Jorg Verhoeven

Jorg Verhoeven profile - © Erwan Lelann
Jorg Verhoeven profile - © Reni Fichtinger

Pays-Bas

NLD
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Photo portrait: 
Jorg Verhoeven - © Erwan Lelann
Date de naissance: 
5 juin 1985
Lieu de résidence: 
Innsbruck (Autriche)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2008

Un parcours de compétiteur
«Quelle que soit leur discipline, tous les athlètes partagent des sentiments relativement similaires. Ils ont finalement le même genre de relation avec leur marque, leur équipement, leur équipe. Seul diffère le niveau de reconnaissance médiatique.
En tant que grimpeur néerlandais, j’ai commencé en salle, mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait autre chose. Depuis 2005, j’habite dans les Alpes autrichiennes. En un mot, je vis un rêve. Je suis grimpeur professionnel de compétition, mais je grimpe aussi beaucoup en extérieur. Le plaisir est vraiment dehors dans la nature.»

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Une progression rapide de la salle d'escalade aux «big wall»
«Ma vie de grimpeur peut se résumer ainsi : principalement de la compétition dès le début, puis de l'escalade sur bloc et maintenant un maximum d’escalade dans des voies sportives en grandes parois.
 
 
Peu de temps après avoir commencé à grimper, c’est devenu évident pour moi. J’allais devenir grimpeur professionnel. Dès la fin du lycée, j’ai fait ma valise et je suis parti, abandonnant mon plat pays pour découvrir le plus de choses possibles en matière d'escalade.
 
 
J’ai vu beaucoup d’endroits dans le monde, certains magnifiques et d’autres pollués. On trouve du rocher partout. Mon «spot» est l'île de la Réunion pour me ressourcer, cela ne fait aucun doute. L’île est tout simplement paradisiaque.»
 
 

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Alexander Huber

Alex Huber profile - photo © Sam Bié
Alex Huber profile - photo © Sam Bié

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Alex Huber - photo © Sam Bié
Date de naissance: 
30 décembre 1968
Lieu de résidence: 
Berchtesgaden (Bavière, Allemagne)
Formation: 
Sciences physiques
Statut actuel: 
Guide de haute-montagne, alpiniste professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1993

La fibre de l’alpinisme extrême
«Dès l’enfance, nos parents nous ont initié, mon frère et moi, au monde de la montagne et de l’alpinisme. Mon père, reconnu pour ses ascensions rapides de la face Nord des Droites dès les années 60, nous a transmis la fibre de l’alpinisme extrême. Ma famille et mes amis sont à la base de ma vie. Ce qui est important, c’est la cohérence quel que soit le contexte de la vie. Je ne peux avancer dans de nouvelles directions que si une base solide me sert de rampe de lancement. C’est pour ça que je travaille avec presque tous mes sponsors depuis plus de 15 ans. En 1997, j’ai passé mon master de physique à l’Université de Munich. C’est cette formation qui a servi de base à ma vie de grimpeur.»

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Sean Villanueva

Sean Villanueva profile - photo © Sam Bié
Sean Villanueva profile - photo © Sam Bié

Irlande

IRL
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Photo portrait: 
Sean Villanueva - photo © Sam Bié
Date de naissance: 
7 février 1981
Lieu de résidence: 
Bruxelles (Belgique)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2011

«J’ai commencé l’escalade à treize ans, dans une salle en Belgique. J’ai ensuite évolué vers l’escalade sportive. Au début, le camping sauvage et l’auto-stop satisfaisaient largement à mes envies d’aventure. Puis j’ai découvert ce qui est devenu ma spécialité, l’ascension des big walls en libre, les fissures larges, humides et pleines de mousse, les dalles engagées...»

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Des ouvertures en libre, accompagné de ma flûte irlandaise
«J’adore l’escalade, ses challenges et ses défis. J’adore sillonner le rocher, grimper à fond, explorer. J’aime le rocher compact de très bonne qualité avec des prises parfaites. Mais j’aime aussi les fissures détrempées qui rajoutent du piment à l’aventure. L’escalade est ma façon de vivre, elle me permet de rencontrer des gens extraordinaires et de partager des expériences incroyables. Cette discipline m’apprend la vie et m’oblige à vivre l’instant présent. Je deviens plus attentif au goût de ce que je mange, au rocher qui déchire les doigts et qui fait couler le sang. L’escalade est une activité souvent difficile. Mes autres activités ont toutes un lien avec l’escalade. J’adore la slackline, qui m’apprend à optimiser mon état d’esprit pour que mes pensées, mes émotions et mon expérience s’unifient. La slackline me met dans un état où la notion de temps n’existe plus, où tout se passe dans le présent, où tout est lié. C’est comme un état de méditation. Ma flûte irlandaise fait aussi partie de mon matériel de grimpe. Quand je suis suspendu au milieu d’une paroi, avec le sol loin en dessous, coincé pendant plusieurs jours sur mon portaledge à endurer la tempête, ma flûte m’aide à passer le temps pour ne pas simplement attendre. Jouer de la musique me permet de rester dans le moment présent. »
 
Mon lieu préféré est la planète Terre
«J’aime les lieux sauvages, lointains et de préférence les grandes parois rocheuses. Mes terrains de jeux préférés sont le Yosemite, la Patagonie, l’Himalaya du Pakistan, l’île de Baffin et le Groenland. Mais il y a plein d’autres coins du monde que j’aimerais visiter.»
 
