Alizée Dufraisse

Alizée Dufraisse profile - © Sam Bié
Alizée Dufraisse profile - © Lafouche

France

FRA
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Photo portrait: 
Alizée Dufraisse - © Sam Bié
Date de naissance: 
13 juin 1987
Statut actuel: 
Sportive de haut niveau
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2003

La vie est pour moi, une sorte de formation continue perpétuelle
«J'ai commencé l’escalade en Dordogne, à l’âge de sept ans. Mon père m’emmenait en falaise où je me sentais comme à la maison. La falaise reste pour moi le meilleur moyen d’expression. En 2003, à 16 ans, j'ai réalisé mon premier 8b+ «Putain/Putain» dans les gorges du Tarn en France. Ensuite, je me suis consacrée uniquement au saut à la perche, jusqu’à 21 ans.»
 
Ma première passion : le saut à la perche
«J'ai beaucoup aimé l’athlétisme et son ambiance de compétition. Dés le début, j'ai analysé de manière poussée la technicité du saut à la perche. C’est cette recherche perpétuelle qui me passionne. J’étais filmée par Melissa Leneve pendant mes séances. Je comparais image par image, les vidéos de mes sauts à 3,50m avec des sauts à 3,80m d’autres athlètes. J’essayais sur les séances suivantes de trouver les sensations dans mon corps pour réaliser un saut supérieur. Ce travail m’a beaucoup enrichi en gestuelle et en automatisme. À un certain niveau de maturité, j’avais fait le tour de la question en saut à la perche et cette discipline ne laissait pas assez de place à mon expression personnelle. Mais tout ce que j’ai appris pendant cette période m’apporte encore énormément aujourd’hui en escalade.»

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L'escalade, la musique...
«Pour l'escalade, Je m’inspire de tout ce qui m’entoure, le rocher, les mouvements, la nature, certains grimpeurs quels que soit leurs niveaux. On apprend beaucoup de notre entourage, sur le mental, la technique, l’investissement que l’autre peut mettre dans sa passion, la façon qu’il ou elle a de s’y prendre ou de se déplacer. L’amour de l’escalade me transcende. Je grimpe la plupart du temps avec de la musique. Pour moi la musique est sacrée, une vraie source d’inspiration. En écoutant certains rythmes durant certains passages, j’ai l’impression de m’exprimer plus facilement et de m’autoriser une sensation au fond de moi-même encore plus forte que le simple dépassement de soi. Cela m’aide à oser bouger de manière plus dynamique. C’est une de mes spécificités. C’est magique. Ca devient pour moi une nouvelle expression où ma gestuelle se transcende dans l’esthétique presque de manière divine. À chaque fois bien sûr, je dois trouver l’équilibre, le juste milieu pour revenir sur terre.»
 
 
Etre en harmonie avec la nature
«Mes endroits préférés sont Céüse en France, Suirana en Espagne et Bishop aux États-Unis. Ce sont des paysages de rêve. Mais je suis sûre qu’il y en a plein d’autres et je ne demande qu'à les découvrir. J’essaie de me retrouver le plus souvent possible dans des endroits qui me ressourcent. La nature me procure de l’énergie. Je suis heureuse lorsque je suis en harmonie avec la nature. C’est le bonheur de pouvoir partager chaque matin ce paradis avec des personnes que j’aime.»
 
 
Préparation physique et mentale
«Pour m’aider à finaliser mes projets de voies extrêmes, je divise mon année en plusieurs périodes. J’alterne entre saison en milieu naturel et période d’entraînement intensif par exemple à Bordeaux près de ma famille. Durant celles-ci, je me pousse au maximum de mes limites à l’entraînement. Ce sont des moments agréables. J’en profite pour aider des grimpeurs ou grimpeuses, contraints de rester en ville pour leur job et qui veulent s’entraîner simplement à la salle. J’ouvre pour eux de nombreuses "voies" inédites. Comme cela, eux aussi peuvent avoir des objectifs personnels de dépassement de soi. Ces échanges sont positifs pour moi. J’apporte des moments de joie incroyable à ces personnes qui me le rendent bien en retour. Les meilleures rencontres ne se font pas forcément en falaise dans un cadre paradisiaque. Mes journées ne se passent jamais sans une séance de yoga. Je m’investi énormément dans le travail de respiration. Cela me permet de me retrouver moi-même et surtout de reconquérir quotidiennement une nouvelle énergie insoupçonnée. En outre, le yoga me permet de canaliser les surplus d’énergie.»
 
 
Demain ?
«J'ai envie de faire découvrir ma passion, de permettre à certaines personnes de s'évader d'un quotidien parfois difficile et de se retrouver en harmonie dans la nature. Je pense que beaucoup de personnes gagneraient à découvrir l’escalade. Je continue mon voyage à la recherche de falaises qui me donnent envie de me surpasser. À plus long terme, j’aimerais me réinvestir dans la musique classique.»
 
 
«Je suis comme un oiseau. Mon cœur me dit constamment, envole-toi. Le milieu dans lequel j’évolue est infini... Pour moi, la vie est une recherche permanente, une sorte de formation continue perpétuelle.»

