liées à l’accumulation de neige, intégration dans le site, coût nettement plus élevé, opposition du directeur du Parc des Écrins et de l’Architecte des bâtiments de France.

La Fondation Petzl avait souligné l’importance de continuer à travailler pour essayer de faire converger les points de vue. Nous avions proposé de financer une étude supplémentaire sur un programme de 30 places, avec un volume unitaire permettant de préserver le refuge historique en gardant la matière et la structure existante.

La localisation du refuge :

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Une rénovation audacieuse

Le projet de consensus conçu par l’Atelier d'architectes 17C réalise avec audace une synthèse des attentes exprimées. Il respecte tout d’abord le souhait de préserver tout ce qui pouvait l’être, et notamment « l’âme » du refuge avec sa matière de vieux bois et sa pièce unique. La forme de l’ensemble, son emprise dans le site, la structure en bois, les lits et le mobilier seront conservés. Seuls les ajouts ultérieurs à 1910 et les pièces trop abîmées ne sont pas gardés.

Ce projet permet aussi de répondre aux besoins d’aujourd’hui avec 30 places, un local de gardien moins précaire, des rangements, un approvisionnement en électricité, un sas. Il garantit enfin la pérennité de la bâtisse en la confortant et en la protégeant sous une coque répondant aux normes actuelles de résistance aux vents et aux incendies.

Picto PDF Télécharger le dossier de presse "Refuge de l'Aigle : une rénovation urgente" (juin 2013).

Le plan de rénovation du refuge :

Plan du refuge

Ci-dessus, croquis des perceptions intérieures (gauche) et des perceptions extérieures (droite) du nouveau refuge.

Le refuge a fermé tout l’été 2013, car il ne répondait plus aux exigences de sécurité. Le maire de La Grave a dû prendre cette décision à cause du retard pris par la rénovation. Car le consensus n’était pas tout à fait complet. Quelques personnes s’opposaient encore au nouveau projet. Après le rejet d’un ultime recours par le Conseil d’État, le 25 mars 2013, le tribunal administratif de Marseille a également rejeté le 9 juillet 2013 la requête des Amis de l'Aigle, qui demandaient l’annulation du permis de construire.

La communauté montagnarde est heureuse que le refuge soit désormais rénové et soulagée que les procédures judiciaires prennent fin. C’était une nécessité tant pour la préservation du bâtiment que pour la vitalité de l’alpinisme dans cette partie du massif des Écrins.

Philippe Descamps

Les maquettes du nouveau refuge de l’Aigle

Après la controverse des dernières années, une troisième version du projet d'architecture, financée par la fondation, permet de répondre au respect du site et du bâtiment actuel, tout en satisfaisant les besoins d’aujourd’hui et de demain.

Que l’on revienne de la traversée des arêtes, du Grand Pic au Doigt de Dieu, ou que l’on parte vers la Meije orientale, une nuit au refuge de l’Aigle laisse un souvenir inoubliable. Cette petite cabane de 18 places, construite en 1910, a conservé l’organisation traditionnelle des refuges en une seule pièce, partagée entre les châlits et la salle à manger. En harmonie avec un petit bec rocheux, ce frêle édifice est aussi l’unique trace d’humanité dans cette face austère qui domine la Romanche.

Lorsque le Club alpin a envisagé la destruction de cette bâtisse historique pour faire place à un refuge moderne de 30 places, la Fondation Petzl a soutenu les nombreux alpinistes, opposants à ce projet, au nom de l’histoire, de la transmission de la mémoire et du respect du site. Avec l’aide de la Fondation Petzl, l’association des Amis du refuge de l’Aigle a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, qui a annulé le permis de démolir de l’actuel refuge.

Après la discorde, c’est la recherche d’un consensus qui a prévalu. Un comité de pilotage a rassemblé de très nombreux acteurs de la montagne et les institutions concernées. Cela a permis de faire valoir une idée forte : si le bâtiment est de la responsabilité de la commune et du club alpin, l’avenir d’un tel patrimoine concerne bien toute la communauté, au service de laquelle la fondation entend agir.

