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Madagascar : encourager l'écotourisme dans la forêt de pierres des Tsingy

Madagascar constitue une des priorités mondiales en termes de conservation de la biodiversité, mais la déforestation intensive qui y sévit entraînera à terme la disparition de la forêt primaire. Pour en préserver les espèces endémiques, des Aires Protégées ont été créées, dont celles de Bemaraha et de l’Ankarana, qui préservent les Tsingy, ces « forêts de pierre ». Certaines parties des Tsingy ont été aménagées pour les rendre accessibles aux visiteurs, permettant ainsi des ressources économiques pour les habitants de ces zones pauvres et reculées. Avec le soutien de la Fondation Petzl, l’association Antsika aide à entretenir leurs aménagements. 

SEPTEMBRE 2014

Forêt de pierre des Tsyngy © Antsika
Tsingy de Bemaraha.

Carte d’identité

  • Partenaire soutenu : Association Antsika
  • Localisation : Madagascar, Afrique.
  • Type de projet : Préservation de l'environnement
  • Soutien : 7 500 € de 2010 à 2013

Les Tsingy du Bemaraha offrent l'un des paysages les plus spectaculaires de la Grande Île. Ici, les lapiaz forment de véritables cathédrales de calcaires sculptés en lames ou en aiguilles acérées : en malgache, tsingy signifie « où l'on ne peut pas marcher pieds nus »… 

Jean-Claude Dobrilla, explorateur – spéléologue, s’y est aventuré. Pour aider les malgaches à entretenir ces parcs, il a créé l’association Antsika ,« ensemble » en malgache. Son but : aider les populations locales à vivre de leurs ressources naturelles tout en les préservant.

Avec le soutien de la Fondation Petzl, l’association Antsika aide à entretenir les aménagements du parc de Bemaraha et de la réserve d’Ankarana, célèbre pour son lac vert niché au fond d’un profond cirque naturel. Ainsi, lors de ses missions, Jean-Claude Dobrilla vérifie, répare, sécurise l’ensemble des circuits, dont les ponts suspendus et passerelles qui surplombent les pointes acérées des Tsingy. Une fois cela fait, il forme les agents des parcs et les mains d’œuvres locales à l’entretien, organise des stages de recyclage et de formation « Circuit sportif » pour les guides… Un travail essentiel, pourtant invisible pour les visiteurs !

Forêt de pierre des Tsingy © Anstika
Formation aux techniques de corde.

Le parc national des Tsingy de Bemaraha

Classé site du patrimoine mondial de l’Unesco en 1990, le Parc National des Tsingy du Bemaraha est le plus vaste site protégé de Madagascar (152 00 ha). Vu du ciel, le spectacle est fascinant, des hautes lames calcaires s’étendent à perte de vue, séparées par des profondes crevasses où la lumière se perd dans une multitude de passages souterrains.

© Anstika

Ce relief  exceptionnel en fait un milieu hostile, encore quasiment inexploré et un laboratoire grandeur nature pour les générations futures.

Les aménagements du parc

Seuls des spécialistes expérimentés pouvaient jusqu’alors accéder dans ces milieux grandioses et inhospitaliers. C‘est un véritable défi pour l’être humain de progresser à l’intérieur des Tsingy, au milieu de ces lames verticales coupantes comme des rasoirs, des falaises vertigineuses, des gouffres profonds et des galeries souterraines labyrinthiques : cela nécessite d’excellentes techniques d’évolution en milieu vertical et en spéléo !

© Anstika

Après plusieurs campagnes d’explorations des zones ont été sélectionnées en fonction de leur intérêt touristique. Des aménagements simples et s’intégrant bien dans le site ont étés conçus pour permettre aux visiteurs de se déplacer dans l’univers magique des Tsingy. Le projet a été financé par L’Union Européenne. L’aménagement du Parc s’est échelonné sur 9 ans. Actuellement 8 circuits de difficultés variées sont ouverts au public.

Le tourisme facteur de développement durable

Dans les parcs de Bemaraha et de l’Ankarana, les Tsingy sont totalement inaccessibles sans ces aménagements. Aujourd’hui, les habitants locaux ont des revenus grâce aux touristes venant visiter ces parcs, comme les guides, chauffeurs de 4x4, tous ceux qui travaillent dans les hôtels et restaurants et leur famille. A Bemaraha, ces retombées concernent au moins 2 000 personnes.

© Anstika

L’arrivée du tourisme a été une ouverture pour ces zones pauvres et reculées. L’entretien de ces aménagements et les ressources économiques que cela entraîne ont donc des répercussions importantes sur le développement local.

Témoignage de Jean Claude Dobrilla, Fondateur d’Anstika et pionnier des techniques de remontée sur corde en spéléologie 

Jean-Claude Dobrilla « J’ai été consultant en écotourisme pour les parcs naturels  de Madagascar de 1996 à 2006. Mon travail consistait à créer et à aménager des circuits touristiques dans des sites rocheux très difficiles d’accès, dont le Parc Naturel des Tsingy de Bemaraha. L’entretien de ces aménagements est lourd pour l’administration des parcs de Madagascar.De cette constatation est née l’idée de créer cette association qui intervient, à la demande des Malgaches, en appui dans les secteurs spécifiques qui leur posent problème » .

En savoir plus sur Madagascar

© Anstika

Selon l’UNESCO, Madagascar dénommé  « le pays de la mégadiversité » constitue une des priorités mondiales en termes de conservation de la biodiversité. La déforestation intensive qui sévit actuellement à Madagascar, entraînera à terme la disparition de la forêt primaire dont 80 %  des espèces végétales sont endémiques. Pour sauvegarder quelques zones représentatives de chaque région, 52 Aires protégées ont été crées, réparties sur tout le territoire. Mais pour les protecteurs de la nature, dans trente ans, en dehors de ces parcs il ne restera plus une seule forêt primaire à Madagascar. Ces derniers espaces seront à leur tour menacés si les riverains ne sont pas sensibilisés à la protection de ces sites par des retombées économiques locales.

Article réactualisé en septembre 2014


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