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Video courtesy of Prana
  
Vidéos avec Alizée :

Jorg Verhoeven

Jorg Verhoeven profile - © Erwan Lelann
Jorg Verhoeven profile - © Reni Fichtinger

Pays-Bas

NLD
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Photo portrait: 
Jorg Verhoeven - © Erwan Lelann
Date de naissance: 
5 juin 1985
Lieu de résidence: 
Innsbruck (Autriche)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2008

Un parcours de compétiteur
«Quelle que soit leur discipline, tous les athlètes partagent des sentiments relativement similaires. Ils ont finalement le même genre de relation avec leur marque, leur équipement, leur équipe. Seul diffère le niveau de reconnaissance médiatique.
En tant que grimpeur néerlandais, j’ai commencé en salle, mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait autre chose. Depuis 2005, j’habite dans les Alpes autrichiennes. En un mot, je vis un rêve. Je suis grimpeur professionnel de compétition, mais je grimpe aussi beaucoup en extérieur. Le plaisir est vraiment dehors dans la nature.»

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Une progression rapide de la salle d'escalade aux «big wall»
«Ma vie de grimpeur peut se résumer ainsi : principalement de la compétition dès le début, puis de l'escalade sur bloc et maintenant un maximum d’escalade dans des voies sportives en grandes parois.
 
 
Peu de temps après avoir commencé à grimper, c’est devenu évident pour moi. J’allais devenir grimpeur professionnel. Dès la fin du lycée, j’ai fait ma valise et je suis parti, abandonnant mon plat pays pour découvrir le plus de choses possibles en matière d'escalade.
 
 
J’ai vu beaucoup d’endroits dans le monde, certains magnifiques et d’autres pollués. On trouve du rocher partout. Mon «spot» est l'île de la Réunion pour me ressourcer, cela ne fait aucun doute. L’île est tout simplement paradisiaque.»
 
 

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Alexander Huber

Alex Huber profile - photo © Sam Bié
Alex Huber profile - photo © Sam Bié

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Alex Huber - photo © Sam Bié
Date de naissance: 
30 décembre 1968
Lieu de résidence: 
Berchtesgaden (Bavière, Allemagne)
Formation: 
Sciences physiques
Statut actuel: 
Guide de haute-montagne, alpiniste professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1993

La fibre de l’alpinisme extrême
«Dès l’enfance, nos parents nous ont initié, mon frère et moi, au monde de la montagne et de l’alpinisme. Mon père, reconnu pour ses ascensions rapides de la face Nord des Droites dès les années 60, nous a transmis la fibre de l’alpinisme extrême. Ma famille et mes amis sont à la base de ma vie. Ce qui est important, c’est la cohérence quel que soit le contexte de la vie. Je ne peux avancer dans de nouvelles directions que si une base solide me sert de rampe de lancement. C’est pour ça que je travaille avec presque tous mes sponsors depuis plus de 15 ans. En 1997, j’ai passé mon master de physique à l’Université de Munich. C’est cette formation qui a servi de base à ma vie de grimpeur.»

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Sean Villanueva

Sean Villanueva profile - photo © Sam Bié
Sean Villanueva profile - photo © Sam Bié

Irlande

IRL
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Photo portrait: 
Sean Villanueva - photo © Sam Bié
Date de naissance: 
7 février 1981
Lieu de résidence: 
Bruxelles (Belgique)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2011

«J’ai commencé l’escalade à treize ans, dans une salle en Belgique. J’ai ensuite évolué vers l’escalade sportive. Au début, le camping sauvage et l’auto-stop satisfaisaient largement à mes envies d’aventure. Puis j’ai découvert ce qui est devenu ma spécialité, l’ascension des big walls en libre, les fissures larges, humides et pleines de mousse, les dalles engagées...»

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Des ouvertures en libre, accompagné de ma flûte irlandaise
«J’adore l’escalade, ses challenges et ses défis. J’adore sillonner le rocher, grimper à fond, explorer. J’aime le rocher compact de très bonne qualité avec des prises parfaites. Mais j’aime aussi les fissures détrempées qui rajoutent du piment à l’aventure. L’escalade est ma façon de vivre, elle me permet de rencontrer des gens extraordinaires et de partager des expériences incroyables. Cette discipline m’apprend la vie et m’oblige à vivre l’instant présent. Je deviens plus attentif au goût de ce que je mange, au rocher qui déchire les doigts et qui fait couler le sang. L’escalade est une activité souvent difficile. Mes autres activités ont toutes un lien avec l’escalade. J’adore la slackline, qui m’apprend à optimiser mon état d’esprit pour que mes pensées, mes émotions et mon expérience s’unifient. La slackline me met dans un état où la notion de temps n’existe plus, où tout se passe dans le présent, où tout est lié. C’est comme un état de méditation. Ma flûte irlandaise fait aussi partie de mon matériel de grimpe. Quand je suis suspendu au milieu d’une paroi, avec le sol loin en dessous, coincé pendant plusieurs jours sur mon portaledge à endurer la tempête, ma flûte m’aide à passer le temps pour ne pas simplement attendre. Jouer de la musique me permet de rester dans le moment présent. »
 
Mon lieu préféré est la planète Terre
«J’aime les lieux sauvages, lointains et de préférence les grandes parois rocheuses. Mes terrains de jeux préférés sont le Yosemite, la Patagonie, l’Himalaya du Pakistan, l’île de Baffin et le Groenland. Mais il y a plein d’autres coins du monde que j’aimerais visiter.»
 
