Patrice Glairon-Rappaz

Patrice Glairon-Rappaz profile - © Paulo Robach
Patrice Glairon-Rappaz profile - © Paulo Robach

France

FRA
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Photo portrait: 
Patrice Glairon-Rappaz - © Paulo Robach
Date de naissance: 
24 juillet 1971
Lieu de résidence: 
Arêches Beaufort
Formation: 
Guide de haute montagne, brevet d’état escalade et brevet d’état ski
Statut actuel: 
Secouriste en montagne CRS
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2009

«J’ai réalisé en Himalaya mon rêve d’ascension en style alpin dans la face Sud du Nuptse avec Stéphane Benoist. Seule une montagne pourrait encore me décider à prendre de tels risques, le K2... J’ai un vieux projet hivernal qui me tient à cœur dans les Alpes, mais mes ambitions se tournent aujourd’hui plutôt sur les parois rocheuses et la falaise. Ce contraste s’explique par un goût pour l’extrême et la gestion de la survie, associé à un goût pour la liberté du geste sur les falaises de France et d’Espagne.»

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Des paysages rares
« Mes lieux préférés sont le Népal avec un lien affectif particulier avec les Népalais, Taghia au Maroc pour la beauté incroyable des paysages et des parois. Et bien sûr mes falaises du Sud de la France, Céüse et St Léger du Ventoux, sans oublier Rodellar en Espagne. C’est simple, je serai toujours motivé au pied d’une de ces falaises, toujours! Mais Arêches-Beaufort restera toujours en première place au plus profond de mon cœur.»
 
Grandes parois et aventure humaine
«Pour oser aller dans la face Sud du Nuptse et en réussir l’ascension, il faut une sacrée motivation avec un vrai sentiment d’acceptation de ce qui peut se passer. Il faut être prêt techniquement, physiquement et psychologiquement. Cette conscience a été mûrie pendant des années. Elle a été partagée avec l’autre de la cordée. L’autre est un ami. Ce n’est pas quelqu’un qui serait juste disponible ce jour-là. Être encordé, c’est d’abord donner à l’autre. Ce n’est pas à calculer, on est en avant. Les gens qui ne l’ont pas vécu, ne savent pas. Cette relation de la cordée est émouvante car extrêmement dépouillée. On passe des journées complètes sans se parler. Pourtant il y a symbiose. Quelle est cette dimension de l’ami ? C’est celle de l’aventure humaine, ce genre d’aventure qui construit une vie. Ce n’est pas que de la performance. Toutes ces années forment un tout. Toute l’expérience des étapes collées bout à bout, toute la fidélité, tous ces états d’esprit que l’on se transmet, tout ceci représente la légitimité de ce travail d’entraînement et d’approche des limites. C’est seulement après que l’on peut en mesurer les conséquences. Cette réflexion se situe dans une zone sensible. Dans des parois extrêmes, des cases du cerveau se mettent à fonctionner, on ne sait même pas pourquoi.»
 
La falaise pour trouver le geste précis
«Pour parcourir les grandes parois en hivernale, il faut bien entendu se préparer et surtout savoir ne pas se laisser intimider. Il est nécessaire de s’adapter petit à petit, malgré les aléas. Il faut sans arrêt, prendre sur soi et être au top. Or, nous ne pouvons pas être au top tout le temps, ni pendant toute notre vie. Pour apprendre à ne rien laisser au hasard et à improviser dans les situations d’extrême urgence, la falaise est un bon moyen d’entraînement. Il n’y a pas à proprement parler, d’engagement sur une falaise d’une longueur. Il y a seulement du plaisir. On peut abandonner puis reprendre l’objectif une autre fois. L’investissement en falaise est moindre, mais permet de fixer, stabiliser l’expérience. Ma devise : un essai de plus n’est jamais un essai de trop...»
 
Un métier: secouriste en montagne
«Imaginez cette scène... Nous sommes en astreinte depuis quelques jours au bureau, au chaud, hors saison et en pleine période de mauvais temps. Un appel téléphonique et quelques minutes plus tard, si la météo le permet, l’hélico décolle. Il faut vite analyser cette situation d’urgence. Au milieu de risques multiples, on n’a pas le droit à l’erreur. On a des vies à sauver. Quelques fois, c’est compliqué, il y a plusieurs solutions. Il faut analyser, décider, savoir improviser, choisir la bonne solution, ou la meilleure quand il y a en a plusieurs, c’est-à-dire pas la nôtre de solution, mais vraiment la bonne. Et cela dans le doute, sans être tout à fait certain du résultat. Il y a de l’engagement, il faut y aller, ce n’est pas toujours facile, nous aussi, nous avons une famille...»
 
L’anecdote de Patrice
«Un matin de septembre par un beau soleil, nous nous retrouvons en terrasse avec Stéphane Benoist, au petit déjeuner, au refuge Fallier au pied de la face Sud de la Marmolada. Encore tout retournés par notre ascension la veille de « À travers le poisson », nous discutons avec un touriste qui est là en ballade avec sa femme et sa fille. Il nous dit qu’il nous a vu dans la voie et nous demande comment c’était. On se dit qu’il a l’air de connaître le coin et les voies, mais bon... «Incroyable, engagé, mythique, sensationnel» lui répondons-nous, subjugués par l’aventure que nous avons vécus... Au bout d’une bonne demi-heure de discussion passionnée, sa femme visiblement « saoulée », nous dit en nous montrant du doigt son mari, «It’s Igor KOLLER, It’s his route!» Ce jour là, Igor Koller n’avait pas sa barbe, nous ne l’avions pas reconnu.»

