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Un masque pour s’acclimater à l’altitude

En avril 2015, une équipe de médecins français a testé un masque portatif sur une trentaine d’alpinistes et de trekkeurs volontaires de passage au camp de base du Manaslu, au Népal. Ce nouveau dispositif léger est susceptible d’améliorer l’acclimatation à l’altitude ou de traiter les symptômes d’un mal aigüe des montagnes.

NOVEMBRE 2015

Carte d’identité

  • Partenaires soutenus : Association Exalt
  • Localisation : Népal, Asie
  • Type de projet : Recherche scientifique
  • Soutien : 8 000 € en 2015

Les médecins du laboratoire Hypoxie Physiopathologie de l’Université Grenoble-Alpes et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) ont mis au point un masque permettant d’augmenter artificiellement la pression dans les poumons en contraignant l’expiration. Ce procédé, déjà expérimenté en laboratoire en 2011 puis au refuge Vallot (4362 m) en 2012, semblait déjà prometteur pour faciliter le lent processus d’acclimatation à l’altitude et atténuer les symptômes d’une personne atteinte d’un mal aigüe des montagnes (MAM).

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Ce printemps, les tests effectués à plus de 5000 mètres au camp de base du Manaslu ont confirmé l’intérêt du masque à « pression expiratoire ». Les trente volontaires ont amélioré leur oxygénation comme s’ils avaient perdu 1500 mètres d’altitude. L’un des membres de cette expérimentation, victime d’un MAM sévère, a été pris en charge avec le masque et des médicaments. Grâce à ce dispositif, il a passé la nuit au camp de base dans un état stable avant de redescendre le lendemain.

A l’heure actuelle, il n’existe que deux solutions non médicamenteuses pour faire face à un problème d’adaptation à l’altitude ou à un MAM : la redescente immédiate à une altitude moins élevée ou le placement dans un caisson hyperbare. Sur le terrain, il n’est pas toujours évident de redescendre une victime de MAM en raison de son état ou des conditions météorologique. Quant au caisson hyperbare, outre son usage qui nécessite une formation, il ne figure jamais dans le fond de sac des alpinistes à cause de son encombrement, de son poids (5kg) et de son prix (3800 €).

Les masques testés au Manaslu ce printemps suscitent de réels espoirs dans la communauté des médecins de montagne. Légers, peu encombrants et simples d’utilisation, ils pourraient bientôt figurer en bonne place dans la trousse de secours de toute personne confrontée à la haute altitude. Les chercheurs travaillent désormais sur un prototype accessible au grand public d’ici un à deux ans.

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La maladie de l’altitude

La montée en altitude s’accompagne d’une baisse de la quantité d’oxygène disponible dans l’air. Au sommet du Mont Blanc (4810 m), on respire un air deux fois moins riche en oxygène qu’au niveau de la mer. Au sommet de l’Everest, l’être humain ne fonctionne plus qu’à 20% de ses capacités.
Confronté au manque d’oxygène, le corps humain tente de s’adapter en accélérant la respiration, le rythme cardiaque et en augmentant le taux de globule rouge dans le sang. Ce processus lent s’appelle l’acclimatation. Un séjour d’une semaine est nécessaire pour être complètement acclimaté à une altitude de 4000 mètres.
Une montée trop rapide s’accompagne fréquemment de maux de tête, de nausées, d’insomnies ou d’apnées du sommeil. Une mauvaise acclimatation peut conduire à un mal aigüe des montagnes (MAM) puis à des œdèmes pulmonaires ou cérébraux dans les formes les plus graves.

Article mis en ligne en novembre 2015


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