Mon objectif de vie : rencontrer, partager, transmettre
«J’aime partager mes expériences à travers des articles et des films. C’est extraordinaire de pouvoir inspirer les gens, de les motiver et les aider à trouver l’énergie pour qu’ils puissent réaliser leurs rêves. Je trouve également significatif de pouvoir transmettre aux gens l’importance du respect du rocher, des montagnes, de la nature et de toujours avoir une attitude positive. Je souhaite continuer à découvrir de nouvelles grandes parois et faire partager l’aventure.»
 
L’anecdote de Sean
«Le moment le plus difficile en paroi a été pour moi, à la tour Sud des Torres Del Paine en Patagonie chilienne. C’était le cinquième jour d’une ascension de onze jours. Je devais aller aux toilettes. Nous étions 150 m au-dessus du sol. Mon dernier morceau de papier toilette s’est envolé. Cela m’a obligé à terminer l’ascension en me servant de pierres, de glace et de tout ce que j’arrivais à trouver.»

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Playlist video featuring Sean Villanueva.

Vertical Sailing expedition, courtesy of Patagonia video

Enzo Oddo

Enzo Oddo profile - Photo © Arnaud Petit
Enzo Oddo profile - Photo © Sam Bié

France

FRA
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Photo portrait: 
Enzo Oddo profile - Photo © Arnaud Petit
Date de naissance: 
22 février 1995
Lieu de résidence: 
Côte d’Azur (France)
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2010

Enzo, en pleine jeunesse…
 
«L’escalade, dès l’enfance ça m’a plu. Pourquoi ? Je suis né à Nice, il y a des rochers partout et pas de mauvaises saisons. Faire de l’escalade est quelque chose de facile. Mes parents faisaient de l’escalade. Dès les premières années, ils m’emmenaient au pied des falaises. C’est comme ma maison.
Jusqu’à l’âge de treize ans, j’aimais bien les falaises de la Côte d’Azur, mais maintenant, après tous les voyages avec le Team Petzl, le plaisir ici est moins direct pour moi.»

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Mes paysages préférés ?
«Avec le Team, c’est tellement de nouvelles découvertes d’endroits originaux. On y va de façon originale, c’est-à-dire pour ouvrir des voies d’escalade. On est toujours isolé en pleine nature. Le plus-que-parfait pour moi, ce sont les blocs de Bishop, Millau, le Tarn, le Briançonnais, Entraigues, Roche de Rame. Je me sens bien avec ces montagnes. J’ai peut-être besoin de calme, de sérénité…»
 
Sentir que j’avance
«Ce qui me plaît dans l’escalade ? Je ne sais pas. Ça me plaît, c’est tout. Je n’ai aucune motivation à long terme. Mais sur le moment, c’est très fort. C’est un tout, comme quelque chose qui me recharge en énergie. Ce qui me plaît, ce n’est pas réussir une voie pour la réussir. C’est sentir que ça avance. C’est réussir à être bien dedans, comme dans une journée qui se passe bien, sans qu’on sache pourquoi.»
 
Dans le futur ?
«Je ne me pose pas la question. Je verrai bien. J’aimerais bien continuer à grimper le plus possible. Je ne me vois pas bosser dans le milieu de l’escalade jusqu’à la retraite. Ce n’est pas mon truc. Je n’ai pas envie de passer le Brevet d’État d’escalade, ou de monter une boîte d’entraînement, ou de formation. Mais en même temps, j’ai vraiment du mal à m’imaginer sans escalade. Pour le reste, j’ai confiance. Au début, ça a été difficile de négocier avec mes parents le fait d’arrêter l’école. Maintenant, ils me soutiennent. Un grand merci. Ils me demandent de faire dans la vie du mieux que je peux et d’amener du sérieux dans ce que j’aime faire. À l’aube des 17 ans, on peut quand même être un peu sérieux.»
 
Des difficultés, des contraintes ?
«Travailler là où je ne suis pas bon. Je dois m’imposer par exemple à faire de la continuité. Par ailleurs, je ne participe pas aux compétitions, donc je n’ai pas ces contraintes. Les compétitions prennent beaucoup trop de temps. L’escalade en salle n’est pas représentative de ce que je souhaite. C’est autre chose. Je n’arrive pas à m’exprimer sur du plastique. Pour moi, cela n’a rien à voir avec le sport en lui-même, pratiqué en pleine nature et en toute liberté.»
 
Dans la vie...
«Les gens dont je me sens le plus proche sont des grimpeurs. En ce moment, je ne côtoie que des grimpeurs et souvent des grimpeurs de 16 à 24 ans. Mon livre préféré est «Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire» de Jonas Jonasson. Mon film préféré est «A serious man» des frères Coen.»
 
L’anecdote d’Enzo
«Lors d’une soirée entre amis, en mars 2011, je dis à un copain non grimpeur, veux-tu grimper ? Il est d’accord. Aussitôt, je l’emmène sur un chantier voisin en haut d’une grue pour faire un pendule. Il n’a jamais enfilé un harnais de sa vie. Il est 3 heures du matin. Nous n’avons pas la permission. Nous n’avons pas de frontale, ni de casque. Nous avons juste seize ans. Nous avons une corde, un GRIGRI et une seule dégaine pour nous deux. Il met une demi-heure à monter chaque barreau. On voulait faire un grand ballant, comme au trapèze dans les cirques, mais au milieu de la flèche, il tombe, épuisé. Il a très peur. C’est la galère sur la grue. Charles est pendu comme un gigot. On est quand même encordé. Je suis déporté sur le côté. Je le descends en bas. Ça finit bien.»
 