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Une vidéo TeamLesCollets production
 
 

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Jean Troillet

Jean Troillet profile - © Jean Yves Fredriksen
Jean Troillet profile - © Jean Yves Fredriksen

Suisse

CHE
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Photo portrait: 
Jean Troillet profile - © Jean Yves Fredriksen
Date de naissance: 
10 mars 1948
Lieu de résidence: 
Valais (Suisse)
Formation: 
Guide de haute montagne, moniteur de ski, guide de canyoning
Statut actuel: 
Himalayiste, guide de ski héliporté, conférencier
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

«Guide de haute montagne depuis 1969, mon activité essentielle est devenue, dans les années 1980, l'organisation d'expéditions en Himalaya. Mon domaine d’excellence est la haute altitude. Je me suis découvert cette passion simplement suite à l'invitation d’un ami pour le pilier Ouest du Makalu en 1982. Dans la vie, cette activité m'apporte surtout de grandes amitiés. Ce que j’aime, c'est le plaisir d'être avec des amis et l’élégance des voies choisies. Ce que je n’aime pas, ce sont les frontières politiques. J'aime me rappeler de sacrés bons souvenirs en relisant dans la presse, des sujets comme : "La cordée Lorétan-Troillet réalisait les ascensions sur les 8000 himalayens en grimpant, jour et nuit, avec le minimum de matériels, enfin presque rien". Aujourd'hui, ce qui me fait encore partir en expédition à 63 ans, vers les 8000, après une carrière assez unique, c’est l’aventure avec des copains qui ont ce bel état d’esprit du respect des gens et de la nature.»

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«La connivence avec mes compagnons de cordée est plus importante que le sommet. Dans le passé, j’ai eu la chance de vivre des cordées extraordinaires, mais je le vis encore aujourd’hui avec des amis comme Martial Dumas, Jean-Yves Fredriksen ou Sébastien Devrient, notre cameraman. Ces jeunes, forts sympathiques, m’apportent la technicité. C’est à eux de puiser dans mon expérience de la haute altitude. Ce n’est pas à moi à imposer quoi que ce soit.»
 
 
Explorateur
«Être explorateur, c'est avoir un certain état d'esprit. Est-ce inné? Peut-être. Il faut aimer se découvrir soi-même en cherchant à découvrir quelque chose. Parmi les paysages que je préfère, les nominés sont l’Himalaya, le Pôle Sud, le Grand Nord canadien. La gagnante est la nature sauvage avec sa beauté et surtout les gens qui y habitent et qui sont devenus mes amis. Ce que j'aime le plus faire, est marcher dans la nature. La marche à pied est la base de ma pratique. Je puise mon inspiration dans le plaisir de l’aventure et de la découverte. Les qualités nécessaires pour oser se confronter aux 8000 mètres, entraînent forcément d’avoir du caractère et une grande capacité d’acceptation de la souffrance. Les traits de caractère liés à ma personnalité, et induits par ma pratique, sont la patience et l'acceptation du renoncement envers une nature trop forte. En altitude, j’ai vécu des minutes de souffrance vraiment trop pénibles. Dans ce cas, il faut savoir renoncer et revenir par exemple une autre année. J’ai aussi appris pendant ces moments-là, que la colère contre soi, fait oublier la souffrance.»
 
 
La victoire, c’est la vie
«Telle est ma devise. On s'aperçoit qu'on se sent vivre en touchant les limites de la vie. Par exemple, au camp de base, on a juste l’essentiel, mais on a tout, c'est-à-dire l’essence même du bonheur. On retrouve les plaisirs simples du quotidien.»
 
 
«Une chose est certaine, quand on part avec des amis, on revient avec ces amis.»

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François Damilano

Francois Damilano profile - photo © Bertrand Delapierre
Francois Damilano profile - photo © Bertrand Delapierre

France

FRA
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Photo portrait: 
Francois Damilano - photo © Bertrand Delapierre
Date de naissance: 
30 décembre 1959
Lieu de résidence: 
Chamonix (France)
Formation: 
Diplôme d’état en éducation spécialisée, guide de haute montagne
Statut actuel: 
Guide de haute montagne, écrivain, cinéaste
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1985

Une exigence et une ambition : construire à long terme
«J’ai eu la chance de vivre l’âge d’or de la cascade de glace et de continuer d’aimer grimper au fin fond d’une vallée en plein hiver. L’univers de la cascade de glace a marqué d’un sceau indélébile ma vie d’alpiniste. Au tournant des années quatre-vingt, j’y ai trouvé une synthèse entre l’escalade sportive d’une part et l’alpinisme d’autre part, deux pratiques qui tendaient alors à se différencier en des mondes séparés. En cascade, je retrouvais la gestuelle et le plaisir du grimpeur de falaise allié à la maîtrise du terrain aléatoire chère à l’alpiniste. En cascade, j’ai aussi scellé mes grandes amitiés de cordée… L’image m’a fortement influencé et j’aime essayer de ramener l’esthétique d’une montagne qui m’a frappé, ou la fuite d’une ligne qui m’a impressionné. C’est alors d’autres histoires de compagnonnage. Celles avec les photographes et cinéastes. Leurs exigences m’ont entraîné à rechercher la lumière, sélectionner la matière, dépasser l’impatience de grimper. Une manière de ne pas s’enfermer dans la surenchère de la performance. Dans la photo ou le film, il s’agit du choix d’un cadre pour susciter l’émotion, d’un angle pour raconter une histoire, pour montrer au plus grand nombre, ou simplement pour garder en mémoire quelques moments de nos vies de grimpeur. Enfin, plus tard, maintenant, oser faire mon cinéma en passant derrière la caméra et témoigner différemment. Assumer mon regard, affiner le discours, s’employer à faire parler l’autre en alliant l’expérience de l’altitude avec ma passion de l’image. Plus que des histoires de grimpe, j’aime les histoires de grimpeurs.»