Mon objectif de vie : rencontrer, partager, transmettre
«J’aime partager mes expériences à travers des articles et des films. C’est extraordinaire de pouvoir inspirer les gens, de les motiver et les aider à trouver l’énergie pour qu’ils puissent réaliser leurs rêves. Je trouve également significatif de pouvoir transmettre aux gens l’importance du respect du rocher, des montagnes, de la nature et de toujours avoir une attitude positive. Je souhaite continuer à découvrir de nouvelles grandes parois et faire partager l’aventure.»
 
L’anecdote de Sean
«Le moment le plus difficile en paroi a été pour moi, à la tour Sud des Torres Del Paine en Patagonie chilienne. C’était le cinquième jour d’une ascension de onze jours. Je devais aller aux toilettes. Nous étions 150 m au-dessus du sol. Mon dernier morceau de papier toilette s’est envolé. Cela m’a obligé à terminer l’ascension en me servant de pierres, de glace et de tout ce que j’arrivais à trouver.»

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Playlist video featuring Sean Villanueva.

Vertical Sailing expedition, courtesy of Patagonia video

Enzo Oddo

Enzo Oddo profile - Photo © Arnaud Petit
Enzo Oddo profile - Photo © Sam Bié

France

FRA
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Photo portrait: 
Enzo Oddo profile - Photo © Arnaud Petit
Date de naissance: 
22 février 1995
Lieu de résidence: 
Côte d’Azur (France)
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2010

Enzo, en pleine jeunesse…
 
«L’escalade, dès l’enfance ça m’a plu. Pourquoi ? Je suis né à Nice, il y a des rochers partout et pas de mauvaises saisons. Faire de l’escalade est quelque chose de facile. Mes parents faisaient de l’escalade. Dès les premières années, ils m’emmenaient au pied des falaises. C’est comme ma maison.
Jusqu’à l’âge de treize ans, j’aimais bien les falaises de la Côte d’Azur, mais maintenant, après tous les voyages avec le Team Petzl, le plaisir ici est moins direct pour moi.»

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Mes paysages préférés ?
«Avec le Team, c’est tellement de nouvelles découvertes d’endroits originaux. On y va de façon originale, c’est-à-dire pour ouvrir des voies d’escalade. On est toujours isolé en pleine nature. Le plus-que-parfait pour moi, ce sont les blocs de Bishop, Millau, le Tarn, le Briançonnais, Entraigues, Roche de Rame. Je me sens bien avec ces montagnes. J’ai peut-être besoin de calme, de sérénité…»
 
Sentir que j’avance
«Ce qui me plaît dans l’escalade ? Je ne sais pas. Ça me plaît, c’est tout. Je n’ai aucune motivation à long terme. Mais sur le moment, c’est très fort. C’est un tout, comme quelque chose qui me recharge en énergie. Ce qui me plaît, ce n’est pas réussir une voie pour la réussir. C’est sentir que ça avance. C’est réussir à être bien dedans, comme dans une journée qui se passe bien, sans qu’on sache pourquoi.»
 
Dans le futur ?
«Je ne me pose pas la question. Je verrai bien. J’aimerais bien continuer à grimper le plus possible. Je ne me vois pas bosser dans le milieu de l’escalade jusqu’à la retraite. Ce n’est pas mon truc. Je n’ai pas envie de passer le Brevet d’État d’escalade, ou de monter une boîte d’entraînement, ou de formation. Mais en même temps, j’ai vraiment du mal à m’imaginer sans escalade. Pour le reste, j’ai confiance. Au début, ça a été difficile de négocier avec mes parents le fait d’arrêter l’école. Maintenant, ils me soutiennent. Un grand merci. Ils me demandent de faire dans la vie du mieux que je peux et d’amener du sérieux dans ce que j’aime faire. À l’aube des 17 ans, on peut quand même être un peu sérieux.»
 
Des difficultés, des contraintes ?
«Travailler là où je ne suis pas bon. Je dois m’imposer par exemple à faire de la continuité. Par ailleurs, je ne participe pas aux compétitions, donc je n’ai pas ces contraintes. Les compétitions prennent beaucoup trop de temps. L’escalade en salle n’est pas représentative de ce que je souhaite. C’est autre chose. Je n’arrive pas à m’exprimer sur du plastique. Pour moi, cela n’a rien à voir avec le sport en lui-même, pratiqué en pleine nature et en toute liberté.»
 
