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Chamonix fête les 150 ans
de l'âge d'or de l'alpinisme

De 1854 à 1865, un alpinisme sportif et moderne a vu le jour dans les Alpes. En 2015, Chamonix a choisi de rendre hommage à cet âge d’or de l’alpinisme et célèbre les 150 ans d’une année exceptionnelle : 1865, au cours de laquelle 55 premières ont été réalisées dans les Alpes. La Fondation Petzl s’est associée à cet évènement.

OCTOBRE 2015

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Carte d’identité

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Avant cette période, la fréquentation de la haute montagne était déjà une réalité. On traverse des cols, on explore les vallées et les contreforts. Dès 1741, les premiers touristes arrivent à Chamonix, montent au Montenvers et sont subjugués par cette « mer de glace ». En 1760, le naturaliste géologue Horace Bénédicte de Saussure découvre la vallée et promet une récompense à qui découvrira la voie du mont Blanc. 26 ans plus tard, le 8 août 1786, deux jeunes chamoniards, le cristallier Jacques Balmat et le Docteur Paccard, foulent les 4 810 mètres du sommet. L'exploit sera suivi par de nombreuses autres ascensions sur le Mont Blanc. La première ascension par une femme, Marie Paradis, aura lieu le 14 juillet 1808.

L'alpinisme au service de la science

Au tournant des XVIII et XIXème siècles, la conquête des sommets et l'exploration alpine sont souvent au service de mesures et d'expériences. La montagne devient un terrain de recherche. Une expédition comme celle du Dr Hamel au Mont Blanc en 1820 est typique de cette époque, avec treize guides et porteurs qui l’accompagnent pour mesurer l'altitude exacte du sommet… Cette ascension se solde tragiquement par le premier accident "d'alpinisme" : trois guides emportés par une avalanche. Cet épisode dramatique conduira, en 1821, à la création de ce qui deviendra la Compagnie des Guides de Chamonix. Les guides s'unissent, mettent en place une caisse de secours et commencent à se professionnaliser.

Les débuts de l'alpinisme

Dans les quatre décennies qui suivent, l'intérêt pour l'altitude et les ascensions ne cesse de grandir. Scientifiques, écrivains, peintres, têtes couronnées de l'époque, font le voyage vers la vallée de Chamonix. L’essor des chemins de fer contribue à ce mouvement. L’engouement est européen. Sur le terrain, les Anglais mènent la danse et vont faire naître cet alpinisme sportif.

1865, l'âge d'or de l'alpinisme : des réussites, de l'engagement et un drame historique...

En 1854, l’Anglais Alfred Wills, accompagné de deux guides chamoniards, réalise l’ascension du Wetterhorn en Suisse juste pour le plaisir. C’est le début de l’âge d’or de l’alpinisme, une période de onze ans où on dénombrera dans toutes les Alpes des dizaines de premières, dont plus de trente sur des « 4 000 m » : mont Rose, mont Blanc du Tacul, aiguille du Midi, Mönch, dent Blanche, Grand Paradis… Les acteurs de l'épopée sont majoritairement britanniques. La plupart sont membres de l'Alpine Club à Londres, le premier club de montagne, créé en 1857. À leurs côtés, des guides vont jouer un rôle essentiel aussi bien à Chamonix, que dans l'Oberland ou à Zermatt. Alpinistes anglais et guides vont constituer des cordées de référence avec une passion commune de l'exploration, un respect mutuel et souvent une véritable amitié. Leslie Stephen, un des meilleurs alpinistes anglais, qualifiera les Alpes de "Terrain de jeux de l'Europe". C'est la naissance de l'alpinisme en style alpin, toujours revendiqué par de nombreux alpinistes contemporains. Cet alpinisme se pratique en cordées autonomes, légères, avec un engagement important. La soif de découverte de nouveaux itinéraires, la recherche de la difficulté pure et déjà de la belle ligne, la dimension sportive définissent le style alpin.

L’année 1865 symbolise cette période. Pas moins de 55 premières sont réalisées dans les Alpes. Dans le massif du Mont-Blanc, la moisson est impressionnante : éperon de la Brenva sur le versant italien du mont Blanc, Grandes Jorasses par le versant italien, aiguille du Chardonnet, aiguille Verte par trois itinéraires... Un anglais retient l’attention : Edward Whymper. Avec le guide chamoniard Michel Croz, ils forment une cordée exceptionnelle. Malheureusement, le 14 juillet 1865, après avoir atteint le sommet du Cervin, un accident se produit à la descente, entraînant la mort de quatre alpinistes, dont Croz. L’alpinisme héroïque connaît un de ses premiers drames.

Edward Whymper et Michel Croz
Edward Whymper et Michel Croz

Pendant ces dix ans, un alpinisme sportif est né, sans aucune justification autre que celle du dépassement. Cent cinquante ans plus tard, son héritage est toujours bien vivant et au cœur de la pratique de nombreuses cordées, aujourd’hui, dans le monde entier.

La Fondation Petzl a apporté son soutien à l’exposition "Les Grands Mulets, premier refuge de haute montagne", à l'espace Tairraz jusqu’à l’été 2016.

Pour en savoir plus sur cette période :
L'âge d’or de l'alpinisme de Gilles MODICA, Editions Guérin, 2015, 350 pages.
Vertical Hors-Série N° 1 du 30 Janvier 2015 :  1865, l'âge d'or de l'alpinisme.

Plus d’infos sur l’événement :
- sur le site de Chamonix
- sur la page Facebook

Article mis en ligne en octobre 2015



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