En janvier 2011, le comité de pilotage devait se prononcer entre deux projets : l’un prétendait préserver « l’esprit de l’Aigle » en rasant le bâtiment actuel, tandis que l’autre conservait la bâtisse et répondait aux besoins actuels par une annexe, dont la fondation avait demandé l’étude. Les positions se figeaient à nouveau et l’on partait vers une nouvelle discorde. Alors que le bâtiment a besoin d’être consolidé face aux éléments naturels, le risque était de perdre encore de nombreuses années, en laissant à la Justice le soin d’arbitrer une querelle que la communauté n’aurait pas su résoudre.

Les maquettes du nouveau refuge réalisées par l'atelier d'architecte 17C :

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La structure en bois de l’ancien refuge a été préservée et réhaussée pour offrir un niveau de couchage supplémentaire.

Crédit photo : Atelier 17C.

C’est pourquoi la Fondation Petzl a pris l’initiative de financer une troisième version du projet, confiée au même cabinet d’architectes, avec pour mission de trouver une synthèse entre les attentes de toutes les parties. Cette nouvelle version (voir photos de la maquette) permet de conserver le bâtiment dans sa structure actuelle, sa matière et son mobilier, tout en préservant ce patrimoine unique d’une dégradation inéluctable. Les adjonctions utiles sont faites dans le respect de l’esprit des lieux, de son histoire et du caractère unique du site, tout en répondant aux attentes du Club alpin et des guides (nombre de places porté de 18 à 29, local du gardien plus confortable, rangements plus vastes, respect des normes de sécurité, etc.).

Il s’agit bien entendu d’un compromis, la forme du bâtiment est conservée, l’intérieur également, mais il s’intègre dans une coque en bois plus longue, et légèrement plus haute et plus large. Les éléments non conservés (ouvertures, revêtements) sont aujourd’hui dégradés ou ne sont pas d’origine. Ce compromis satisfait presque toutes les parties, y compris des opposants au projet initial, comme le Groupe de haute montagne. Toutefois, une partie de l’association des Amis de l’Aigle, dont la majorité de son conseil d’administration, s’est prononcée contre. Nous leur avons expliqué qu’une position jusqu’au-boutiste ferait de l’ombre au travail très utile qu’il avait fait jusqu’à présent.

Si le consensus n’est pas complet, on s’en est rapproché. Surtout, l’idée d’un patrimoine commun des refuges a fait beaucoup de chemin. Nous souhaitons que cela puisse permettre d’envisager d’autres projets dans un nouvel esprit, avec davantage de concertation préalable.

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La maquette du projet de réhabilitation (droite)

Photo : Colin Samuels

Chronologie : l’histoire d’un refuge mythique

Les étapes marquantes dans l'histoire du refuge, depuis la première ascension de la Meije jusqu'à la réhabilitation du batiment et son remontage en altitude.

Le refuge de l'aigle © Samuels Colin

Le refuge de l'Aigle est un refuge mythique des Alpes françaises situé en Oisans dans le massif des Écrins. Il fut construit en 1910, à 3340 mètres d'altitude, pour abriter les alpinistes sous la Meije.