Dans la vie...
«Les gens dont je me sens le plus proche sont des grimpeurs. En ce moment, je ne côtoie que des grimpeurs et souvent des grimpeurs de 16 à 24 ans. Mon livre préféré est «Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire» de Jonas Jonasson. Mon film préféré est «A serious man» des frères Coen.»
 
L’anecdote d’Enzo
«Lors d’une soirée entre amis, en mars 2011, je dis à un copain non grimpeur, veux-tu grimper ? Il est d’accord. Aussitôt, je l’emmène sur un chantier voisin en haut d’une grue pour faire un pendule. Il n’a jamais enfilé un harnais de sa vie. Il est 3 heures du matin. Nous n’avons pas la permission. Nous n’avons pas de frontale, ni de casque. Nous avons juste seize ans. Nous avons une corde, un GRIGRI et une seule dégaine pour nous deux. Il met une demi-heure à monter chaque barreau. On voulait faire un grand ballant, comme au trapèze dans les cirques, mais au milieu de la flèche, il tombe, épuisé. Il a très peur. C’est la galère sur la grue. Charles est pendu comme un gigot. On est quand même encordé. Je suis déporté sur le côté. Je le descends en bas. Ça finit bien.»
 
Ils parlent d’Enzo :
Mike Fuselier
«Pour moi, Enzo est jeune donc totalement imprévisible et spontané. Partir grimper avec Enzo, c’est comme une boîte de chocolat, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber... Pour les anecdotes, il y en a plein, mais il m’en vient une bien croustillante. La scène se passe à Cuba, dans une guest house. Lors d’une discussion à propos des films américains, Enzo souligne le courage de Jean-Claude Van Damme, qui est capable de recevoir une noix de coco sur les abdos, lorsque celle-ci est lâchée à 10 m de haut. Voulant lui faire vivre cette fantastique expérience et mettre son courage à l’épreuve, nous lui avons mis un bandeau sur les yeux et balancé quelques coups de bouteille d’eau sur sa puissante musculature abdominale. L’appréhension s’est rapidement transformée en chalenge et Enzo voulait savoir quelle puissance de tir il était capable d’encaisser. Le challenge a duré quelques minutes et Enzo a magnifiquement supporté la rafale de coups de bouteille... sur le moment. Mais le lendemain, on pouvait lire à travers les bleus la quantité d’impacts qu’il avait encaissé. «Ça fait les abdos et c’est bon pour le gainage» dixit Enzo. À bon entendeur...»
 
Aymeric Clouet
«À Taghia dans l’Atlas marocain avec Arnaud, lors d’une séance théorique avec travaux pratiques, on expliquait à Enzo les techniques de base sur la manière d’évoluer en escalade artificielle sur crochets à gouttes d’eau, les manipulations de sécurité et les remontées sur corde avec les poignées bloqueurs. Au bout d’un petit moment, Enzo a décroché, il n’écoutait plus, il n’était plus là et on a abandonné en se disant que l’on reprendrait plus tard. Juste après, on s’est aperçu qu’il avait tout compris. Enzo enregistre facilement, il intègre tout immédiatement avec en plus, une très grande mémoire. Ce garçon est génial.»
 
Nina Caprez
«J’ai un très beau souvenir d’Enzo quand on était à Cuba. Le titre pourrait être, un petit moment de psychanalyse. Le dernier jour, on est passé à la plage. D’habitude, Enzo n’est pas très tatillon au niveau ‘propreté des habits’. Mais ce jour-là, il a pris des habits de rechange tout propre pour l’après-plage. Il s’est mis tout clean pour reprendre le bus du retour. Sauf que nous, nous étions encore en maillots de bain et Cédric ne trouva rien d’autre à faire, que de lui gicler du coca sur ses habits. Vu la rareté de cet état pour Enzo (habits tout propre et blancs), le moment qui a suivi est excellent. Enzo a pété un plomb et a sorti cette belle phrase bien fort : «Mais putain, j’étais parfait !». Une phrase qui nous a bien fait rire et lui aussi d’ailleurs, une fois qu’il s’est rendu compte de ce qu’il disait. Voilà, «j’étais parfait», la phrase d’Enzo.»