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Voir plus loin...
«Je grimpe finalement depuis un bon moment maintenant… et, comme pour une ascension, mon parcours est marqué de quelques passages clés. Ressortent ainsi des émotions de découverte, des satisfactions de performance, des complicités d’amitiés, des larmes de drames et des renouveaux de motivation. Les années forcent à assumer un virage : celui de la perte de l’insouciance. C’est peut-être pour cela que je m’efforce aujourd’hui de ne pas m’enfermer dans ma propre caricature. Certes, la pratique de la cascade de glace est « la grande affaire » de ma vie d’alpiniste, mais elle m’a permis d’aller voir ailleurs, de regarder différemment et d’apprendre d’autres métiers que le mien!

Sans être écrivain ni cinéaste… j’ai finalement passé beaucoup de temps à faire des livres et des films. Aujourd’hui, concentrer ma pratique de guide sur l’accompagnement, en très haute altitude, me force à explorer d’autres réflexions et à prendre un nécessaire recul sur la pratique sportive, sur ma pratique sportive. Aujourd’hui, animer une maison d’édition (JMéditions), c’est utiliser ma plume pour faire éclore les projets d’écriture des autres. La complicité éditeur auteur est aussi une affaire de cordée. Aujourd’hui, changer ponctuellement d’outil en troquant le piolet pour la caméra, c’est sortir de la position du grimpeur « qui se met en scène » pour faire parler l’autre et susciter le témoignage. Chercher l’angle d’un reportage, c’est aiguiser l’analyse critique et ne pas se faire endormir par les usages. Aujourd’hui, je continue de vivre mes rêves d’adolescence nourris des récits de Rebuffat, Terray ou Desmaison. Leurs livres et leurs films m’ont poussé à quitter ma plaine natale. J’ai toujours été sensible à ceux qui trouvent la capacité de jongler entre la passion (de grimpeur), le métier (de guide) et le goût de transmission.»

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Francois Damilano - photo Bertrand Delapierre
 
 
 
 
Francois Damilano - photo Bertrand Delapierre

Audrey Gariepy

Audrey Gariepy profile - © Cory Richards
Audrey Gariepy profile - © Dan Elridge

Canada

CAN
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Photo portrait: 
Audrey Gariepy - © Cory Richards
Date de naissance: 
3 septembre 1979
Lieu de résidence: 
St-Jean-Chrysostome (Québec)
Formation: 
Professeur de sport
Statut actuel: 
Contremaître pour «Celtic Reforestation»
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2008

Un «style de vie» choisi
«J’ai terminé mes études à l’université en 2002 et je suis devenue professeur de sport. J’ai commencé à grimper pendant mes dernières années d’étude. À la fin, j’étais déjà complètement accro au style de vie lié à la grimpe et j’ai décidé de m’acheter une fourgonnette pour partir à l’aventure, au lieu de chercher un poste d’enseignante. Pour gagner ma vie et payer mes voyages pendant mon temps libre, j’ai commencé à travailler en forêt en plantant des arbres durant l’été. Cela fait maintenant huit ans que j’ai adopté ce style de vie. Le temps passe, je suis maintenant contremaître. Je travaille avec une équipe de seize planteurs, chaque été pendant trois ou quatre mois. J’ai beaucoup de temps libre pour faire ce que j’aime le plus.»

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«Au fur et à mesure des années, grimper est devenu plus qu’une activité pour moi.  Tout ce que je fais me semble avoir un lien avec l’escalade: le travail saisonnier que j’ai choisi, au départ pour avoir plus de temps pour grimper; les voyages que j’ai entrepris. Maintenant, il m’est impossible d’imaginer ma vie sans escalade. Dans la vie, je pense qu’il est important de vivre chaque instant au jour le jour. Il est évident que la plupart d’entre nous vieillira et qu’il faut penser à ça aussi, mais cela ne devrait pas tout guider dans notre vie. L’escalade me permet d’apprécier chaque petit instant. Elle m’aide à me centrer sur ce que je fais. Pendant l’automne, je grimpe autant que possible pour retrouver la forme. Puis quand l’hiver arrive, je retourne souvent dans les Rocheuses canadiennes pour profiter de la longue saison d’escalade sur glace, au cœur de ces magnifiques montagnes, un paradis pour la glace.»
 
Une autre chose essentielle dans ma vie
«ÊTRE est plus important que POSSÉDER.
Je me sens heureuse sans trop de biens matériels.
Bien sûr, le matériel d’escalade ne compte pas... ;-) »
 
Le sentiment d’être vivante
«J’ai toujours ressenti le besoin de beaucoup jouer à l’extérieur. Lorsque j’étais enfant, mes parents avaient du mal à me faire rester à la maison, même l’hiver lorsqu’il faisait froid. Quand j’ai commencé l’escalade sur rocher, en 1999, j’ai immédiatement aimé le feeling que me procurait cette nouvelle activité. Être dehors, se concentrer sur chaque mouvement, être consciente de tout ce qui m’entourait. Il me semble que tout ce que j’ai entrepris avant dans ma vie, a concouru à faire de moi une grimpeuse. Lorsque j’étais à l’université, pendant l’hiver, j’étais obligée de grimper en salle. J’ai aimé un moment, mais après une année, j’avais besoin de sortir régulièrement. C’est pourquoi j’ai commencé la glace, combinant ainsi mon besoin d’escalade et de nature pendant le long hiver canadien. Je suis devenue accro très vite. Tout ce nouveau terrain à explorer et ces techniques à apprendre… J’aime me lever tôt le matin, conduire alors qu’il fait encore nuit, à moitié endormie, tout en écoutant de la musique, faire la marche d’approche à la frontale en regardant le soleil se lever lentement, le temps d’arriver en bas de la voie. Rien dans la vie ne me donne plus le sentiment d’être vivante que l’escalade sur glace. Je suis vraiment concentrée du premier au dernier mouvement, consciente des sons que produisent mes piolets et mes crampons, consciente de tout ce qui m’entoure. Je n’ai pas le temps de penser à ce que je vais faire à manger le soir venu. De toute façon je ne serai pas rentrée à temps. C’est une sensation à la fois paisible et intense. Bien sûr, quand je me gèle le derrière à un relais, suspendue en plein courant d’air, ou lorsque le sang décide tout d’un coup de revenir dans mes doigts après une grande vague de froid, je me demande parfois ce que j’aime tant dans cette activité. Heureusement, j’oublie vite tout ça lorsque je regarde autour de moi. Je me sens si petite au milieu de ces montagnes géantes pleines de neige. J’ai tellement de chance d’être là, à faire ce que je fais.»
 