    Bandeau chronologie refuge de l'aigle
  • 28 juin 1870 :
    Première ascension du Pic central de la Meije par WAB Coolidge, Miss Brevoort avec U. et Ch. Almer et G. Gertsch.
  • 1875:
    Premiers bivouacs attestés au Rocher de l’Aigle.
  • 16 août 1877 :
    Première du Grand Pic (par le sud), Boileau de Castelnau avec les Gaspard père et fils. À la fin du XIXe siècle, la traversée des arêtes de la Meije, de La Bérarde à La Grave, devient l’une des plus grandes courses classiques des Alpes et le demeure aujourd’hui.
  • 11 avril 1894 :
    la direction centrale du CAF accorde à la section de Briançon le crédit pour construire un refuge sur le versant nord de la Meije. Les difficultés de transport empêchent d’acheminer le matériel à l’Aigle, il sert finalement pour un autre refuge.
  • 16 juin 1909 :
    la section de Briançon désigne une délégation pour rechercher l’emplacement idéal pour un refuge.
  • 15 décembre 1909 :
    la section de Paris décide de construire le refuge au Rocher de l’Aigle, sur la commune de La Grave.
  • Été 1910 :
    Construction du refuge dont les éléments ont été montés à dos d’hommes.
  • 1962 :
    rénovation de l’extérieur en pin abîmé. Pose d’une carcasse en zinc.
  • 1988 :
    ajout d’une cuisine et d’un mini-logement pour le gardien entre le refuge et le Bec de l’Aigle.
  • 1990 :
    Une violente tempête emporte la couverture du bâtiment. La toiture est refaite en bac acier.
  • Octobre 2000 :
    Le Club alpin lance une consultation dans sa revue sur la construction d’un nouveau refuge.
  • 3 septembre 2003 :
    la commune et le Club alpin français décident la construction d’un nouveau refuge.
  • 18 février 200 4 :
    Quatre cabinets d’architecture participent au concours sur un cahier des charges prévoyant un maximum de 30 places et une emprise au sol double de l’existant. Le jury choisit à l’unanimité le projet de l’Atelier 17C (architecte Jacques-Félix Faure), qui suppose de remplacer l’ancien refuge.
  • Avril 2004 :
    Jean Berriot fonde l’association « Les amis du refuge de l’Aigle» pour s’opposer au projet et défendre la conservation du refuge sur son site actuel. Une pétition demandant une solution alternative à la destruction recueillera plus de 2000 signatures dont celles de nombreuses personnalités de la montagne (alpinistes, guides, écrivains, etc.). Paul Petzl finance la fabrication de 6000 posters « Oui à la rénovation. Non à la destruction du bâtiment historique », qui sont rapidement diffusés. Les guides de la vallée réclament de leur côté la construction d’un nouveau refuge.
  • 8 juin 2006 :
    La Commission régionale du patrimoine et des sites considère que la protection au titre des monuments historiques n’est pas adaptée au refuge de l’Aigle.
  • 10 mai 2007 :
    La commission départementale des sites donne un avis favorable au permis de démolir.
  • 2 juillet 2007 :
    Le maire de La Grave délivre à la FFCAM un permis de démolir le refuge existant et de construire un nouveau bâtiment.
  • 31 juillet 2007 :
    L’association Les amis du refuge de l’Aigle dépose un recours avec référé contre le permis de démolir et le permis de construire un nouveau bâtiment.
  • 5 septembre 2007 :
    Le tribunal administratif rejette le référé suspension. L’affaire devra être examinée au fond.
  • Décembre 2007 :
    La Fondation Petzl lance une campagne d’opinion pour s’opposer à la destruction et demande un réexamen complet du dossier.
  • 27 juin 2008 :
    Le cabinet Véritas relève dans son rapport la grande inflammabilité du bâtiment.
  • 11 juin 2009 :
    Sur la demande de l’association « Les amis du refuge de l’Aigle », le tribunal administratif de Marseille annule le permis de démolir délivré par le maire de La Grave à la FFCAM.
  • Printemps 2010 :
    Le Comité de massif demande à François Gillet d’assurer une mission de médiation et d’animer un comité de pilotage. Guide, ancien directeur du Pôle grenoblois d’études et de recherche pour la prévention des risques naturels, M. Gillet fut également maire de Meylan, de 1971 à 1983.
  • 5 juillet 2010 :
    Réunion à La Grave des divers financeurs et de l’ensemble des institutions qui se sont mobilisées sur la question de la rénovation du refuge. La FFCAM, maître d’ouvrage, donne son accord pour étudier la possibilité de réaliser un projet conservant le refuge historique et la perspective visuelle actuelle depuis le glacier du Tabuchet. Il est décidé de faire appel au cabinet d’architectes retenu lors du concours de 2004 (Atelier 17 C).
  • 15 novembre 2010 :
    L’architecte présente trois scénarios. Une composition unitaire : le projet retenu lors du concours ; une composition accolée : préservation du refuge historique avec création d’une annexe accolée, du côté Est ; une composition dissociée : maintien du refuge historique avec réalisation de plusieurs annexes séparées. L’ensemble des participants émet de fortes réserves sur la solution dissociée, qui est contraire à l’esprit du refuge actuel et à sa convivialité.
  • 9 décembre 2010 et 21 janvier 2011 :
    L’architecte présente deux scénarios.
  1. Scénario I :composition unitaire plus compacte, correspondant au projet retenu lors du concours, mais avec une organisation du refuge reprenant celle du refuge « historique » (pièce unique)
    et une diminution des surfaces. Les Amis du refuge de l’Aigle, la Fondation Petzl et le Groupe de haute montagne disent leur désaccord sur ce projet, car il suppose le démontage du bâtiment existant.
  2. Scénario II :composition accolée qui conserve le refuge « historique » en le rénovant, le renforçant et en construisant une annexe au Nord-Est. Divers problèmes liés à la réalisation de ce scénario sont mis en avant : incertitudes géotechniques pour la construction de l’annexe, difficultés de fonctionnement liées à l’accumulation de neige devant l’annexe, intégration de l’annexe dans le site, coût nettement plus élevé. Plusieurs participants, notamment le Directeur du Parc des Écrins et l’Architecte des bâtiments de France des Hautes Alpes, soulignent que pour des raisons d’insertion dans le site et d’impact paysager, ils ne peuvent être favorables qu’à un projet «unitaire», c’est-à-dire sans annexe.