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Video playlist featuring Enzo Oddo

Daila Ojeda

Daila Ojeda - © Sam Bié
Daila Ojeda - © Sam Bié

Espagne

ESP
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Photo portrait: 
Daila Ojeda - © Sam Bié
Date de naissance: 
30 juin 1981
Lieu de résidence: 
Catalogne (Espagne)
Formation: 
Préparation du diplôme de monitrice d’escalade
Statut actuel: 
Grimpeuse professionnelle
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2007

L’escalade est une forme d’apprentissage
«J’ai commencé à grimper à l’âge de 19 ans, après avoir assisté comme spectatrice à une compétition de blocs dans le village où je suis née. Ce fut un bouleversement dans ma vie. Avant, mes activités étaient orientées vers la mer, bodyboard et surf. J’étais toujours à la plage, ce qui est normal pour quelqu’un qui habite dans les îles Canaries. Mes amis de Gran Canaria m’ont appris que l’escalade était plus qu’un sport, un véritable style de vie. Cette expérience a réellement changé ma vie. J’ai déménagé. J’ai laissé temporairement l’île et je me suis installée en Catalogne, l’un des meilleurs endroits au monde pour grimper. Je suis passée d’un paradis maritime à un paradis de roche. J’ai toujours ressenti une énorme passion pour la nature en général. Aux Canaries, nous avons une grande culture de la mer et des espaces naturels. J’ai démarré le surf dès ma plus tendre enfance. J’ai toujours été reliée à ce genre d’activité, où les normes et les règles du jeu correspondent à une fusion entre la nature et moi-même.»

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«L’escalade est la chose la plus importante de ma vie, ma famille exceptée. Grâce à l’escalade, j’ai rencontré mon compagnon, Chris. J’ai rencontré des personnes incroyables. J’ai connu des paysages que l’on ne peut pas connaître si on ne grimpe pas. Enfin, je me suis rencontrée moi-même. J’ai de la chance de pouvoir vivre cette découverte. Pour moi l’escalade est une activité physique spéciale, une forme d’apprentissage de l’absolu. Elle me tient en contact avec la nature. L’escalade m’apprend au quotidien à respecter l’environnement. Elle me permet de me retrouver moi-même chaque jour. L’escalade m’aide à combattre, à ne pas me rendre, ou abandonner facilement, à surmonter mes peurs. Ma spécialité est de savoir profiter des grandes voies qui demandent de la résistance. Ces voies me permettent de lutter et de m’investir plus.»
 
 
Mes lieux favoris
«En général, je préfère les lieux calmes, loin des grandes villes, où je peux écouter le silence. Mes paysages préférés sont sur l’île de Gran Canaria avec ses habitants à forte personnalité, avec ses vagues et ses odeurs de l’Atlantique, plus celles de la campagne espagnole et bien sûr mes souvenirs d’enfance. Il y a aussi Sant Llorenç de Montgai en Catalogne où je vis, avec ses incroyables parois qui n’en finissent jamais. Ma vie est tranquille et simple. J’aime prendre une tasse de café tranquillement le matin, me promener avec ma chienne, aller grimper avec Chris.»
 
Mon objectif
«Emmener grimper des jeunes dans les plus belles voies possibles et leur transmettre le respect de la nature.»
 

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Dani Andrada

Dani Andrada profile - photo © Stephan Denys
Dani Andrada profile - photo © Sam Bié

Espagne

ESP
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Photo portrait: 
Dani Andrada - photo © Keith Ladzinski
Date de naissance: 
15 juillet 1975
Lieu de résidence: 
Cornudella de Montsant (Espagne)
Formation: 
L’école de la vie
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

 
«Je grimpe depuis l’âge de 12 ans.
L’escalade a toujours été ma passion.
C’est devenu mon travail et heureusement l’une des choses qui me plaît le plus dans la vie.»

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«Ma spécialité est l’escalade sportive et les grandes voies, avec bien sûr l’ouverture de voies extrêmes. J'ai équipé environ cinq cent voies à travers le Monde. Mais j’aime aussi l’escalade de bloc. J’adore simplement être dans la nature.
Mes lieux préférés pour l’escalade sont... en Espagne évidemment!»

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Chris Sharma

Chris Sharma profile - photo © Stephan Denys
Chris Sharma profile - photo © Bernardo Gimenez

USA

USA
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Photo portrait: 
Chris Sharma - photo © Stephan Denys
Date de naissance: 
23 avril 1981
Lieu de résidence: 
Sant Llorenc de Montgai (Espagne)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1995

Grimper est pour moi un acte libérateur
«L’escalade est ma vie depuis l’âge de douze ans et mon chemin pour découvrir les plus beaux endroits du monde. Ma spécialité est d’ouvrir de nouvelles voies de plus en plus difficiles. Cette activité me donne un but dans la vie et canalise mon énergie. C’est ma façon à moi de faire partie de la société. C’est vraiment important pour ma progression en escalade de rester motivé et d’avoir l’impression de faire des choses nouvelles, de ne pas m’endormir sur mes lauriers... J’ai passé une super année à explorer d’autres facettes de l’escalade. En particulier, transférer mes acquis en falaise à la grande-voie. J’ai donc travaillé plusieurs projets de voies en plusieurs longueurs : l’une d’elle est proche d’où on habite et l’autre est à Majorque. Tout cela est nouveau pour moi. C’est une expérience complètement différente et c’est vraiment motivant de faire quelque chose qui est à la fois nouveau, tout en étant assez semblable. Je suis vraiment motivé pour donner cette nouvelle dimension à ma carrière de grimpeur, tout en continuant à travailler sur des projets en falaise. Le plus important en escalade, pour continuer à grimper pendant toute une vie, c’est de renouveler ta motivation, d’une manière ou d’une autre. La progression est un facteur-clé : essayer de devenir plus fort et de faire des voies dures. Ce qui est intéressant en escalade, c’est qu’on peut continuer à progresser non seulement en difficulté, mais aussi dans nos expériences, en voyageant vers de nouvelles destinations et en ouvrant de nouvelles voies. Le processus de faire la première ascension d’une voie et de découvrir une nouvelle ligne, c’est un immense sentiment de progression, même si ce n’est pas la voie la plus dure que tu aies jamais faite. Tu as quand même le sentiment d’apprendre et de progresser d’une certaine manière.»

