Portrait Maurice LevauxMaurice Levaux, 57 ans, est le responsable du Groupe de Recherche et d'Intervention en Milieu Périlleux (GRIMP) de Aywaille, en Belgique. L'histoire du GRIMP est en fait liée à un évènement récent. En 1997, lors d'une sortie club, sur la falaise de Sy/Ourthe, un ami proche de Maurice est victime d'un accident. Malheureusement, à cette époque, aucune équipe de secours locale n'est compétente pour mener rapidement l'intervention et son ami décède.

Très affecté par ce tragique accident, Maurice décide de créer lui même une structure de secours en hauteur en Belgique. Il s'engage dès lors dans les sapeurs pompiers de son domicile, passe tous les échelons et devient professionnel. Il suit de prés ce qui se fait en France dans le GRIMP du département voisin la Moselle. En 2000, il suit la formation de Chef d'unité GRIMP, en France, au centre de formation de Florac (48). Il est le premier pompier étranger à suivre cette formation. De retour chez lui, il réplique cette formation dans sa caserne de Aywaille (25 km de Liège au porte des Ardennes). Cette formation est ensuite intégrée à l'école de Feu de la Province de Liège. Aujourd'hui, ils sont deux formateurs à plein temps, assistés d'intervenants extérieurs. Ils totalisent 45 sessions de formation de deux semaines chacune pour environ 350 pompiers formés.
 
 
 

Depuis 10 ans Maurice œuvre à une reconnaissance officielle par l'état Belge de ses formations. Cela n'est pas simple dans le contexte bilingue et biculturel du pays. La partie francophone se tourne vers les exemples français, alors que la partie flamande est sous une influence anglo-saxonne. Maurice est impliqué dans tous les groupes de travail de son pays sur la problématique des secours périlleux. En attentant, la mise en place de formations GRIMP est soumise au bon vouloir de chaque commandant de caserne.

 
exercice d'entrainement

 
 
PictoInterview de Maurice Levaux :
 
De quoi est fait le quotidien ? Qu'elle est l'organisation nécessaire ?
"Je reste avant tout Chef d'unité opérationnelle. Présent sur toutes les interventions sur ma zone, soit entre 12 et 15 sorties par an sur des secours escalade, spéléo, parapente, via ferrata, parcours sur corde. Régulièrement, j'organise, pour les personnels GRIMP de la province et au delà, des entraînements et recyclages autour des techniques en paroi, milieu confiné ou industriel. Chaque entraînement mobilise une vingtaine de personnes, qui forment une véritable équipe, un groupe de passionnés, avec un esprit montagne, qui sont ainsi formés à travailler ensemble.
 
Quelles sont les problématiques d'accès courantes et exceptionnelles ?
Chaque intervention est bien sûr unique, mais aucune ne peut pas se passer d'une préparation rigoureuse des hommes et du matériel. Lors des formations et entraînements, toutes les situations sont anticipées au mieux, avec la mise en place d'automatismes nécessaires pour garantir la sécurité des secouristes. Il faut prévoir toutes les situations, qui pourraient se présenter en milieu industriel, par exemple en milieu confiné, hostile et toxique où il faudrait utiliser des appareils respiratoires. Ce sont des situations pour lesquelles il est difficile de créer des conditions d'entraînement, mais néanmoins il faut s'y être préparé.
 
Quelles sont les problématique de mise en œuvre des principes de sécurité ? 
Lors d'une intervention, il faut appliquer une extrême rigueur dans les techniques, respecter les procédures et les conditions d'utilisation du matériel, rester dans les limites et faire preuve de prudence en permanence. Dans l'action, il n'y a pas de place pour l'improvisation, mais juste pour des adaptations. On doit également toujours garder une marge de sécurité. Un des points critiques est la formation du chef d'équipe qui, avant de lancer l'intervention, doit faire, à froid, une analyse des risques, une reconnaissance de la situation, en mettant en avant les points critiques, les possibles évolutions du milieu et la présence d'éléments à risques tels que des machines, produits chimiques, chaleur... Tout du long de l'intervention le chef d'équipe doit piloter ses hommes et ce jusqu'à leur retour au poste. " La confiance n'exclue pas le contrôle "
 
exercice d'entrainement

Quels sont les moments forts de l'activité ?
Bien sûr, c'est l'intervention le moment fort, car là ce n'est plus un simple entraînement. Il y a une ou des personnes à secourir dans un temps très court et nous avons une obligation de réussite. Cela demande souvent de prendre du recul, de s'isoler pour analyser la situation, identifier les risques potentiels et imaginer la solution. Ensuite, il faut la mettre en œuvre et réussir à sortir la victime de son champ d'intervention et de la confier aux médecins. Il y a toujours une forte émotion parmi les membres de l'équipe, lors de la fin d'une intervention, avec parfois des moments durs s'il s'agit d'évacuer une personne décédée. Quand techniquement l'intervention se passe bien, je sais que chacun de mes hommes est fier de rentrer en ayant réussi sa mission et parfois sauvé une vie.
 
