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A la recherche des derniers mondes perdus

L’aventurier grenoblois Evrard Wendenbaum a initié une série d’expéditions scientifiques à la découverte des dernières terres inconnues de la planète. Baptisé « LostWorlds », son projet a l’ambition de découvrir, faire connaître et protéger les derniers trésors biologiques de la planète. La Fondation Petzl soutient ces explorations, qui mettent la science au service de la conservation de la nature.  

JANVIER 2015 • Actualisé en mai 2017

Lost Worlds © Evrard Wendenbaum

Carte d’identité

  • Partenaire soutenu : Association Naturevolution / projet Lost Worlds
  • Localisation : Indonésie, Asie - Groenland , Europe
  • Type de projet : Préservation de l'environnement
  • Soutien : 10 000 € en 2016, 30 000 € depuis 2014

Accès rapide

Grimpeur et alpiniste, Evrard Wendenbaum a tourné de nombreux documentaires sur des ascensions se déroulant dans les massifs les plus reculés de la planète.
Sensible à la beauté et la fragilité des milieux qu’il parcourait, il s’est intéressé aux territoires difficiles d’accès qui constituent des refuges pour des milliers d’espèces animales et végétales menacées par les activités humaines. 

A partir de 2007, il a organisé avec le soutien de la Fondation Petzl, plusieurs expéditions scientifiques à la découverte du massif du Makay au sud-ouest de Madagascar . Au total, près de 80 nouvelles espèces et 500 peintures rupestres ont été répertoriées. En décembre 2014, le Makay va bénéficier du statut d’aire protégée temporaire délivré par le ministère de l’environnement et des forêts de Madagascar.

Porté par le succès du projet Makay, Evrard Wedenbaum, souhaite désormais explorer de nouveaux « mondes perdus » afin de mieux les connaître et les protéger.

A raison d’une à deux expéditions scientifiques par an, le programme « LostWorlds » va permettre d’explorer des milieux naturels spectaculaires et souvent inhospitaliers. Situés le plus souvent dans des régions karstiques tropicales, ces territoires ont été préservés de toute dégradation et possèdent un potentiel exceptionnel de découvertes naturelles et archéologiques.

2016 : expédition au Scoresby Sund, dernière terre inexplorée du Groenland

Après plusieurs explorations menées en milieu tropical, Naturevolution a réalisé durant l’été 2016 une mission scientifique en région arctique pour explorer le Scoresby Sund, sur la côte est du Groenland.

Descente d’une bédière

Descente d’une bédière, un torrent glaciaire au cœur du glacier Edward Bailey, au Groenland.

À l’est du Groenland, le fjord de Scoresby Sund est façonné par de gigantesques glaciers, parsemé d’icebergs et peuplé d’une faune rare, dont le mystérieux narval constitue le symbole. Situé au-delà du cercle polaire arctique, ce territoire sauvage et isolé est difficile d’accès. Pour l’explorateur Evrard Wendenbaum, fondateur de Naturevolution, c’est le lieu idéal pour mener une expédition hors du commun, mêlant recherche scientifique, alpinisme, plongée glaciaire et aventure humaine.

Expédition au Scoresby Sund, paysage
Expédition au Scoresby Sund, campement
Expédition au Scoresby Sund, à l'intérieur d'un glacier

À l’été 2016, encadrés par des spécialistes des milieux difficiles, des scientifiques naturalistes ont exploré et étudié ce monde perdu. Sur terre, des biologistes ont tenté d’établir la densité et la répartition géographique des loups arctiques, bœufs musqués, oiseaux et autres cétacés. En mer, les scientifiques de l’Institut des sciences de la Terre, Eric Larose et Agnès Helmstetter, ont cherché à comprendre comment les icebergs se décrochent des glaciers. Avec l’aide d’alpinistes, ils ont déposé des capteurs sismiques sur la surface des icebergs pour en détecter et analyser l’activité micro-sismique. Complétée avec un réseau d’appareils photos et de GPS qui mesurent la vitesse de déplacement des glaciers, cette étude permettra d’identifier de possibles signaux précurseurs de la dislocation des fronts de glacier sur la mer.

Éric Larose, géophysicien :

Éric Larose se prépare à poser des capteurs sismiques sur un iceberg.

Éric Larose se prépare à poser des capteurs sismiques sur un iceberg.« Au-delà de quelques alpinistes ou chasseurs Inuits, rares sont les aventuriers qui ont pu observer et explorer cette contrée aussi magique qu’austère. Le temps, c’est le bien le plus précieux des scientifiques : découvrir un glacier fossile caché sous une gigantesque plage de sable, écouter attentivement les murmures du glacier et comprendre la vie de ses torrents, observer les oies sauvages et découvrir le chemin de la grippe aviaire… Se laisser le temps de découvrir l’inattendu, l’imprévisible. Un temps pour explorer, à la source de notre inspiration et notre moteur pour innover. »

Enfin, les immenses glaciers et leurs moulins ont été explorés par les géophysiciens. Une expérience inédite pour Éric Larose : « L’intérêt scientifique de ces moulins gigantesques est de pouvoir étudier le débit et la façon dont l’eau circule dans le glacier. Ici, on mesure toute la force de la nature. »

Descente en rappel dans un des moulins gigantesques du glacier Edward Bailey, à plus de trente mètres de profondeur.

Descente en rappel dans un des moulins gigantesques du glacier Edward Bailey, à plus de trente mètres de profondeur.

Les données récoltées lors de cette exploration vont offrir une meilleure connaissance de la biodiversité exceptionnelle mais fragile du Scoresby Sund. Chercheurs et explorateurs espèrent ainsi convaincre la communauté internationale de la nécessité de préserver ce territoire riche en minerais, rendu accessible par la fonte des glaces.




2014 : première expédition scientifique du massif de Matarombéo, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie

Rafting sur la rivière Lindu © Evrard WendenbaumRéseau souterrain de Matarombeo © Lost Worlds
L’accès au cœur du karst est possible par la rivière Lindu, le réseau souterrain de Matarombeo étant parcouru de nombreux cours d’eau.

En octobre 2014, le projet « LostWorlds » a débuté avec l’exploration du massif de Matarombeo sur l’île de Sulawesi (Indonésie). Cinq scientifiques accompagnés par Evrard et son équipe ont évolués sur un terrain au relief compliqué et couvert de forêt dense.

Cette première expédition a permis la découverte de peintures rupestres et de poteries actuellement en cours de datation. Plusieurs espèces rares ont été observées dans leur milieu naturel comme l’hydrosaurus, un saurien, qui possède la capacité de courir sur l’eau ainsi que l’anoa, le plus petit bovidé du monde.

Dessin au charbon dans le massif de Matarombeo © Lost Worlds / Un hydrosaurus dans le massif de Matarombeo © Evrard Wendenbaum
Dessin au charbon représentant des hommes sur une pirogue. L’Hydrosaurus, un saurien endémique de Sulawesi, peut courir sur l’eau sur quelques mètres.

Une série documentaire va être réalisée autour des expéditions pour mieux les partager avec le grand public. Des projections et des conférences animées par Evrard Wendenbaum seront également organisées, pour faire découvrir ces mondes perdus.




Article actualisé en mai 2017


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