Planter des arbres
«Lorsque je ne grimpe pas, j’adore le snowkite, le travail du bois, la lecture, les films... et manger des glaces. Cependant, ma saison de travail représente une grande partie de ma vie. D’avril à juillet, je suis responsable d’une équipe de planteurs costauds et, ensemble, nous plantons environ 30.000 arbres par jour. Les journées durent près de 15 heures, alors je n’ai pas du tout le temps de grimper. Mais mon travail représente une autre de mes passions et j’aime cette petite pause par rapport à l’escalade.»
 
Mes endroits préférés
«J’aime voyager dans les territoires du Nord canadien. Les gens sont très fiers de l’endroit où ils vivent. Il semble que le temps passe moins vite et que tout le monde parle de son pays avec des étoiles dans les yeux. Un autre de mes endroits préférés est le Népal. Les gens de la vallée de Khumbu m’impressionnent énormément. Ils portent et construisent tout avec leurs mains. Ils quittent Lukla, pendant plusieurs jours, juste pour ramener des fruits à leurs villages. J’ai été impressionnée par leur force mentale et physique, tout comme par les montagnes géantes et sans fin qui les entourent. Je pourrais aussi évoquer l’Islande car ce pays est tout aussi incroyable. Lorsque nous y sommes allées, Inès Papert et moi, nous avons eu beaucoup de chance avec la météo et avons pu grimper autant que nous le voulions. Nous avons même réalisé 1000 m de glace verticale en un jour. Mais s’il fallait vraiment que je choisisse un seul endroit, je dirais la Norvège. Je repense avec le sourire, à mon séjour là-bas en février 2008 avec Guy Lacelle, Mathieu Audibert, Chris Alstrin et Alex Lavigne. Le timing était parfait, il y avait beaucoup de glace pour grimper. Conduire le long des fjords, sous les tunnels, en haut des montagnes puis redescendre… C’était magique d’être là-bas avec l’expérience de Guy, qui nous guidait aux bons endroits et nous transmettait son énergie positive et contagieuse. La glace était incroyable, je pense qu’on a fait des premières (enfin, c’est ce qu’on croit). Mais ce qui a fait que ce voyage était encore mieux que les autres, ce sont les personnes avec qui je voyageais. Être avec les bonnes personnes est maintenant plus important pour moi que la destination.»

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Je me souviens
«En 2003, lorsque j’ai commencé mon travail, qui consiste à planter des arbres, Guy Lacelle était mon contremaître. C’est comme ça que j’ai connu Guy. Travailler dans son équipe était un honneur. Il travaillait aussi dur que possible, chaque jour, donnant le meilleur de lui-même. Sans pour autant nous demander de faire de même, il donnait le bon exemple, ce qui encourageait tous les membres de l’équipe à se donner à 100 %. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, il était toujours heureux de travailler. Il avait le sentiment de faire quelque chose de bien pour la planète, en étant responsable d’une équipe qui chaque jour plantait des arbres de qualité. On sentait qu’il en était fier. L’hiver suivant, j’ai eu la chance de rencontrer Guy dans des circonstances complètement différentes, dans le domaine qu’il préférait par-dessus tout, l’escalade sur glace. Toutes les qualités qu’il démontrait en plantant étaient présentes, mais dans un environnement plus cool. J’étais encore débutante en escalade sur glace et Guy m’a guidé de manière à ce que je progresse très vite. Il ne me disait jamais directement ce que je devais faire, mais me racontait toujours une bonne anecdote qui me faisait réfléchir et agir. Guy a été mon mentor et une incroyable source d’inspiration. Il pouvait toujours obtenir le meilleur de tout le monde.»
Guy Lacelle est décédé en 2009 dans une avalanche à Bozeman
 
 

Alexander Huber

Alex Huber profile - photo © Sam Bié
Alex Huber profile - photo © Sam Bié

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Alex Huber - photo © Sam Bié
Date de naissance: 
30 décembre 1968
Lieu de résidence: 
Berchtesgaden (Bavière, Allemagne)
Formation: 
Sciences physiques
Statut actuel: 
Guide de haute-montagne, alpiniste professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1993

La fibre de l’alpinisme extrême
«Dès l’enfance, nos parents nous ont initié, mon frère et moi, au monde de la montagne et de l’alpinisme. Mon père, reconnu pour ses ascensions rapides de la face Nord des Droites dès les années 60, nous a transmis la fibre de l’alpinisme extrême. Ma famille et mes amis sont à la base de ma vie. Ce qui est important, c’est la cohérence quel que soit le contexte de la vie. Je ne peux avancer dans de nouvelles directions que si une base solide me sert de rampe de lancement. C’est pour ça que je travaille avec presque tous mes sponsors depuis plus de 15 ans. En 1997, j’ai passé mon master de physique à l’Université de Munich. C’est cette formation qui a servi de base à ma vie de grimpeur.»

