Le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de l’île de La Réunion, comme les autres PGHM, a pour missions le secours à la population, la recherche de personnes disparues (dans le cadre d’une demande judiciaire ou administrative) et la protection de la nature. Malgré un éloignement de 10000 km de la Métropole, le PGHM de La Réunion reste très proche de Petzl pour le suivi et le partage d’expérience concernant les EPI (équipements de protection individuelle). En dépit de l’aspect exotique de l’Océan Indien, certains secours sur l’île de La Réunion sont parmi les plus engagés. Les secouristes, les mécaniciens et les pilotes le savent bien car ils ont aussi travaillé dans les Alpes.

 

PGHM "intense" : les spécificités de l’île de la Réunion

PGHM Réunion

Du point de vue de la gestion de la sécurité, l’île de La Réunion (224 km de circonférence) est montée comme un chapiteau avec trois cirques, un volcan et une multitude de ravines avec des noms évocateurs comme "ravine à malheur". Et pour compliquer la vie professionnelle des Gendarmes du PGHM, un million d’habitants s’affaire quotidiennement dans ce lieu magnifique. Pour souligner cette richesse, le parc national de La Réunion est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le climat tropical
Une chaleur élevée, un fort taux d’humidité, des pluies et cyclones violents, des conditions météo changeantes et imprévisibles entre la côte au vent et la côte sous le vent, des effets de venturi dans les vallées encaissées constituent une réelle difficulté pour le pilotage des hélicoptères (dits machines dans le vocabulaire militaire).

De grands écarts de température
De 0° à 24° l’hiver, entre le point culminant 3070.50m (Piton des neiges) et le niveau de la mer.

Les canyons de La Réunion : Takamaka, Trou de Fer, Fleur Jaune, Bras rouge, Trou Blanc, Sainte Suzanne.
Un extraordinaire terrain de jeux pour un sport mondial, mais ces canyons sont des cirques où plusieurs ravines se rassemblent dans un même ruisseau (Bras), où des "bouchons" (accumulations de boue, arbres…) peuvent se produire lors d’un orage sur les Hauts et s’ouvrir d’un coup, même si le ciel est bleu en bas.

Les randonnées dans les cirques de Cilaos et de Mafate
Le seul accès dans le cirque de Mafate se fait à pied ou par hélicoptère. Il n’y a pas de routes. Les sentiers aériens sont construits en escalier sur des pentes abruptes et souvent en pleine paroi où le vide est caché par la végétation. La moindre averse sur une terre grasse rend le terrain boueux avec des écoulements torrentiels dans les ravines et offre une ambiance plus sportive.
Il reste sur cette île de nature, des forêts tropicales primaires où les plantes grasses sont immenses, où la végétation dense ne laisse pas passer la lumière, où la visibilité est nulle. De plus, la nuit tombe d’un coup et de bonne heure. Souvent, des épais nuages accrochés à mi pente, oblige le pilote à travailler sans visibilité.

Le volcan : Piton de la Fournaise, 2632m
Dépaysement merveilleux, ce volcan est néanmoins une bombe dormante qui peut se réveiller à tout moment. Les dernières éruptions se sont produites en 2007 et 2010. Lorsque l’alarme est donnée par la préfecture, l’éruption peut se produire en peu de temps. Le PGHM dispose de 30 minutes pour évacuer les personnes se trouvant autour ou à l’intérieur du pas de Bellecombe.

PGHM Réunion  PGHM Réunion

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Une journée avec les gendarmes du PGHM de La Réunion

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Deux équipes, l’une en première et l’autre en deuxième intention prennent chaque jour leur poste pour 24 heures, de 8h le matin jusqu’à 8h le lendemain, sur la Base Aérienne 181 de Gillot à Saint Denis. Tout est en ordre : les deux "Machines" dans leurs hangars, les véhicules 4X4, les sacs, les uniformes, tout le matériel commun et individuel, rangé, nettoyé, contrôlé, validé, étiqueté… discipline militaire oblige. Tout est prêt, les moyens aériens de la Section Aérienne de la Gendarmerie, les moyens techniques du PGHM et les médecins de montagne du SAMU. La majorité des secours se réalise avec les « machines » mais de nuit ou par mauvais temps, les recherches et localisations se font en voiture puis à pied en binômes. Si des enfants sont impliqués, le nombre des secouristes est augmenté. Ce métier passion demande une certaine disponibilité de la part des secouristes qui portent un matériel lourd (tente, perche, corde, perforateur…) et qui s’investissent physiquement. Un secours à pied peut durer entre 18 heures et plusieurs jours sur le terrain.