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Ton plus beau spot?
«Mon lieu préféré est la Catalogne espagnole. Je m’y suis installé en 2005 et je ne suis jamais reparti! Maintenant c’est chez moi. Cette région est étonnante avec un énorme potentiel pour ouvrir de nouvelles voies parmi les plus difficiles. J’ai l’impression que tous les 10-15 ans, les points stratégiques de l’escalade déménagent. Il y a 15 ans, la Mecque de l’escalade était ici, dans le sud de la France. Récemment, depuis quelques années, c’est en Espagne que ça se passe… c’est devenu une destination. C’est vraiment spécial là-bas. Pour moi, quand j’ai commencé à grimper en Catalogne, que j’ai rencontré Dani Andrada, il y a environ 6 ans, j’étais vraiment inspiré pour grimper dans des endroits comme Siruana, Margalef et de voir le potentiel dans d’autres falaises, telles que Oliana et Santa Linya. Il y a tellement de monde qui y passe, il y a toujours un renouveau de motivation. Et pour moi, c’est très bien, parce que, même si des fois la Californie me manque et je me sens loin de chez moi, je vois probablement mes amis et ma famille plus qu’avant, parce que j’ai un pied-à-terre. Beaucoup de monde viennent nous rendre visite et on a toujours des amis à la maison, entre septembre et mai.»
 
 
A part grimper?
«Comme autre activité, j’aime construire ma maison et travailler dans mon jardin. Mon style de vie pourrait se définir comme une sorte d’improvisation permanente. Ma devise est : être moi-même. Tout ce que je fais est connecté. Je souhaite être le plus authentique possible. Comme tous les athlètes du Team Petzl, je suis passionné de nature et je désire être le meilleur possible.»
 
Est-ce que tu te prépares différemment pour des voies de plusieurs longueurs que pour des voies plus courtes?
«J’ai encore tellement à apprendre quant au processus lié à grimper quelques-unes de ces grandes voies. Établir et équiper une nouvelle voie est beaucoup plus compliqué parce que tu es loin au-dessus du sol, et qu’une voie de 7 longueurs correspond essentiellement à 7 voies : établir ces nouvelles lignes implique donc une toute autre logistique et beaucoup plus de temps. Et bien sûr, quand vient le temps d’enchaîner, c’est stratégiquement beaucoup plus complexe. À mes yeux, ces deux styles de grimpe sont très complémentaires. Après avoir grimpé dans des voies de plusieurs longueurs pendant quelques jours, je suis à nouveau très motivé pour retourner essayer mes projets d’une longueur. Et de même, je vais essayer certains de ces projets vraiment durs qui sont à ma limite, que je travaille, qui sont peut-être côtés autour de 9b+ ; c’est difficile de maintenir ce niveau de motivation tout le temps, d’essayer des mouvements aussi durs ; d’où l’importance d’avoir plusieurs cordes à son arc et de grimper quelque chose de tout aussi difficile et motivant, mais d’une autre manière.»
 
Les voies de plusieurs longueurs difficiles sont-elles la prochaine étape de l’escalade avant-gardiste?
«À mes yeux, appliquer ce qu’on fait en falaise aux longues voies est une progression naturelle de l’escalade. Un peu comme pour le bloc : pendant pas mal d’années, j’étais vraiment focalisé sur le bloc et j’ai pu appliquer ces séquences gymniques aux voies en falaise. C’est donc une progression similaire: prendre tout notre vécu, amalgamer toutes ces expériences et les appliquer pour faire quelque chose de nouveau. Ça, ça me motive vraiment. C’est important de faire un peu de tout, de toujours renouveler son approche à l’escalade. Et aussi, après plusieurs années à ne pas avoir été axé sur le bloc, je me réjouis maintenant de recommencer à en faire un peu plus, pour renouveler mon engouement pour ce sport. En même temps, le bloc est vraiment à l’essence même de l’escalade de haute difficulté pour ces projets d’une longueur vraiment durs : je crois que me replonger dans le bloc est la solution pour progresser, travailler la force pure, faire de tout, et toujours essayer de recycler tes idées et ta motivation pour éviter de te lasser.»
 