Ils parlent d’Enzo :
Mike Fuselier
«Pour moi, Enzo est jeune donc totalement imprévisible et spontané. Partir grimper avec Enzo, c’est comme une boîte de chocolat, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber... Pour les anecdotes, il y en a plein, mais il m’en vient une bien croustillante. La scène se passe à Cuba, dans une guest house. Lors d’une discussion à propos des films américains, Enzo souligne le courage de Jean-Claude Van Damme, qui est capable de recevoir une noix de coco sur les abdos, lorsque celle-ci est lâchée à 10 m de haut. Voulant lui faire vivre cette fantastique expérience et mettre son courage à l’épreuve, nous lui avons mis un bandeau sur les yeux et balancé quelques coups de bouteille d’eau sur sa puissante musculature abdominale. L’appréhension s’est rapidement transformée en chalenge et Enzo voulait savoir quelle puissance de tir il était capable d’encaisser. Le challenge a duré quelques minutes et Enzo a magnifiquement supporté la rafale de coups de bouteille... sur le moment. Mais le lendemain, on pouvait lire à travers les bleus la quantité d’impacts qu’il avait encaissé. «Ça fait les abdos et c’est bon pour le gainage» dixit Enzo. À bon entendeur...»
 
Aymeric Clouet
«À Taghia dans l’Atlas marocain avec Arnaud, lors d’une séance théorique avec travaux pratiques, on expliquait à Enzo les techniques de base sur la manière d’évoluer en escalade artificielle sur crochets à gouttes d’eau, les manipulations de sécurité et les remontées sur corde avec les poignées bloqueurs. Au bout d’un petit moment, Enzo a décroché, il n’écoutait plus, il n’était plus là et on a abandonné en se disant que l’on reprendrait plus tard. Juste après, on s’est aperçu qu’il avait tout compris. Enzo enregistre facilement, il intègre tout immédiatement avec en plus, une très grande mémoire. Ce garçon est génial.»
 
Nina Caprez
«J’ai un très beau souvenir d’Enzo quand on était à Cuba. Le titre pourrait être, un petit moment de psychanalyse. Le dernier jour, on est passé à la plage. D’habitude, Enzo n’est pas très tatillon au niveau ‘propreté des habits’. Mais ce jour-là, il a pris des habits de rechange tout propre pour l’après-plage. Il s’est mis tout clean pour reprendre le bus du retour. Sauf que nous, nous étions encore en maillots de bain et Cédric ne trouva rien d’autre à faire, que de lui gicler du coca sur ses habits. Vu la rareté de cet état pour Enzo (habits tout propre et blancs), le moment qui a suivi est excellent. Enzo a pété un plomb et a sorti cette belle phrase bien fort : «Mais putain, j’étais parfait !». Une phrase qui nous a bien fait rire et lui aussi d’ailleurs, une fois qu’il s’est rendu compte de ce qu’il disait. Voilà, «j’étais parfait», la phrase d’Enzo.»

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Video playlist featuring Enzo Oddo

Daila Ojeda

Daila Ojeda - © Sam Bié
Daila Ojeda - © Sam Bié

Espagne

ESP
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Photo portrait: 
Daila Ojeda - © Sam Bié
Date de naissance: 
30 juin 1981
Lieu de résidence: 
Catalogne (Espagne)
Formation: 
Préparation du diplôme de monitrice d’escalade
Statut actuel: 
Grimpeuse professionnelle
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2007

L’escalade est une forme d’apprentissage
«J’ai commencé à grimper à l’âge de 19 ans, après avoir assisté comme spectatrice à une compétition de blocs dans le village où je suis née. Ce fut un bouleversement dans ma vie. Avant, mes activités étaient orientées vers la mer, bodyboard et surf. J’étais toujours à la plage, ce qui est normal pour quelqu’un qui habite dans les îles Canaries. Mes amis de Gran Canaria m’ont appris que l’escalade était plus qu’un sport, un véritable style de vie. Cette expérience a réellement changé ma vie. J’ai déménagé. J’ai laissé temporairement l’île et je me suis installée en Catalogne, l’un des meilleurs endroits au monde pour grimper. Je suis passée d’un paradis maritime à un paradis de roche. J’ai toujours ressenti une énorme passion pour la nature en général. Aux Canaries, nous avons une grande culture de la mer et des espaces naturels. J’ai démarré le surf dès ma plus tendre enfance. J’ai toujours été reliée à ce genre d’activité, où les normes et les règles du jeu correspondent à une fusion entre la nature et moi-même.»