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Xavier De Le Rue

Xavier De Le Rue profile - photo © Xavier De Le Rue
Xavier De Le Rue profile - photo © Xavier De Le Rue

France

FRA
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Photo portrait: 
Xavier De Le Rue - photo © Xavier De Le Rue
Date de naissance: 
1 juillet 1979
Lieu de résidence: 
Saint-Lary, Pyrénées (France)
Formation: 
DUT technico-commercial
Statut actuel: 
sportif professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2008

J’ai la chance de pouvoir vivre l’évolution de mon sport.
«Pendant longtemps, j’ai été plus reconnu pour ma pratique et mes titres en snowboard cross, mais depuis quelques années, j’ai la chance de pouvoir me consacrer à ma passion de toujours, le free ride en snowboard. Je passe mon temps à voyager pour différents films. Je passe aussi beaucoup de temps sur les circuits de compétition comme le Freeride World Tour. Depuis tout petit, j’ai toujours aimé aller gratter la poudre au bord des pistes. L’évolution a ensuite été naturelle puisque guidée par la passion. C’est mon moyen à moi de me mettre au taquet, de profiter de la montagne, de voyager, de m’ouvrir l’esprit. C’est aussi mon métier. J’ai plutôt la belle vie. Je suis chanceux et je devrais d’ailleurs me le rappeler plus souvent. J’adore la poudre, mais je n’aime pas les avalanches. C’est basique comme postulat, mais ça décrit bien ma problématique. Le plus difficile pour moi est de savoir juger la neige et les conditions. Ce n’est jamais du 100 %. Il faut donc savoir en garder sous les pieds et ce malgré les grosses euphories que l’on arrive à se mettre. La neige par définition est une matière instable, imprévisible, inattendue. Quelques fois, ça part, on ne sait pas pourquoi. Quelques fois, ça ne part pas, on ne sait pas pourquoi non plus. Les gens de Petzl me considèrent comme un grand spécialiste, un expert des avalanches, mais la neige ne sera jamais une science exacte. Je pars toujours du principe, non pas que l’avalanche peut se déclencher, mais bien que l’avalanche va se déclencher. Le peu que j’ai appris sur ce sujet, est le résultat de nombreuses années d’observation, de discussions avec les gens des services des pistes, ceux qui posent des explosifs tous les jours, ou en parlant des heures et des heures avec des guides de haute montagne ultra-expérimentés.»

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Polyvalence
«Hors profession, hors travail, hors séances vidéos ou hors relations publiques, j’aime pratiquer gratuitement d’autres activités comme l’escalade ou l’alpinisme. J’aime toucher le rocher, être en montagne. C’est un moment uniquement pour moi, juste pour le plaisir, même si ça m’apporte énormément ensuite pour le snowboard. J’adore le surf des mers, c’est une pratique saine, la plus pure sensation de glisse sous les pieds. Quant au vélo de descente par exemple, il n’y a pas, à mon sens, activité plus débile et dangereuse, mais qu’est ce que ça fait du bien d’être débile. C’est un bon sujet pour parler de ma prise de conscience. Tout dépend de comment on pratique... Justement, je n’appuie jamais sur les freins, je n’ai pas envie de freiner, pas envie de faire les choses à moitié. Donc cela m’impose une sévère gestion de l’activité. Pour une prise de risque aussi grande, il vaut mieux être au top de l’anticipation, d’une grande forme physique et d’une grande lucidité quant au choix de l’itinéraire et savoir réellement ce que veut dire: improviser en situation d’urgence.»
 
 
Alaska
«J’ai apprécié pour la première fois cette année les qualités de l’Alaska. Cela fait plusieurs années que je voyage en Alaska. Je ne me retrouve pas dans les bases d’hélico avec leur stress, ni dans la «overcoolitude» des gens. Mais cette année, j’ai campé pendant deux semaines à 80 km des premières bases humaines, loin de tout et j’ai enfin découvert l’intérêt de la neige en Alaska, c’est-à-dire l’intérêt du «spin» et là-bas, c’est le pays du «spin». Je vous laisse imaginer la suite, on s’est gavé... Pour ceux qui ne me suivent pas forcément, l’Alaska est connue pour toutes ces zones côtières de free ride, qui offrent des quantités astronomiques de neige et pas n’importe quelle neige. C‘est une poudreuse très chargée en humidité, qui vient coller aux pentes même les plus raides. Ça a tendance à former ces fameux «spins» qui sont des sortes de stries verticales entre lesquelles, la neige coule constamment et qui, mise à part le côté ludique du free ride, offrent un signe évident de stabilité, chose assez pratique et confortable, après des tempêtes de neige avec trois mètres d’accumulation et du vent. En gros, tout cela permet de «rider» des conditions qui ne seraient même pas envisageables chez nous. Le fait d’avoir passé du temps là-haut, loin de tout le cirque (les compagnies d’hélico, les free riders qui parlent de leurs sessions, les gens qui viennent tenter l’expérience Alaska avant de retourner à New York) m’a fait beaucoup de bien et m’a finalement fait aimer l’endroit. C’est clair qu’à pied, après plusieurs nuits dans la tente, des levers à deux heures du matin pour arriver en haut des pentes, il est difficile d’avoir le même rendu qu’en hélico (en termes d’action, surtout qu’on est loin de tout, livrés à nous-mêmes niveau secours), quand on peut monter en puissance au cours de la journée et «rider» des pentes de plus en plus engagées au fur et à mesure...»
 
 
Une nouvelle dimension
«Mais il y a quand même cette dimension de stress en moins qui est bien appréciable. Après une grosse session de voyages, de décalages horaires, ça m’a fait du bien de pouvoir me retrouver un peu seul dans ma tente, de dormir, réfléchir, sans ordinateur, sans téléphone... Jusqu’à présent je n’étais pas fan de l’Alaska, mais maintenant les choses sont différentes, c’est comme si une nouvelle dimension venait de s’ouvrir: arrêter l’hélico et aller se perdre loin de l’industrie touristique. J’aime profiter de la vie. Tous ces sports sont un bon moyen d’en profiter. La montagne aussi apporte de la simplicité, qui permet de prendre de la distance sur certaines superficialités de la vie, de la simplicité qui permet de retrouver des bases de vie essentielles avec un bon recul. Après, à chacun son truc... En tout cas, c’est un bon réancrage sur terre pour des gens hypermédiatisés, tout le temps en déplacement sur les circuits.»
 