Aucun accord entre les points de vue des différentes parties ne semble alors possible. Après suspension de séance, la Fondation Petzl souligne l’importance de continuer à travailler pour essayer de faire converger les points de vue et propose de financer une étude supplémentaire. Un consensus se dégage alors pour approfondir le travail sur les bases suivantes :

  • Programme de 30 places.
  • Préservation du refuge historique en gardant la matière et la structure existantes.
  • Volume unitaire.
  • Intégration des diverses parties dans le travail avec le maître d’ouvrage et l’architecte.
  • 18 février 2011 :
    Un nouveau projet inspiré de l’idée présentée par le GHM est présenté. Intitulé « La cabane de l’Aigle », il conserve et met en valeur la structure et le mobilier du refuge historique et l’intègre dans un volume unique, en le surélevant pour glisser une rangée de bas-flancs supplémentaires sous l’existant et offrir ainsi les 30 couchages demandés. Une coque de protection permet d’assurer la pérennité du refuge en reprenant les efforts dus à la neige et au vent. Elle est un peu plus grande que le refuge existant, permettant de dégager une circulation centrale, un plus grand local pour le gardien et un sas à l’entrée.Toutes les parties prenantes émettent par écrit un avis favorable à ce projet, sauf l’association des Amis de l’Aigle, représentée par Jean Berriot.
  • 11 juillet 2011 :
    La Cour administrative d’appel de Marseille annule le jugement du tribunal administratif de Marseille et valide le permis de démolir initial.
  • 20 novembre 2011:
    Réuni à Bourg d’Oisans, le comité de pilotage approuve à l’unanimité le nouveau projet. M. Jean Berriot n’y participe pas.
  • 19 juillet 2012 :
    le maire de La Grave accorde un permis de construire à la FFCAM pour le nouveau projet de rénovation.
  • 10 octobre 2012 :
    L’association des Amis de l’Aigle dépose un recours (sans référé suspension) au Tribunal administratif contre le nouveau permis de construire.
  • 23 octobre 2012 :
    Le maire de La Grave prend un arrêté de fermeture du refuge jusqu’à sa rénovation, en vertu des dispositions du code de la Construction relatives à la protection contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public.
  • 25 mars 2103 :
    Le Conseil d’État rejette le pourvoi de l’Association des amis du refuge de l’Aigle contre l’arrêt de la Cour administrative d’appel.
  • 9 juillet 2013 :
    Le tribunal administratif de Marseille rejette le recours des amis du refuge de l’Aigle contre le permis de construire visant le nouveau projet.
  • Avril 2014 :
    Le nouveau refuge de l’Aigle est présenté au public lors de son montage à blanc au salon du bois et au salon de l’aménagement en montagne de Grenoble.
  • Août 2014 : le nouveau refuge de l’Aigle devrait ouvrir ses portes aux alpinistes en aout 2014 sur son rocher à 3450 m.

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Article réactualisé en septembre 2014


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