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«L’escalade est la chose la plus importante de ma vie, ma famille exceptée. Grâce à l’escalade, j’ai rencontré mon compagnon, Chris. J’ai rencontré des personnes incroyables. J’ai connu des paysages que l’on ne peut pas connaître si on ne grimpe pas. Enfin, je me suis rencontrée moi-même. J’ai de la chance de pouvoir vivre cette découverte. Pour moi l’escalade est une activité physique spéciale, une forme d’apprentissage de l’absolu. Elle me tient en contact avec la nature. L’escalade m’apprend au quotidien à respecter l’environnement. Elle me permet de me retrouver moi-même chaque jour. L’escalade m’aide à combattre, à ne pas me rendre, ou abandonner facilement, à surmonter mes peurs. Ma spécialité est de savoir profiter des grandes voies qui demandent de la résistance. Ces voies me permettent de lutter et de m’investir plus.»
 
 
Mes lieux favoris
«En général, je préfère les lieux calmes, loin des grandes villes, où je peux écouter le silence. Mes paysages préférés sont sur l’île de Gran Canaria avec ses habitants à forte personnalité, avec ses vagues et ses odeurs de l’Atlantique, plus celles de la campagne espagnole et bien sûr mes souvenirs d’enfance. Il y a aussi Sant Llorenç de Montgai en Catalogne où je vis, avec ses incroyables parois qui n’en finissent jamais. Ma vie est tranquille et simple. J’aime prendre une tasse de café tranquillement le matin, me promener avec ma chienne, aller grimper avec Chris.»
 
Mon objectif
«Emmener grimper des jeunes dans les plus belles voies possibles et leur transmettre le respect de la nature.»
 

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Dani Andrada

Dani Andrada profile - photo © Stephan Denys
Dani Andrada profile - photo © Sam Bié

Espagne

ESP
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Photo portrait: 
Dani Andrada - photo © Keith Ladzinski
Date de naissance: 
15 juillet 1975
Lieu de résidence: 
Cornudella de Montsant (Espagne)
Formation: 
L’école de la vie
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

 
«Je grimpe depuis l’âge de 12 ans.
L’escalade a toujours été ma passion.
C’est devenu mon travail et heureusement l’une des choses qui me plaît le plus dans la vie.»

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«Ma spécialité est l’escalade sportive et les grandes voies, avec bien sûr l’ouverture de voies extrêmes. J'ai équipé environ cinq cent voies à travers le Monde. Mais j’aime aussi l’escalade de bloc. J’adore simplement être dans la nature.
Mes lieux préférés pour l’escalade sont... en Espagne évidemment!»

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Chris Sharma

Chris Sharma profile - photo © Stephan Denys
Chris Sharma profile - photo © Bernardo Gimenez

USA

USA
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Photo portrait: 
Chris Sharma - photo © Stephan Denys
Date de naissance: 
23 avril 1981
Lieu de résidence: 
Sant Llorenc de Montgai (Espagne)
Statut actuel: 
Grimpeur professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
1995

Grimper est pour moi un acte libérateur
«L’escalade est ma vie depuis l’âge de douze ans et mon chemin pour découvrir les plus beaux endroits du monde. Ma spécialité est d’ouvrir de nouvelles voies de plus en plus difficiles. Cette activité me donne un but dans la vie et canalise mon énergie. C’est ma façon à moi de faire partie de la société. C’est vraiment important pour ma progression en escalade de rester motivé et d’avoir l’impression de faire des choses nouvelles, de ne pas m’endormir sur mes lauriers... J’ai passé une super année à explorer d’autres facettes de l’escalade. En particulier, transférer mes acquis en falaise à la grande-voie. J’ai donc travaillé plusieurs projets de voies en plusieurs longueurs : l’une d’elle est proche d’où on habite et l’autre est à Majorque. Tout cela est nouveau pour moi. C’est une expérience complètement différente et c’est vraiment motivant de faire quelque chose qui est à la fois nouveau, tout en étant assez semblable. Je suis vraiment motivé pour donner cette nouvelle dimension à ma carrière de grimpeur, tout en continuant à travailler sur des projets en falaise. Le plus important en escalade, pour continuer à grimper pendant toute une vie, c’est de renouveler ta motivation, d’une manière ou d’une autre. La progression est un facteur-clé : essayer de devenir plus fort et de faire des voies dures. Ce qui est intéressant en escalade, c’est qu’on peut continuer à progresser non seulement en difficulté, mais aussi dans nos expériences, en voyageant vers de nouvelles destinations et en ouvrant de nouvelles voies. Le processus de faire la première ascension d’une voie et de découvrir une nouvelle ligne, c’est un immense sentiment de progression, même si ce n’est pas la voie la plus dure que tu aies jamais faite. Tu as quand même le sentiment d’apprendre et de progresser d’une certaine manière.»

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Ton plus beau spot?
«Mon lieu préféré est la Catalogne espagnole. Je m’y suis installé en 2005 et je ne suis jamais reparti! Maintenant c’est chez moi. Cette région est étonnante avec un énorme potentiel pour ouvrir de nouvelles voies parmi les plus difficiles. J’ai l’impression que tous les 10-15 ans, les points stratégiques de l’escalade déménagent. Il y a 15 ans, la Mecque de l’escalade était ici, dans le sud de la France. Récemment, depuis quelques années, c’est en Espagne que ça se passe… c’est devenu une destination. C’est vraiment spécial là-bas. Pour moi, quand j’ai commencé à grimper en Catalogne, que j’ai rencontré Dani Andrada, il y a environ 6 ans, j’étais vraiment inspiré pour grimper dans des endroits comme Siruana, Margalef et de voir le potentiel dans d’autres falaises, telles que Oliana et Santa Linya. Il y a tellement de monde qui y passe, il y a toujours un renouveau de motivation. Et pour moi, c’est très bien, parce que, même si des fois la Californie me manque et je me sens loin de chez moi, je vois probablement mes amis et ma famille plus qu’avant, parce que j’ai un pied-à-terre. Beaucoup de monde viennent nous rendre visite et on a toujours des amis à la maison, entre septembre et mai.»
 