 
Une certaine façon de skier ou de surfer
«Quand je suis devant une face, ou au sommet, l’inspiration vient toute seule. Il y a toujours une ligne qui sort du lot, qui m’attire et que je ressens. Ca vient des tripes. Il suffit d’avoir un bon passé technique, de garder la tête froide et d’en avoir envie. Il faut un caractère un peu trempé «rock’n roll», une dose de sagesse, l’amour du risque et de la montagne.»
 
 
L’expérience reste au service de l’imaginaire
«L’expérience est ma valeur ajoutée à tout ce que je réalise, enfin j’espère. Lorsque j’ai décidé une descente et que je suis parti, je ne m’arrête pas, je vais jusqu’en bas. Le principal est, je pense, de savoir se projeter, de savoir se représenter soi-même dans l’action, dans l’activité. Le reste suit: une analyse la plus juste possible, un mental fort dans la tête, du jugement, du contrôle et un équilibre entre émotionnel et maîtrise cartésienne. Tout cela n’est possible que s’il y a en amont un énorme travail basé sur le long terme, un travail affirmé petit à petit, d’année en année. Enfin, pour qu’une journée soit vraiment parfaite, un sourire peut être quelque fois suffisant. Il faut y croire...»
 
 
 
L’anecdote de Xavier

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Robert Jasper

Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Robert Jasper profile - photo © Klaus Fengler

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Date de naissance: 
15 avril 1968
Lieu de résidence: 
Bade-Wurtemberg (Allemagne)
Statut actuel: 
Guide de haute montagne, professeur de sport, formateur de guides
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

Mon métier, explorer la nature
«La passion connecte les gens entre eux, mais aussi les gens avec la nature. Plus les gens sont connectés avec la nature, plus ils sont connectés avec eux-mêmes et plus ils se retrouvent eux-mêmes. Je suis un alpiniste spécialisé en cascade de glace, mais j’aime toutes les disciplines liées à la montagne. Mon objectif est de développer un style moderne d’escalade, comme par exemple la première ascension en libre du Japonese-Diretissima (1800 m / 8a) sur la face Nord de l’Eiger. Je considère cette voie comme actuellement l’escalade la plus difficile des Alpes. Je souhaite aussi développer le style alpin moderne dans des régions éloignées comme la Terre de Feu, Baffin Island, Svalbard ou l’Himalaya.»

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J’avance étape par étape en réalisant mon rêve
«J’ai commencé à grimper dans la Forêt Noire, région Sud de l’Allemagne. J’avais juste devant ma porte du bon rocher et, à proximité, les Alpes suisses. Dans les Alpes, ma paroi préférée est la face Nord de l’Eiger. J’y ai vécu d’innombrables aventures. C’est pour moi un endroit magique. J’aime aussi les paysages comme la Terre de Feu en Patagonie et l’Himalaya avec sa merveilleuse culture. En Europe, le Sud de la France est particulièrement intéressant pour ses falaises d’escalade. Reste la Forêt Noire pour me promener avec mes enfants. C'est important pour moi de partir, de revenir, de repartir à nouveau et ainsi de suite. Revenir me ressourcer en Forêt Noire, mon camp de base, relève de la plus haute importance.»
 
 
Initiation au voyage
«Mes voyages représentent, pour moi, plus qu’un simple "sport". Il s'agit véritablement d'un style de vie et d'une passion. Je rencontre de manière privilégiée d’autres personnes dans différents pays et cela enrichit ma vie. Plus je partage ce que je vis, plus mon expérience s'enrichit.»
 
 
J'aime raconter l'inédit des parois
«Pendant mon temps libre, je profite de ma famille et de mes enfants. Au retour de mes sessions de grimpe, ou de mes expéditions, je raconte mon expérience à toutes les personnes qui le souhaitent, au travers de récits, diaporamas, événements. Je prends du temps pour transmettre ma passion, mais aussi ce que j’ai appris grâce à mes aventures. J’organise des conférences et des formations pour des personnes d'origine culturelle ou sociologique totalement différente. C’est ma façon à moi de transmettre mon style de vie. Je tente de relier les différentes disciplines de l’alpinisme. Je parle de mon expérience personnelle, relative à ce que j’ai appris. J’adore cet aspect de mon métier que sont les relations publiques, lorsque je participe par exemple à des formations de management pour des grandes sociétés comme Holcim, ABB, Adidas...»
 
 
Ma devise
«Faire ce qu’il y a à faire, après avoir réfléchi si ça correspond bien à mon éthique. Le faire avec toute mon âme, aussi bien que possible.»

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Diaporama Photos: 

Ueli Steck

Ueli Steck profile - photo © coll. U.Steck
Ueli Steck profile - photo © Tony lamiche

Suisse

CHE
en-tête
Photo portrait: 
Ueli Steck profile - © photo coll. U.Steck
Date de naissance: 
4 octobre 1976
Lieu de résidence: 
Ringgenberg (Suisse)
Formation: 
charpentier
Statut actuel: 
alpiniste professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2007

L'état d'esprit de l'escalade
«J’ai grandi près des montagnes. J’ai commencé à grimper à douze ans. Puis j’ai découvert les parois en autodidacte, ce qui a représenté un gros défi. 
L’alpinisme est une parfaite école de pensée.
Les règles sont simples et très claires. J’aime ça, c’est très facile à comprendre. Si vous n’emportez pas un sac de couchage suffisamment chaud, vous aurez froid. Si vous n’êtes pas assez fort, vous ne réussirez pas l’ascension. Pour moi, il est important de partager le bon esprit de l’escalade. J’aime être avec des gens qui font attention à la façon dont ils grimpent. Le style, l'attitude, la manière dont les ascensions sont réalisées, ont de l’importance.»