La communication est un point essentiel de ce métier

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Les jeunes gendarmes stagiaires le savent bien car il s’agit de leur première mission. L’appel téléphonique de la victime (ou "alerte") est considéré comme de la plus haute importance. Ce dialogue avec la victime ou un témoin va permettre de comprendre la situation, de localiser le lieu exact sur le terrain, d’analyser la gravité des blessures, de repérer sur la carte toutes les contraintes géographiques pour le pilote et pour les secouristes une fois au sol.
À partir de ce moment, une conférence à trois se met en place "on analyse la situation  (élément météo, état du vent, bien fondé d’un appui aérien), on entend l’expérience du médecin et l’expérience du pilote". Lorsque les personnes impliquées (PGHM, SAG, SAMU) décident de s’engager, à cet instant précis, ce groupe de personnes forme une seule équipe. "On est un. On est prêt pour l’embarquement."

Un esprit d’équipe
Pour faire du bon boulot dans ce métier, il faut percuter, aller à l’essentiel. "On a confiance avec qui on travaille. Il y a cohésion et en même temps un fort esprit individuel, car chacun a un rôle précis. On est capable de forts engagements pendant longtemps. Il faut canaliser la montée d’adrénaline, être attentif à la routine, suivre les protocoles. Nous alternons les phases de concentration avec des phases de détente, mais en vol, il y a toujours le respect de l’autre : le pilote, les gens de la tour de contrôle"

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Cette qualité d’écoute est possible grâce à des années de formation dans des techniques spécifiques plus une bonne formation en management. "Cela donne une base de savoir pour s’enrichir mutuellement. Nous avons des métiers différents pour un même domaine d’intervention, mais nous sommes tous recrutés sur volontariat." Le pilote est volontaire pour intégrer la SAG comme pilote montagne et se forme en conséquence, idem pour les secouristes du PGHM avec des stages montagne, idem pour les médecins du SAMU avec une formation spécifique montagne. Les secouristes surveillent et s’occupe du médecin dans les missions délicates. Ils organisent pour les médecins, une formation technique. De même les médecins organisent des formations au "bloc" pour les secouristes pour un éventuel soutien technique.

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Pour sauver des vies, il y a obligation de complicité entre l’équipage air dans la machine (pilote et mécano) et les secouristes sol. La priorité est d’emmener ensemble le médecin et le blessé à l’hôpital le plus vite possible. Quelque fois, cela prend du temps de stabiliser la victime médicalement sur place, il faut aller jusqu’au bout. Il faut une bonne connaissance des techniques, de la géographie des massifs et des réactions possibles des uns et des autres.
Sur demande des secouristes sol, le pilote amène la machine sur place, le plus précisément possible. Les complications sont fréquentes : blessé trop près de la paroi, ne pas déstabiliser la victime par exemple une voile de parapente. Pour une situation donnée, les secouristes sol doivent expliquer ce qui se passe à l’équipage air. Les mots clés sont : verticalité canyon, mauvais temps, danger vital, danger imminent, détresse vitale enfant, situation particulière.
Sur place, un brief précis doit être donné avant quoi que ce soit à l’équipage pilote et mécano. Une seule et même version doit être entendue par tout le monde. Toute interprétation est impossible. Souvent pour souligner l’exactitude des propos, l’attitude et l’intonation ont leur importance.