 
A part grimper?
«Comme autre activité, j’aime construire ma maison et travailler dans mon jardin. Mon style de vie pourrait se définir comme une sorte d’improvisation permanente. Ma devise est : être moi-même. Tout ce que je fais est connecté. Je souhaite être le plus authentique possible. Comme tous les athlètes du Team Petzl, je suis passionné de nature et je désire être le meilleur possible.»
 
Est-ce que tu te prépares différemment pour des voies de plusieurs longueurs que pour des voies plus courtes?
«J’ai encore tellement à apprendre quant au processus lié à grimper quelques-unes de ces grandes voies. Établir et équiper une nouvelle voie est beaucoup plus compliqué parce que tu es loin au-dessus du sol, et qu’une voie de 7 longueurs correspond essentiellement à 7 voies : établir ces nouvelles lignes implique donc une toute autre logistique et beaucoup plus de temps. Et bien sûr, quand vient le temps d’enchaîner, c’est stratégiquement beaucoup plus complexe. À mes yeux, ces deux styles de grimpe sont très complémentaires. Après avoir grimpé dans des voies de plusieurs longueurs pendant quelques jours, je suis à nouveau très motivé pour retourner essayer mes projets d’une longueur. Et de même, je vais essayer certains de ces projets vraiment durs qui sont à ma limite, que je travaille, qui sont peut-être côtés autour de 9b+ ; c’est difficile de maintenir ce niveau de motivation tout le temps, d’essayer des mouvements aussi durs ; d’où l’importance d’avoir plusieurs cordes à son arc et de grimper quelque chose de tout aussi difficile et motivant, mais d’une autre manière.»
 
Les voies de plusieurs longueurs difficiles sont-elles la prochaine étape de l’escalade avant-gardiste?
«À mes yeux, appliquer ce qu’on fait en falaise aux longues voies est une progression naturelle de l’escalade. Un peu comme pour le bloc : pendant pas mal d’années, j’étais vraiment focalisé sur le bloc et j’ai pu appliquer ces séquences gymniques aux voies en falaise. C’est donc une progression similaire: prendre tout notre vécu, amalgamer toutes ces expériences et les appliquer pour faire quelque chose de nouveau. Ça, ça me motive vraiment. C’est important de faire un peu de tout, de toujours renouveler son approche à l’escalade. Et aussi, après plusieurs années à ne pas avoir été axé sur le bloc, je me réjouis maintenant de recommencer à en faire un peu plus, pour renouveler mon engouement pour ce sport. En même temps, le bloc est vraiment à l’essence même de l’escalade de haute difficulté pour ces projets d’une longueur vraiment durs : je crois que me replonger dans le bloc est la solution pour progresser, travailler la force pure, faire de tout, et toujours essayer de recycler tes idées et ta motivation pour éviter de te lasser.»
 
Alors tu vas faire plus de bloc ?
«Une des choses que j’aime vraiment dans le bloc est le fait de pouvoir être vraiment spontané. Tu as tes chaussons dans ton sac à dos et c’est tout. C’est fascinant. Grimper des grandes voies demande quand même beaucoup plus de planification. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’une des choses qui m’attiraient le plus avec le bloc était l’aspect spontané de pouvoir aller où tu veux. Seulement les blocs deviennent maintenant si hauts et les atterrissages si mauvais que tu as des fois besoin de 10 ou 15 crash pads pour un bloc. Dans ce cas là, c’est beaucoup moins encombrant d’avoir un sac à dos avec du matériel d’escalade et de grimper avec une corde. Il faut trouver le juste équilibre.»
 
Un message pour les jeunes?
«Je voudrais encourager les jeunes de partout qui grimpent depuis plusieurs années, ou qui commencent tout juste à grimper, en leur disant de se faire plaisir. Pour moi, l’escalade, c’est de trouver des voies de qualité et non pas forcément les gros chiffres. Ce qui compte, c’est surtout ton expérience et d’apprécier l’escalade. Je leur recommanderais de sortir et d’aller grimper sur toutes les supers voies qu’ils ont la chance de grimper. L’escalade est un sport tellement unique pour ça. C’est plus qu’un sport, c’est un style de vie, tu peux voyager et voir tant d’endroits magnifiques, rencontrer tellement de gens sympas, je crois qu’on a vraiment de la chance de faire partie d’un tel sport.»