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Une construction vers l'excellence
«Je suis un grimpeur polyvalent. J'adore le rocher et aussi la glace. Mais mon principal objectif est d'être à l'aise sur des montagnes imposantes comme par exemple en Himalaya et au-delà même, être à l'aise dans n'importe quel milieu dans lequel je me trouve (du plus facile au plus extrême). J’aime le défi par rapport à moi-même et par rapport à la nature, pas du tout par rapport aux autres grimpeurs. Mon principal problème est de trouver l’équilibre entre danger et recherche de la difficulté. Cette démarche ressemble plus à un jeu, car la réflexion porte sur le comment juger ce «mix» et non pas sur le pourquoi je risque ma vie. J'accepte une prise de risque élevée, mais avec un grand contrôle de moi-même. Cette affaire de «maîtrise» dans un milieu non maîtrisable n'est pas facile à gérer. À plus forte raison, dans mon optique himalayenne, où il faut être rapide, le plus souvent à vue et dans des passages de plus en plus difficiles. Il s'agit pour moi d'une construction vers l'excellence. Tout en aimant foncer tête la première, je suis heureux de vivre de manière plus intense. C'est en forgeant que l'on devient forgeron. De même un grimpeur devient himalayiste étape par étape. Pour pouvoir penser aux records de vitesse en solo, je dois progresser en même temps en technique de rocher et sur glace, mais surtout en endurance. Je m'entraîne pratiquement tous les jours au-dessus de chez moi, en course à pied, ou en randonnée à ski, avec à chaque fois 1600 m de dénivelé.»

 
 
Himalaya
«J’aime beaucoup le Népal et l'Himalaya. Ce sont de vraies montagnes. J’aime être là-bas. Nous devons marcher plusieurs jours pour arriver au camp de base. Il n’y a pas de voiture. Si nous voulons visiter un lieu, ou rendre visite à quelqu'un, c’est à pied. J’aime la culture de ce pays. Les gens sont si positifs, même lorsque leur vie est vraiment dure. D'ailleurs, en général, j’aime les gens qui ont beaucoup de caractère. Les gens qui choisissent leur propre voie. Pas ceux qui suivent les autres.»
 
 
Progresser encore
«J’ai besoin de me ressourcer régulièrement et de passer un peu de temps à la maison, juste pour quelques instants de calme et pouvoir me concentrer sur un rêve, mais je suis assez déterminé. Si j’ai une idée, je fonce. Ma principale source d'inspiration est ma soif d'apprendre. La connaissance offre la liberté. Pour avoir cette connaissance, il faut apprendre. Pour être libre, il faut être à l'aise et pour être à l'aise, il faut s'entraîner souvent laborieusement. Pour acquérir une polyvalence à haut niveau, il faut comprendre l'activité à fond, il faut être passionné et surtout il faut accepter de se retrouver quelquefois comme élève, ou débutant, pour continuer à apprendre encore. Ceci dans le cadre de disciplines complémentaires et plurielles même si l'objectif est unique: réussir.»
 
 

Ma devise
«Tout ce que je peux imaginer, peut devenir possible».
 

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Diaporama Videos: 

This video is part of the ReelRockTour - video courtesy of Mountain Hardware
 
 

Video playlist featuring Ueli Steck
Watch Ueli sending "the Secret" (X, 10) during the Scottish Ice Trip in Ben Nevis

 

Mike Horn

Mike Horn profile - photo © collection M.Horn
Mike Horn profile - photo © Ousland Borge

Afrique du Sud

ZAF
en-tête
Photo portrait: 
Mike Horn - photo © coll. Mike Horn
Date de naissance: 
16 juillet 1966
Lieu de résidence: 
Suisse
Formation: 
Diplôme en science des sports et des mouvements humains, Université de Stellenbosch (Afrique du Sud)
Statut actuel: 
Aventurier
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1998

Ma devise principale : "Nous pouvons réaliser nos rêves"
«J’ai réalisé des exploits assez exceptionnels en matière d’endurance, de détermination et de courage qui ont repoussé en tout cas mes limites et peut-être même celles de l’être humain et de ses rêves. Mon expérience des océans, des rivières et des montagnes, des marais, de la toundra, de la glace, des jungles, des déserts, est inclassable. Mais les activités aquatiques sont mes préférées. Ces dix dernières années, j’ai passé beaucoup de temps dans la jungle équatoriale en Amazonie et dans la région arctique. Là-bas, je ne fais plus qu’un avec la nature et ses éléments, car c’est le seul moyen de survivre. Il faut respecter la nature, ses habitants et apprendre d’eux. Mes plus grandes leçons de vie me viennent des Indiens d’Amazonie et du peuple Inuit qui vit dans l’Arctique. J’ai beaucoup de respect pour les explorateurs d’avant comme Admundsen et Jacques-Yves Cousteau. Dans mon métier, au départ celui des aventures en solitaire, ce qui compte le plus, c’est la détermination ainsi qu’une force et une capacité mentale très fortes. Je trouve mon énergie tout d’abord en Dieu puis en ma famille, mon équipe rapprochée et mon cercle d’amis.»

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Aujourd’hui : transmettre
«Je souhaite transmettre un maximum d’énergie à la génération des plus jeunes en les emmenant en expédition avec moi, pour leur donner l’opportunité d’explorer. Je souhaite partager avec eux mes expériences et leur montrer qu’on peut apprendre par le biais de l’exploration et grâce à cet apprentissage, prendre des mesures pour préserver les ressources naturelles de notre planète.
 
C’est le but du programme jeunes explorateurs YEP Pangaea. Ces jeunes sont de futurs adultes. Ce programme deviendra peut-être demain un projet environnemental important. J’ai une telle connaissance de la nature que j’ai peur pour le futur. Il va y avoir de plus en plus de choses à sauvegarder sur la planète, par exemple la vie.»
 
 
«Ce que je ferai plus tard ? Je ne sais pas, demain est un nouveau jour. Je vis au jour le jour. Chaque seconde et chaque minute comptent. Je suis content de ce que je fais, je ne veux rien changer. Mais il me faudrait des journées de 36 heures.»
 