Alors tu vas faire plus de bloc ?
«Une des choses que j’aime vraiment dans le bloc est le fait de pouvoir être vraiment spontané. Tu as tes chaussons dans ton sac à dos et c’est tout. C’est fascinant. Grimper des grandes voies demande quand même beaucoup plus de planification. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’une des choses qui m’attiraient le plus avec le bloc était l’aspect spontané de pouvoir aller où tu veux. Seulement les blocs deviennent maintenant si hauts et les atterrissages si mauvais que tu as des fois besoin de 10 ou 15 crash pads pour un bloc. Dans ce cas là, c’est beaucoup moins encombrant d’avoir un sac à dos avec du matériel d’escalade et de grimper avec une corde. Il faut trouver le juste équilibre.»
 
Un message pour les jeunes?
«Je voudrais encourager les jeunes de partout qui grimpent depuis plusieurs années, ou qui commencent tout juste à grimper, en leur disant de se faire plaisir. Pour moi, l’escalade, c’est de trouver des voies de qualité et non pas forcément les gros chiffres. Ce qui compte, c’est surtout ton expérience et d’apprécier l’escalade. Je leur recommanderais de sortir et d’aller grimper sur toutes les supers voies qu’ils ont la chance de grimper. L’escalade est un sport tellement unique pour ça. C’est plus qu’un sport, c’est un style de vie, tu peux voyager et voir tant d’endroits magnifiques, rencontrer tellement de gens sympas, je crois qu’on a vraiment de la chance de faire partie d’un tel sport.»

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Chris Sharma featured videos - from BigUP productions
Video Chris Sharma
 
Video Chris Sharma
 
Video Chris Sharma
 
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The Infinity Lane (100m-single pitch) flashed by Chris Sharma

 
 
Chris Sharma sends La Rambla in Siurana

 
 
Video playlist featuring Chris Sharma

Robert Jasper

Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Robert Jasper profile - photo © Klaus Fengler

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Date de naissance: 
15 avril 1968
Lieu de résidence: 
Bade-Wurtemberg (Allemagne)
Statut actuel: 
Guide de haute montagne, professeur de sport, formateur de guides
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

Mon métier, explorer la nature
«La passion connecte les gens entre eux, mais aussi les gens avec la nature. Plus les gens sont connectés avec la nature, plus ils sont connectés avec eux-mêmes et plus ils se retrouvent eux-mêmes. Je suis un alpiniste spécialisé en cascade de glace, mais j’aime toutes les disciplines liées à la montagne. Mon objectif est de développer un style moderne d’escalade, comme par exemple la première ascension en libre du Japonese-Diretissima (1800 m / 8a) sur la face Nord de l’Eiger. Je considère cette voie comme actuellement l’escalade la plus difficile des Alpes. Je souhaite aussi développer le style alpin moderne dans des régions éloignées comme la Terre de Feu, Baffin Island, Svalbard ou l’Himalaya.»

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J’avance étape par étape en réalisant mon rêve
«J’ai commencé à grimper dans la Forêt Noire, région Sud de l’Allemagne. J’avais juste devant ma porte du bon rocher et, à proximité, les Alpes suisses. Dans les Alpes, ma paroi préférée est la face Nord de l’Eiger. J’y ai vécu d’innombrables aventures. C’est pour moi un endroit magique. J’aime aussi les paysages comme la Terre de Feu en Patagonie et l’Himalaya avec sa merveilleuse culture. En Europe, le Sud de la France est particulièrement intéressant pour ses falaises d’escalade. Reste la Forêt Noire pour me promener avec mes enfants. C'est important pour moi de partir, de revenir, de repartir à nouveau et ainsi de suite. Revenir me ressourcer en Forêt Noire, mon camp de base, relève de la plus haute importance.»
 
 
Initiation au voyage
«Mes voyages représentent, pour moi, plus qu’un simple "sport". Il s'agit véritablement d'un style de vie et d'une passion. Je rencontre de manière privilégiée d’autres personnes dans différents pays et cela enrichit ma vie. Plus je partage ce que je vis, plus mon expérience s'enrichit.»
 
 
J'aime raconter l'inédit des parois
«Pendant mon temps libre, je profite de ma famille et de mes enfants. Au retour de mes sessions de grimpe, ou de mes expéditions, je raconte mon expérience à toutes les personnes qui le souhaitent, au travers de récits, diaporamas, événements. Je prends du temps pour transmettre ma passion, mais aussi ce que j’ai appris grâce à mes aventures. J’organise des conférences et des formations pour des personnes d'origine culturelle ou sociologique totalement différente. C’est ma façon à moi de transmettre mon style de vie. Je tente de relier les différentes disciplines de l’alpinisme. Je parle de mon expérience personnelle, relative à ce que j’ai appris. J’adore cet aspect de mon métier que sont les relations publiques, lorsque je participe par exemple à des formations de management pour des grandes sociétés comme Holcim, ABB, Adidas...»
 