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Xavier De Le Rue

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Photo portrait: 
Xavier De Le Rue - photo © Xavier De Le Rue
Date de naissance: 
1 juillet 1979
Lieu de résidence: 
Saint-Lary, Pyrénées (France)
Formation: 
DUT technico-commercial
Statut actuel: 
sportif professionnel
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2008

J’ai la chance de pouvoir vivre l’évolution de mon sport.
«Pendant longtemps, j’ai été plus reconnu pour ma pratique et mes titres en snowboard cross, mais depuis quelques années, j’ai la chance de pouvoir me consacrer à ma passion de toujours, le free ride en snowboard. Je passe mon temps à voyager pour différents films. Je passe aussi beaucoup de temps sur les circuits de compétition comme le Freeride World Tour. Depuis tout petit, j’ai toujours aimé aller gratter la poudre au bord des pistes. L’évolution a ensuite été naturelle puisque guidée par la passion. C’est mon moyen à moi de me mettre au taquet, de profiter de la montagne, de voyager, de m’ouvrir l’esprit. C’est aussi mon métier. J’ai plutôt la belle vie. Je suis chanceux et je devrais d’ailleurs me le rappeler plus souvent. J’adore la poudre, mais je n’aime pas les avalanches. C’est basique comme postulat, mais ça décrit bien ma problématique. Le plus difficile pour moi est de savoir juger la neige et les conditions. Ce n’est jamais du 100 %. Il faut donc savoir en garder sous les pieds et ce malgré les grosses euphories que l’on arrive à se mettre. La neige par définition est une matière instable, imprévisible, inattendue. Quelques fois, ça part, on ne sait pas pourquoi. Quelques fois, ça ne part pas, on ne sait pas pourquoi non plus. Les gens de Petzl me considèrent comme un grand spécialiste, un expert des avalanches, mais la neige ne sera jamais une science exacte. Je pars toujours du principe, non pas que l’avalanche peut se déclencher, mais bien que l’avalanche va se déclencher. Le peu que j’ai appris sur ce sujet, est le résultat de nombreuses années d’observation, de discussions avec les gens des services des pistes, ceux qui posent des explosifs tous les jours, ou en parlant des heures et des heures avec des guides de haute montagne ultra-expérimentés.»

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Polyvalence
«Hors profession, hors travail, hors séances vidéos ou hors relations publiques, j’aime pratiquer gratuitement d’autres activités comme l’escalade ou l’alpinisme. J’aime toucher le rocher, être en montagne. C’est un moment uniquement pour moi, juste pour le plaisir, même si ça m’apporte énormément ensuite pour le snowboard. J’adore le surf des mers, c’est une pratique saine, la plus pure sensation de glisse sous les pieds. Quant au vélo de descente par exemple, il n’y a pas, à mon sens, activité plus débile et dangereuse, mais qu’est ce que ça fait du bien d’être débile. C’est un bon sujet pour parler de ma prise de conscience. Tout dépend de comment on pratique... Justement, je n’appuie jamais sur les freins, je n’ai pas envie de freiner, pas envie de faire les choses à moitié. Donc cela m’impose une sévère gestion de l’activité. Pour une prise de risque aussi grande, il vaut mieux être au top de l’anticipation, d’une grande forme physique et d’une grande lucidité quant au choix de l’itinéraire et savoir réellement ce que veut dire: improviser en situation d’urgence.»
 
 
Alaska
«J’ai apprécié pour la première fois cette année les qualités de l’Alaska. Cela fait plusieurs années que je voyage en Alaska. Je ne me retrouve pas dans les bases d’hélico avec leur stress, ni dans la «overcoolitude» des gens. Mais cette année, j’ai campé pendant deux semaines à 80 km des premières bases humaines, loin de tout et j’ai enfin découvert l’intérêt de la neige en Alaska, c’est-à-dire l’intérêt du «spin» et là-bas, c’est le pays du «spin». Je vous laisse imaginer la suite, on s’est gavé... Pour ceux qui ne me suivent pas forcément, l’Alaska est connue pour toutes ces zones côtières de free ride, qui offrent des quantités astronomiques de neige et pas n’importe quelle neige. C‘est une poudreuse très chargée en humidité, qui vient coller aux pentes même les plus raides. Ça a tendance à former ces fameux «spins» qui sont des sortes de stries verticales entre lesquelles, la neige coule constamment et qui, mise à part le côté ludique du free ride, offrent un signe évident de stabilité, chose assez pratique et confortable, après des tempêtes de neige avec trois mètres d’accumulation et du vent. En gros, tout cela permet de «rider» des conditions qui ne seraient même pas envisageables chez nous. Le fait d’avoir passé du temps là-haut, loin de tout le cirque (les compagnies d’hélico, les free riders qui parlent de leurs sessions, les gens qui viennent tenter l’expérience Alaska avant de retourner à New York) m’a fait beaucoup de bien et m’a finalement fait aimer l’endroit. C’est clair qu’à pied, après plusieurs nuits dans la tente, des levers à deux heures du matin pour arriver en haut des pentes, il est difficile d’avoir le même rendu qu’en hélico (en termes d’action, surtout qu’on est loin de tout, livrés à nous-mêmes niveau secours), quand on peut monter en puissance au cours de la journée et «rider» des pentes de plus en plus engagées au fur et à mesure...»
 