 
«En conclusion, il vaut mieux essayer et échouer que de ne pas réussir à essayer. L’impossible existe jusqu’à ce que nous trouvions une façon de le rendre possible.»
 
 

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Diaporama Photos: 
Diaporama Videos: 

Pangaea Expedition project introduction :

 
 
Pangaea Expedition in Himalaya :

 

Sam Beaugey

Sam Beaugey profile - Photo © David Ravanel
Sam Beaugey profile - Photo © Tony Lamiche

France

FRA
en-tête
Photo portrait: 
Sam Beaugey - Photo © Collection S.Beaugey
Date de naissance: 
3 juin 1971
Lieu de résidence: 
Chamonix
Formation: 
ENSA école nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix
Statut actuel: 
Guide de haute montagne
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

J’ai découvert ma vie en grandissant en montagne
«Mon père, guide de haute montagne, m’a fait découvrir sa montagne. Cette activité continue à donner un sens à ma vie. Je souhaite redonner dans les ascensions de la valeur à la descente, comme à la montée. Le sens de ma pratique est de conquérir l’inutile, mais aussi et surtout de partager l’essentiel de l’aventure dans le respect de la nature, avec le sourire et beaucoup de plaisir. La valeur principale que je partage, avec mes compagnons de cordée, est l’engagement. Je souhaite montrer que l’alpinisme ne s’arrête pas à une seule discipline, mais que c’est une multiplicité de gestes différents et qu’il en existera toujours des nouveaux à découvrir. Le plaisir de voler, après une belle ascension, est devenu essentiel pour moi. Le plus difficile, ce sont les accidents à l’atterrissage, avec toutes sortes de blessures.»

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Un ancrage fort dans le cercle familial et celui des amis
«Je suis très lié à mon entourage et particulièrement à mes parents, car c’est grâce à eux que je peux partir au bout du monde. Mes copains d’enfance sont les gens dont je suis le plus proche aujourd’hui, en tout cas ceux qui m’inspirent le plus : Jérôme Ruby parce que c’est Jérôme, Dean Potter pour les rêves qu’il met en pratique, mon frère pour sa vie proche de la mienne, Erwan Le Lann et Manu Pellissier parce que des frères de montagne il n’y en a pas tant.
Mon inspiration me vient bien entendu de tous les autres grimpeurs. J’ai un immense respect pour les anciens. Ils me font rêver. Je les admire. Avec eux, j’ai appris à être patient. De la même manière, je suis reconnaissant du travail de tous les grimpeurs, qui ont contribué au développement de l’alpinisme notamment par leurs inventions dans le matériel. J’imagine par exemple les pionniers, qui bricolaient leurs lampes après une bonne sortie spéléo et je sais que c’est grâce à nos pères aventuriers que l’on a pu rêver et que l’on peut encore rêver aujourd’hui.»
 
 
Dans le processus d’évolution
«C’est évident pour tout le monde, je participe à l’évolution de l’alpinisme, mais je suis bien conscient d’utiliser tout ce qui existe actuellement, grâce en partie à cet immense moyen d’échange et de partage de l’information, nommé WEB, que ce soit sur les spots, parois, témoignages de tous et prévisions météorologiques. Toute la chaîne des Alpes, par exemple, reste un extraordinaire terrain de jeu pour les enfants que nous sommes. Nous ne pouvons plus parler d’exploration du domaine, mais nous pouvons encore explorer, de façon inédite, les techniques et les compétences. Je ne considère pas l’alpinisme comme une activité, mais comme tout ce que l’on peut faire en montagne. Le mot « tout » doit être entendu comme pluriactivités avec pour chacune le même niveau d’engagement, d’optimisme et de bonne humeur. Si je peux contribuer à de nouvelles inventions de produits sérieux autour d’un sport pas sérieux, c’est tant mieux. Ce sport n’est pas sérieux car, finalement, il n’a aucune utilité en soi. Cependant, c’est l’une des meilleures écoles pour l’apprentissage de la rigueur.»
 
 
Comme si la planète Terre était mon jardin »
«Je ne pense pas avoir un grain de folie, mais plutôt une ouverture d’esprit qui me permet de considérer la planète Terre comme mon jardin, en tout cas comme un incroyable terrain de jeu. Les endroits que je préfère sur la terre sont les régions polaires et le territoire canadien. Par exemple, mon rêve le plus fou serait de partir en navette spatiale et me « taper » un petit saut de 20.000 m sur une falaise de Mars. Mais plus sérieusement, une idée plus en lien avec mon activité, serait de partir trois ans pour grimper de l’Antarctique au Pôle Nord, en passant par les Amériques, puis redescendre en Antarctique en passant par l’Asie, puis l’Afrique.»
 
 
Communiquer
«Avec la société Lineprod, nous organisons des événements, des séminaires d’entreprises et des conférences. Nous sommes partenaires avec des associations, qui aident des enfants à partir en montagne, comme par exemple l’association « Raid choucas », un raid gratuit pour les enfants français et suisses. Lors de l’expédition en Antarctique en 2010, nous avons eu des échanges en direct, grâce à nos téléphones satellites, avec des écoles suisses et françaises de Valorcine et de Maurienne.»
 
 
Ma devise
«Dis ta parole et brises toi...»
 
 
L’anecdote de Sam
«J’ai toujours eu une relation spéciale avec les ours. Je n’ai jamais vu l’ours bleu, mais un ours polaire à côté de notre tente. Il prend un bain, puis se sèche, s’assoit sur son derrière et nous regarde d’un air narquois. Une autre fois dans l’Ouest canadien, les traces d’un grizzli, que je n’ai jamais vu, mais que j’ai redouté à chaque pas dans une forêt en plein hiver où j’ai marché six heures, sans eau, pour échapper à une avalanche qui me barrait le chemin.»

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Diaporama Photos: 
Diaporama Videos: 

Video playlist featuring Sam Beaugey :

 

 
Big wall aid climbing in Baffin Island :

 

 
Holtanna Antartica project preparation :