 

Récit d’un secours engagé : Chef David Lohier

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Canyon Bras-Rouge : seize personnes bloquées (commune de Cilaos, altitude 1000m) - 2012

"Arrivé depuis un an, j'ai accompli des missions de secours différentes : secours en mer sur un navire marchand où le treuillage peut-être délicat par forte houle, canyons, suicides, volcan, après cyclones… Ce qui m'a semblé particulier dans ce secours de Bras-Rouge, c'est l’engagement complémentaire entre l'équipage (pilote, mécano) et nous les secouristes, puis ensuite avec les personnes en détresse.

Tôt le matin, comme à chaque prise de permanence secours, je prends les consignes du jour et les éléments de la veille. Puis nous commençons par une instruction sur les nouvelles méthodes de treuillage, suivi par une mise en application en phase de treuillage. Une ambiance détendue règne à bord de l'aéronef, lorsque nous sommes contactés par radio pour une demande de secours en canyon. Les premières informations recueillies jettent un froid dans la machine. Nous nous préparons mentalement au mieux et nous recueillons tous les éléments matériels et informations nécessaires pour cette intervention.

Nous décollons à nouveau avec l'EC145*. Je suis accompagné par Yannick Audurier, mon binôme secouriste. Nous rencontrons sur le site de mauvaises conditions météorologiques, une forte pluie accompagnée d'un plafond nuageux bas. À notre arrivée sur les lieux, nous découvrons la rivière de Bras Rouge en crue, la couleur de l'eau est sombre. À cet instant, nous sommes inquiets pour les seize personnes coincées. L'approche est délicate, nous sommes on ne peut pas plus prudent. La navigation et la précision du pilotage prennent tout leur sens. Le débit de l'eau et la situation des personnes en détresse rendent l'intervention problématique."

Précision du pilote et rigueur du mécano
"Nous localisons le groupe à 150 mètres en dessus de la sortie du canyon, rassemblé contre une paroi rocheuse et isolé sur une fine banquette de cailloux. Nous décidons avec l'équipage de nous faire treuiller à deux directement sur le groupe afin d'évacuer le plus rapidement possible ces personnes. Nous savons avec Yannick qu'il n'y a pas une seconde à perdre. C'est juste avant de descendre que nous convenons avec l'équipage de la conduite d'évacuation. Treuillage deux par deux puis dépose sur la route 200 mètres plus bas (noria*). Rapidité, efficacité, les deux premières personnes déjà bien paniquées sont extraites. Fort heureusement pour nous, aucune personne n'est blessée. Le groupe s’était arrêté en sécurité juste avant la montée brutale du torrent.

Nous prenons des repères pour vérifier le niveau de l'eau. Il ne cesse de monter. Nous demandons au pilote de faire vite. Une certaine tension est ressentie au fond de la rivière, seul les gestes précis et les mots clés explicatifs pour le treuillage sont de rigueur. Le niveau de l'eau ne baisse pas, mais semble ne plus monter. Nous avons déjà évacué huit personnes. Notre crainte se stabilise. En effet, notre marge de manœuvre avait bien diminuée. Nous finissons par le treuillage du guide et de son dernier client. Toutes les personnes sont déposées sur le pont de la route qui mène à CILAOS en moins de vingt minutes. C'est maintenant à notre tour de remonter dans la machine.

Lors de notre passage au-dessus de la zone de dépose, nous avons droit à un geste collectif de la main pour nous remercier et nous dire au-revoir. Le pilote répond par un coup de sirène. De nombreuses personnes curieuses de nature, informées en temps réel par les ondes radio, sont présentes sur cette route pour "profiter" de l'intervention."

Fin de mission
"Le retour vers la base se fait en prudence car la masse nuageuse est basse et reste bien accrochée au relief. Peu de choses sont dites pendant le vol du retour. Chacun reste dans ses pensées. Posés sur la terre ferme, nous commençons à échanger sur nos ressentis. C'est lors de ce type d'intervention que nous mettons toutes nos connaissances techniques et notre engagement pour sauver des personnes d'une situation délicate, qui parfois peut se finir de façon tragique. Nous découvrons en arrivant que l’information sur notre intervention a fait son chemin. Une multitude de journalistes sont reçus par nos supérieurs. Nous préférons nous isoler pour faire baisser la tension psychologique. Nous avons le soir même les honneurs de la presse télévisée ainsi que les félicitations de notre hiérarchie. Le guide et les membres du groupe nous contactent le lendemain pour nous remercier et nous raconter leur peur, lors du treuillage."