 
Une nouvelle dimension
«Mais il y a quand même cette dimension de stress en moins qui est bien appréciable. Après une grosse session de voyages, de décalages horaires, ça m’a fait du bien de pouvoir me retrouver un peu seul dans ma tente, de dormir, réfléchir, sans ordinateur, sans téléphone... Jusqu’à présent je n’étais pas fan de l’Alaska, mais maintenant les choses sont différentes, c’est comme si une nouvelle dimension venait de s’ouvrir: arrêter l’hélico et aller se perdre loin de l’industrie touristique. J’aime profiter de la vie. Tous ces sports sont un bon moyen d’en profiter. La montagne aussi apporte de la simplicité, qui permet de prendre de la distance sur certaines superficialités de la vie, de la simplicité qui permet de retrouver des bases de vie essentielles avec un bon recul. Après, à chacun son truc... En tout cas, c’est un bon réancrage sur terre pour des gens hypermédiatisés, tout le temps en déplacement sur les circuits.»
 
 
Une certaine façon de skier ou de surfer
«Quand je suis devant une face, ou au sommet, l’inspiration vient toute seule. Il y a toujours une ligne qui sort du lot, qui m’attire et que je ressens. Ca vient des tripes. Il suffit d’avoir un bon passé technique, de garder la tête froide et d’en avoir envie. Il faut un caractère un peu trempé «rock’n roll», une dose de sagesse, l’amour du risque et de la montagne.»
 
 
L’expérience reste au service de l’imaginaire
«L’expérience est ma valeur ajoutée à tout ce que je réalise, enfin j’espère. Lorsque j’ai décidé une descente et que je suis parti, je ne m’arrête pas, je vais jusqu’en bas. Le principal est, je pense, de savoir se projeter, de savoir se représenter soi-même dans l’action, dans l’activité. Le reste suit: une analyse la plus juste possible, un mental fort dans la tête, du jugement, du contrôle et un équilibre entre émotionnel et maîtrise cartésienne. Tout cela n’est possible que s’il y a en amont un énorme travail basé sur le long terme, un travail affirmé petit à petit, d’année en année. Enfin, pour qu’une journée soit vraiment parfaite, un sourire peut être quelque fois suffisant. Il faut y croire...»
 
 
 
L’anecdote de Xavier

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Diaporama Photos: 

Robert Jasper

Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Robert Jasper profile - photo © Klaus Fengler

Allemagne

DEU
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Photo portrait: 
Robert Jasper profile - photo © coll. Robert Jasper
Date de naissance: 
15 avril 1968
Lieu de résidence: 
Bade-Wurtemberg (Allemagne)
Statut actuel: 
Guide de haute montagne, professeur de sport, formateur de guides
Date d'entrée dans le Team Petzl: 
2000

Mon métier, explorer la nature
«La passion connecte les gens entre eux, mais aussi les gens avec la nature. Plus les gens sont connectés avec la nature, plus ils sont connectés avec eux-mêmes et plus ils se retrouvent eux-mêmes. Je suis un alpiniste spécialisé en cascade de glace, mais j’aime toutes les disciplines liées à la montagne. Mon objectif est de développer un style moderne d’escalade, comme par exemple la première ascension en libre du Japonese-Diretissima (1800 m / 8a) sur la face Nord de l’Eiger. Je considère cette voie comme actuellement l’escalade la plus difficile des Alpes. Je souhaite aussi développer le style alpin moderne dans des régions éloignées comme la Terre de Feu, Baffin Island, Svalbard ou l’Himalaya.»

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J’avance étape par étape en réalisant mon rêve
«J’ai commencé à grimper dans la Forêt Noire, région Sud de l’Allemagne. J’avais juste devant ma porte du bon rocher et, à proximité, les Alpes suisses. Dans les Alpes, ma paroi préférée est la face Nord de l’Eiger. J’y ai vécu d’innombrables aventures. C’est pour moi un endroit magique. J’aime aussi les paysages comme la Terre de Feu en Patagonie et l’Himalaya avec sa merveilleuse culture. En Europe, le Sud de la France est particulièrement intéressant pour ses falaises d’escalade. Reste la Forêt Noire pour me promener avec mes enfants. C'est important pour moi de partir, de revenir, de repartir à nouveau et ainsi de suite. Revenir me ressourcer en Forêt Noire, mon camp de base, relève de la plus haute importance.»
 
 
Initiation au voyage
«Mes voyages représentent, pour moi, plus qu’un simple "sport". Il s'agit véritablement d'un style de vie et d'une passion. Je rencontre de manière privilégiée d’autres personnes dans différents pays et cela enrichit ma vie. Plus je partage ce que je vis, plus mon expérience s'enrichit.»
 
 
J'aime raconter l'inédit des parois
«Pendant mon temps libre, je profite de ma famille et de mes enfants. Au retour de mes sessions de grimpe, ou de mes expéditions, je raconte mon expérience à toutes les personnes qui le souhaitent, au travers de récits, diaporamas, événements. Je prends du temps pour transmettre ma passion, mais aussi ce que j’ai appris grâce à mes aventures. J’organise des conférences et des formations pour des personnes d'origine culturelle ou sociologique totalement différente. C’est ma façon à moi de transmettre mon style de vie. Je tente de relier les différentes disciplines de l’alpinisme. Je parle de mon expérience personnelle, relative à ce que j’ai appris. J’adore cet aspect de mon métier que sont les relations publiques, lorsque je participe par exemple à des formations de management pour des grandes sociétés comme Holcim, ABB, Adidas...»
 
 
Ma devise
«Faire ce qu’il y a à faire, après avoir réfléchi si ça correspond bien à mon éthique. Le faire avec toute mon âme, aussi bien que possible.»

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Diaporama Photos: