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Les Assises de l'alpinisme

A l’initiative de l’OPMA (Observatoire des Pratiques de la Montagne et de l’Alpinisme), les premières « Assises de l’Alpinisme et des activités de montagne » se sont déroulées au printemps 2011 à Grenoble et Chamonix. Ces Assises ont été préparées par un collectif issu des différentes institutions du milieu de la montagne, regroupées désormais au sein de la Coordination Montagne.

SEPTEMBRE 2014


Carte d’identité

  • Partenaires soutenus : Observatoire des pratiques de la montagne et de l’alpinisme (OPMA) et la Coordination montagne
  • Localisation : France
  • Type de projet : Améliorer la connaissance
  • Soutien : 37 500 € depuis 2010

Les objectifs des Assises de l’alpinisme

L’objectif des Assises est d’affirmer ce qui caractérise les pratiques de montagne en milieu peu ou pas aménagé, et d’engager le débat avec l’ensemble des pratiquants de la montagne, avec les pouvoirs publics et avec les institutionnels sur la place de ces activités dans la société.

L'aiguille du midi © Pascal Tournaire

Avec l’avènement des sports d’hiver, ces dernières décennies ont vu la fréquentation des territoires de moyenne et haute montagne exploser, notamment sur des sites aménagés (stations et centres d’activités estivaux et/ou hivernaux). Des stratégies d’aménagement lourdes pour les centres touristiques, souvent marginales ailleurs, et orientées dans une perspective de loisirs sportifs ont eu pour conséquence une segmentation croissante d’activités pour la plupart codifiées voire réglementées. Ne nécessitant ni long apprentissage, ni maîtrise du milieu naturel, ces pratiques sportives se sont multipliées et ont bouleversé peu à peu la culture portée par les pratiques de montagne.

Parallèlement, la prise de conscience par nos sociétés de l’importance de leur environnement naturel, tend à restreindre ou à conditionner l’accès aux espaces vierges ou peu aménagés (« pleine montagne »). Les pratiques qui se déroulent dans ces derniers s’en trouvent marginalisées, prises en étau entre des espaces aménagés et réglementés pour en faciliter la fréquentation – et donc « dénaturés » -, et des espaces sanctuarisés parce que considérés comme « naturels ».

Qui plus est, l’intensification des réglementations tend également à brider le développement de ces activités.
Ce contexte sociétal fragilise la « légitimité » des activités de « pleine montagne », dont l’alpinisme est le symbole, et les prive d’une politique de développement qu’elles mériteraient du fait de l’intérêt social des valeurs qu’elles portent : autonomie, responsabilisation, initiative et engagement.
Une des conséquences est que les jeunes générations sont privées, depuis des années, d’un cadre général de promotion des activités en milieu aménagé ou non, et de passerelles cohérentes entre elles. La baisse très forte et généralisée de l’accueil de la jeunesse en région de montagne, que ce soit dans le cadre scolaire, associatif et d’éducation populaire, en est la conséquence directe.

Assises de l'alpinisme © Petzl / Pascal Tournaire

Le premier objectif des Assises est de créer une coordination active des instances concernées par les pratiques de « pleine montagne ». A partir d’un constat partagé, d’une vision d’avenir commune et d’orientations clairement définies, le second objectif sera de formuler des propositions et d’impulser leur mise en œuvre pour redonner force et attrait à ces pratiques. Un manifeste matérialisant cette démarche a été présenté aux pouvoirs publics à Chamonix le 28 Mai 2011.


Une première étape avec les cafés montagnes

assise de alpinisme affiche cafés montagne En préparation des Assises, du printemps à l’automne 2010, des rencontres ont été organisées dans toute la France avec les pratiquants dans toute leur diversité, afin de recueillir leurs points de vue, leurs interrogations.
Parallèlement, des questionnaires ont été mis à disposition des alpinistes dans les refuges durant tout l’été 2010.
La synthèse de ces discussions peut être téléchargée ici.

Picto PDF Téléchargez la synthèse des cafés-montagne

Interview de Niels Martin, coordonnateur des Assises de l’alpinisme 

« Il est difficile de trouver une voix parlant pour la montagne »

Pourquoi programmer des Assises de l'Alpinisme... aujourd'hui ? Est-ce une urgence nouvelle ? Ou bien est-ce l'aboutissement d'un processus plus long ?

Niels Martin : Il y a effectivement deux niveaux imbriqués qui nous ont menés à cette programmation.

  • Au premier niveau, il s'agit bien de questionner et d'interroger le sens de l'alpinisme en tant que pratique inscrite dans une société qui évolue.
    Il nous paraît intéressant de faire ce point, maintenant.
    Il a peut-être existé une époque où l'on pouvait aller en montagne sans se questionner trop sur ce qu'on allait y faire : on faisait de l'alpinisme, point à la ligne.