 
Ma devise
«Faire ce qu’il y a à faire, après avoir réfléchi si ça correspond bien à mon éthique. Le faire avec toute mon âme, aussi bien que possible.»

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Said Belhaj

Steve McClure profile - photo © Stéphan Denys
Said Belhaj profile - photo © John Evans

Suède

SWE
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Photo portrait: 
Said Belhaj - photo © collection Said Belhaj
Date de naissance: 
18 juin 1981
Lieu de résidence: 
Gothenburg (Suède)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel et musicien
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2005

L'escalade pour vivre
«Pour les grimpeurs du team Petzl, l’escalade est un mode de vie qui dépasse la passion. Nous la pratiquons quotidiennement et on en n’a jamais assez. C’est un style de vie qui ne peut pas s’arrêter, même s’il n’est pas toujours possible d’en vivre. Cette pratique est reliée à la vie, à la nature. Etre dehors à grimper tout le temps est assez proche de l’animal. Voyager, rencontrer des gens, partager ce qui n’existait pas encore la veille représente une valeur sociale infinie.
J’ai découvert l’escalade vers l’âge de 10 ans lorsque je grimpais encore aux arbres. Depuis, je grimpe, d’une façon ou d’une autre. J’ai fait partie de l’équipe nationale suédoise pendant 10 ans, on faisait des compétitions partout dans le monde. Comme je préfère être dehors sur le rocher, c’est difficile pour moi de grimper en salle. Aujourd’hui, je suis présent dans tous les domaines de l’escalade libre: bloc, falaise, compétition, grande paroi.»

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Compétition et paradoxe
«Comme membre actif de l’équipe nationale suédoise, j’ai fini par me rendre compte qu’il faut beaucoup d’investissements pour créer une énergie positive au sein d’une équipe soudée. Particulièrement sociable, les gens autour de moi comptent vraiment. Je ne peux pas me rendre à une compétition seulement pour gagner et oublier le reste. Les bonnes compétitions sont celles qui engendrent une bonne énergie entre les concurrents, les organisateurs et le public. Le but en compétition est normalement de battre l’autre, d’être le meilleur. Mais comme j’ai beaucoup d’estime pour les autres, comme je les aide à être meilleurs et même à gagner à ma place, il y a une certaine contradiction à gérer.»
 
 
Escalade libre et à vue
«De manière générale, j’ai de bonnes sensations quand je grimpe à vue, à la limite de mes possibilités. Grimper sur du rocher dans des régions reculées de la planète, rend mon activité encore plus intéressante. A la réussite d’une voie après travail, je préfère celle d’une voie à vue car je peux me concentrer à 100 % sur le mouvement de l’instant et sur la difficulté de l’escalade. La richesse de l’escalade à vue est liée à la découverte, l’exploration. Il faut savoir réellement improviser. On découvre ce qui va se passer en même temps qu’on le fait, comme si on était acteur et spectateur en même temps.»
 
 
La dimension spirituelle
«Avant toute chose, l’escalade est pour moi, un prétexte à rencontrer différentes personnes et à voyager dans des endroits que je ne connaîtrais probablement pas autrement. Ensuite, j’adore l’aspect stimulant de ce sport et les différents défis qui vont avec. Quant à sa dimension spirituelle, c’est une sorte de méditation en mouvement qui m’emmène dans différents endroits de mon esprit. Ma vie est inspirée par l’approche mentale liée à l’escalade, la musique et les rêves. Mon objectif quotidien est de me créer une vie saine avec tout ce qui entoure l’escalade. Je préfère réaliser quelque chose qui enrichisse ma vie lorsque je ne grimpe pas. J’aime véhiculer cette idée qu’il existe plusieurs façons de vivre sa vie, pas seulement les clichés présentés par la société occidentale actuelle. Je fais plein d’autres choses, simplement parce que je ne peux pas grimper 24 heures sur 24. J’aime jouer de la musique, courir, rouler en vélo ou nager et quelques fois tout en même temps. J’aime aussi la danse, le qi-gong, la méditation, la photographie, les bons livres. Mon mentor le plus important est mon maître en musique, Christer Bothén, musicien hors norme, qui a presque soixante-dix ans et qui a toujours vécu pour sa passion.»
 
 
Un grand voyageur
«En tant que grimpeur, je me sens connecté avec presque toutes les roches du monde. Mais le lieu que je préfère pour l’escalade est la Catalogne en Espagne. L’expérience que me procure cette région est unique. J’ai beaucoup d’amis en Catalogne. Je peux y aller seul et retrouver par hasard, un ami pour grimper.
J’aime aussi grimper au Maroc, autant pour l’escalade que pour les soirées musicales d’improvisation et la bonne nourriture.»
 
 
Ma devise
«Il n’est jamais trop tard.»
 