*Norias : mini-rotation de dépose de personnes ou de matériel sur une base sécurisée à proximité de la zone d’intervention (route, clairière…). L’EC145 peut embarquer en condition normale, 6 ou 7 personnes. Il faut s’adapter en fonction du lieu, du nombre de personnes, du poids, de la puissance en fonction de l’altitude, de l’autonomie et de la situation de gravité. Il faut souvent effectuer des "norias".

 

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Partenariat entre Petzl et le PGHM

"Petzl participe au développement de produits de verticalité et d’éclairage, ainsi qu’à des sessions d’entrainement et de formation, sans oublier l’information sur la vérification périodique et approfondie des EPI (équipements de protection individuelle).
Petzl a toujours travaillé dans une dynamique volontaire de création de produits dédiés aux secours. Tout le personnel des unités spécialisées des PGHM est globalement demandeur d’une gamme complète de produits adaptables à des situations diverses, des produits fiables, robustes, durables. Ils sont demandeurs de formations produits spécifiques et s’impliquent dans l’élaboration des produits par leurs retours d’expérience. Petzl est fière de travailler en partenariat avec les PGHM. Ce partenariat veut dépasser la simple relation fabriquant – utilisateur, pour devenir une véritable relation porteuse de créativité dans cette grande aventure humaine."

Bruno Lambert, Responsable marché professionnel France

 

Les produits Petzl pour le secours technique



En savoir plus sur le PGHM

Les missions du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne sont régies par un Plan Départemental de Secours élaboré par le Préfet. Le PGHM est le Conseiller Technique Montagne (CTM) auprès du Préfet de la Réunion. Il est à ce titre l’acteur exclusif sur l’ile dans ses missions de secours à la population, de recherche de personnes disparues, dans le cadre d’une demande judiciaire ou administrative et de protection de la nature.

  • Ce plan préfectoral organise les responsabilités de la SAG (Section Aérienne de la Gendarmerie) commandée par le Lieutenant-Colonel Pascal Bernardini, du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) commandé par le Lieutenant Guy Le Neve et du SAMU (médecins urgentistes de montagne).
  • Les compétences du PGHM s’étendent à toute l’ile de La Réunion y compris les bords de mer. Des missions sont possibles dans le Sud de l’Océan Indien par exemple les iles Kerguelen.
  • Les missions d’assistance aux personnes en danger ou perdues lors d’activités sportives sont liées aux risques du milieu montagnard tropical : éboulements, crues, incendies de forêt, volcan, cyclones et après cyclones, forte houle sur le littoral. Ces interventions se situent dans les zones enclavées où le terrain d’accès difficile nécessite des compétences techniques.
  • Les activités concernées sont plus particulièrement la randonnée, le canyoning mais il y a aussi des évacuations sanitaires comme par exemple certains accouchements.Le PGHM de La Réunion dispose de deux machines depuis 2011 : un EC145 et un Ecureuil BA.
  • 500 secours en moyenne sont réalisés pendant l’année.Un partenariat actif avec l’ONF (Office National des Forêts), les Parcs Naturels, la Direction de Jeunesse et sports, l’observatoire du volcan et EDF (Electricité de France).
  • Le PGHM de La Réunion est composé de 15 hommes dont 4 jeunes stagiaires gendarmes. Les titulaires sont en possession du Brevet d’Etat Canyon et pour certains du diplôme de Guide de Haute Montagne. Ils ont les compétences propre à la police judiciaire (OPJ), ils sont tous secouristes et ont tous reçu la formation montagne au sein de la Gendarmerie et validé le titre de Chef de Caravane.
  • Site du PGHM
 
 
 

 

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