Quelles sont les qualités et formations requises pour faire se métier ?

Il faut avant tout une fabuleuse envie et une motivation personnelle d'aider les autres. Il faut être un fanatique des techniques de secours sur corde, pratiquer constamment les sports extrêmes, être spécialisé dans toutes ces techniques et entretenir ses conditions physiques. On ne rentre pas dans une formation GRIMP pour y découvrir ce qu'est une corde !!!

Quels messages seraient à faire passer aux jeunes qui voudraient se lancer dans ce métier ?
Il faut au préalable avoir suivi les formations de base du sapeur pompier, de l'ambulancier et tous les pré requis obligatoires. On peut alors accéder à la spécialisation GRIMP qui est longue, exigeante et difficile. Ensuite, c'est le fait d'être spécialiste de haut niveau dans les sauvetages par corde qui fait la différence. Et comme toute spécialité, celle-ci est principalement liée à la passion et l'intérêt permanent d'une personne pour ce thème. Les gens passionnés sont tenaces. Ils s'accrochent et persévèrent pour arriver à leur but. Faire de sa passion son métier est un rêve non ?

exercice d'entrainement 

Liste de matériel dans ce métier ?
Nous utilisons tous les EPI du sport et de l'industrie et sans aucun doute toute la gamme de produits Petzl.
 
Quel est le produit Petzl qui à fait le plus progresser la technique et la sécurité dans votre métier ?
Assurément tous les bloqueurs à gâchette, et les poulies bloqueurs, se sont les pièces indispensables dans tous nos systèmes et nos outils de déplacement sur les cordes. Les produits Petzl sont faciles à mettre en œuvre et à utiliser. Ils sont fiables, confortables avec un bon rendement et une vraie performance.

La civière NEST est l'indispensable de tout groupe GRIMP. Elle est polyvalente, simple et efficace.

Pour les interventions dans la nuit, ou l'obscurité, la lampe ULTRA est de mise. Et dans nos véhicules d'intervention GRIMP nous avons des PIXA 3 ATEX, en réserve, que nous utilisons pour intervenir en milieu explosif.

 
De toute façon, nous testons et essayons tous les nouveaux produits qui sortent en relation avec nos activités. En général, on revient toujours chez Petzl !!! Actuellement nous sommes en attente de la confirmation de notre budget de renouvellement matériels, une somme entre 7 et 10000 euros, que nous investissons chaque année pour remplacer et moderniser tout notre parc de matériels d'intervention et de formation. Dans l'avenir on aimerait bien tester des prototypes. L'amélioration du matériel est un domaine sans fin!!!

 

Et le week end vous faites quoi ?

De la corde !!!! quoi que un peu moins qu'avant mais, dès que possible, je prends du temps pour partir dans les pays lointains et froids avec mes chiens de traineau, Tikka et Evak, pour tenter d'oublier un peu le GRIMP..."

 

 

 

PictoUn parcours étonnant

 

Étonnant parcours que celui de Maurice Levaux, qui avait commencé par le dessin et l'illustration aux beaux arts, puis qui impressionné par le film "le jour le plus long", effectue son service militaire chez les para commandos où il découvre le rocher. Ensuite, c'est l'escalade à fond. Une passion entrecoupée de petits boulots : création de décors de spectacle, réalisation des illustrations dans la revue de l'UBS (Union Belge de Spéléologie).

Il effectue ensuite de nombreux travaux sur corde pour financer ses expéditions : à la Fleur de Lotus (territoires du Nord Ouest canadien), au Ruwenzori, dans les monts Hombori au Mali et dans les territoires arctiques. Reste que sa principale préoccupation et sans aucun doute l'aboutissement de la reconnaissance des formations GRIMP au niveau national en Belgique.

 

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