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Steve McClure

Steve McClure profile - photo © Sam Bié
Steve McClure profile - photo © Ben Pritchard

Royaume-Uni

GBR
en-tête
Photo portrait: 
Steve McClure - photo © Lafouche
Date de naissance: 
25 juillet 1970
Lieu de résidence: 
Sheffield (Royaume-Uni)
Statut actuel: 
Formateur, entraîneur, équipement de voies, écrivain, conférencier
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

Je préfère les falaises près de chez moi
«Je suis principalement spécialisé dans l’escalade sportive et probablement meilleur dans les voies techniques et courtes que dans les grandes voies. Je préfère les voies près de chez moi. J’ai naturellement adopté ce style de vie, car enfant, j’étais toujours parti avec mes parents qui étaient grimpeurs. Je n’ai jamais vraiment choisi cette vie. Je savais tout simplement que c’était la mienne. Etre dehors dans la nature et grimper fait tout simplement partie de cette vie. Au début, je grimpais en terrain d’aventure. Je progressais vite et j’avais du mal à trouver des voies en style traditionnel. Depuis, l’escalade sportive me permet d’expérimenter le côté physique tout en conservant les avantages d’être dehors avec des amis. Mon métier est l’escalade. Je travaille localement chez moi. J’ai un lien spécial avec l’escalade de mon pays. Je pense qu’il faut aimer l’endroit où l’on habite.»

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J'aime mon pays
«Il y a tant d’endroits où j’aime être. J’ai une relation différente avec chacun d’entre eux. Je vis à proximité de lieux d’escalade magnifiques dans un environnement agréable, près des villes mais avec une sensation d’éloignement. Je passe beaucoup de temps ici. J’aime aussi les endroits plus perdus de l’Angleterre, de l’Ecosse et du nord du Pays de Galles d’une incroyable beauté, loin des gens. Etre là est salutaire, la force de la nature est incroyable. C’est une aventure à savourer. Je passe également du temps sur les autres falaises européennes: Rodellar, Teradettes, Verdon, Buoux, Ardèche, Osp, Arco. Parmi ces falaises, le Verdon tient une place spéciale dans mon esprit, car je suis souvent allé là-bas étant enfant, dès l’âge de quatre ans. Je ne grimpais pas, je jouais dans les ruisseaux. Puis à seize ans, j’y ai fait un séjour de deux mois qui a sûrement été un tournant dans ma vie de grimpeur. Quand je retourne dans le Verdon et que je n’y suis pas allé depuis longtemps, j’arrête la voiture au Belvédère et rien n’est plus beau que cette vue du bord, les sensations, l’odeur, les sons, l’air qui remonte vers moi et cette vision d’une roche grise parfaite, présente partout.»
 
 
Un partenariat professionnel
«J’ai travaillé comme ingénieur pendant sept ans, assis derrière un bureau à faire du travail de conception. J’ai l’esprit d’ingénierie. Cela m’aide probablement en escalade. Quoi qu’il en soit, ce style de vie n’était pas fait pour moi. La répétition des journées et l’ambiance au bureau ne me convenaient plus.  Maintenant, je suis très impliqué dans l’escalade. Ma vie est flexible et mon travail est diversifié. J’arrive à un point où je n’ai plus besoin de chercher du travail, il vient vers moi à un rythme accéléré. Equiper des voies, encadrer, former, donner des conférences, écrire... Tout ça n’est pas très bien payé mais j’aime ce que je fais. J’ai de la chance de pouvoir choisir mes missions et privilégier les lieux et les personnes avec qui je travaille. J’ai des contrats réguliers pour équiper des voies et dans ces cas-là, j’habite chez des amis. Je travaille dur mais je m’éclate.»
 
 

Le désir d’aller jusqu’au bout
«J’ai beaucoup d’énergie à consacrer aux choses que j’aime. L’énergie va habituellement de pair avec la ténacité, le désir d’aller jusqu’au bout. En escalade, il faut tenir. J’ai cette ténacité qui consiste à tout donner et plus je donne, plus je réussis. J’aime aller au maximum de ce que je peux faire. «Le verre est à moitié plein». Telle est ma devise. Lorsque l’on tient une mauvaise prise que l’on pensait meilleure, se dire que la prise est vraiment pourrie n’engendrera que des sentiments négatifs. Il vaut mieux se dire que la prise n’est pas si mauvaise.»
 
 
Le futur décliné au présent
«Je ne me projette pas dans l’avenir. Je n’ai pas de retraite, ni de sécurité d’emploi. Et pourtant j’ai un enfant. Est-ce irresponsable? Peut-être, mais je suis comme ça. Jusque-là, ça a marché, les choses se sont bien goupillées. Je pense qu’on fait son propre bonheur en travaillant dur et en ne trichant pas. Je n’ai jamais rien eu pour rien. J’aime ma vie telle qu’elle est. Je ne ressens pas le besoin de partager mes expériences passées avec les autres, c’est derrière moi. Cependant, il est important pour moi de partager ce que je vis au moment où je le vis.»

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