    Or, ces dernières décennies, la donne a énormément changé. On peut aller sur les mêmes territoires pour y pratiquer de l'alpinisme bien sûr, mais encore de l'escalade, de la via ferrata, de la descente en canyon, de la spéléo, du ski de randonnée, de la course à pied...
    L'énumération suffit à ouvrir le débat : des pratiques nouvelles sont apparues, et avec elles, des interrogations et des problématiques qui troublent le sens même du mot alpinisme. Il y a un essaimage de pratiques. Ce n'est pas tant nouveau ou grave que questionnant, sur le fond, pour les alpinistes.
  • Le second niveau concerne, lui, un certain nombre de menaces ou de limites qui sont désormais repérées dans les activités de montagne. Ces dossiers sensibles peuvent être internes à l'activité et aux pratiquants.
      • Faut-il équiper ou non tel ou tel type de voie ?
      • Faut-il limiter l'accès à tel site ?
      • Faut-il accepter l'utilisation ou l'installation de remontées mécaniques dans tel autre ?
    Mais il existe également des sources de limitation, voire de menaces externes, comme le pouvoir réglementaire d'institutions ou de collectivités, par exemple. Des dossiers apparaissent, du Verdon au mont Blanc. Ils sont certes localisés, mais ils peuvent aussi augurer d'une menace plus générale envers nos pratiques.
    C'est ce double faisceau de questions qui nous a amenés à penser et organiser ces assises aujourd'hui !

Y a-t-il eu une méthodologie quant à la mise en forme de ces questionnements ?

Niels Martin :  La démarche méthodologique s'est inspirée de celle mise en œuvre lors les Assises du Nordique en 2008. Plusieurs acteurs, institutionnels, associatifs, ont travaillé à la préparation de ces Assises. Attention, ce sont bien tous les acteurs, les institutions et les pratiquants qui travaillent ensemble sur cette démarche.
Chacun, je pense, peut se sentir concerné par les débats : les clubs, les fédérations, la presse, mais aussi les pratiquants. On l'a vu lors des Cafés-montagne : le monde de la montagne s'exprime difficilement, ou a du mal à se sentir représenté par les institutions dont il dépend.
L'inverse est également vrai : de l'extérieur, il est difficile de trouver une voix « parlant pour » la montagne et ses pratiquants. Le principe est donc clair : mettre les acteurs concernés autour d'une table. Et essayer de s'entendre sur le sens et les actions à soutenir, pour que l'alpinisme existe encore longtemps !

Quel serait l'objectif idéal de ces Assises de la montagne ?

Niels Martin : Il faudra nécessairement et rapidement dépasser une approche segmentée des pratiques. Économie, écologie, sports et disciplines, aménagement ? Il faudra envisager une perspective où « la montagne » devient le point d'entrée, en tant que milieu spécifique, avec ses contraintes et ses règles, qui nécessitent une certaine adaptation. On entend parfois que la montagne, au sens large, a un problème de gouvernance globale. C'est justement l'une des interpellations ou l'une des pistes qui pourraient naître de ces Assises. Nous verrons. Mais s'il pouvait y avoir des pré conisations de ce type, ainsi qu'une réaffirmation des valeurs de la montagne que j'évoquais, ce serait déjà beaucoup.

Le manifeste des Assises de l'alpinisme

Consultez ou téléchargez le manifeste

Le manifeste des assises de l'alpinime

Naissance de la Coordination montagne

Créée suite aux Assises de l'Alpinisme et des Activités de Montagne de 2011, la Coordination nationale pour le développement des activités de pleine montagne et d'alpinisme entend rassembler les institutions représentant les pratiquants, acteurs et professionnels des activités de montagne se déroulant en milieu pas ou peu aménagé.

La Coordination nationale des activités de montagne et d’alpinisme se dote d’une structure dynamique et active. Portée par l’ensemble de ses membres*, la Coordination s’appuiera sur des commissions composées, selon les axes de travail, de spécialistes issus des différentes instances partenaires.

Les objectifs de la Coordination nationale des activités de montagne et d’alpinisme :

  • Réinvestir le milieu
  • Redynamiser la pratique
  • Défendre le rôle social des pratiques de montagne et d’alpinisme

Depuis sa création, la Coordination Montagne a porté de nombreux projets comme :

Plus d’infos sur le site web de la Coordination montagne.

Notamment la Fédération Française des Club alpins de Montagne, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, le Groupe de Haute Montagne, le Syndicat National des Guides de Montagne, le Syndicat National des Gardiens de Refuges et de gîtes d’étapes, le Syndicat National des Professionnels de l’escalade et du Canyon, le Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne, l’ANCEF et l’Union des Centres sportifs de Plein Air.

Article réactualisé en septembre 2014


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