Grâce à la neige tombée en abondance une semaine avant l’épreuve, la doyenne des courses nocturnes s’est déroulée dans une ambiance et des conditions hors du commun. Pour beaucoup de coureurs ce fut une «première» de se lancer dans un froid glacial sur un parcours maculé de blanc.

Environ 10 000 participants se sont rassemblés au parc expo de Saint-Étienne pour récupérer leur dossard, finaliser la préparation de leur matériel, manger et attendre patiemment l’heure du départ.

Attente du départ à Saint Etienne

 

Entre vingt-deux heures et minuit, alors que la température extérieure chute à -6 °C, la pression monte d’un cran dans les halls. La circulation dans l’Hexagone a été difficile et beaucoup de personnes arrivent tardivement, une longue queue se forme pour le retrait des dossards.

L’aire de départ se remplit au dernier moment, de nombreux coureurs s’enveloppent dans des sacs poubelles, ou des couvertures de survie, pour se maintenir au chaud. Le box des élites se met en place à quelques minutes des douze coups de minuit et c’est le grand départ.

Le coup d’envoi est accompagné de fumigènes, qui propulsent sur le peloton de la neige carbonique, histoire de bien démarrer dans l’ambiance du jour. Au même moment, les 2000 participants de la Saintéxpress partent de Sainte Catherine en direction de Lyon. Le départ des courses en relais aura lieu deux heures plus tard.

   

 

Quittant rapidement l’agglomération et ses boulevards, les coureurs se retrouvent directement dans la montagne et son ambiance sibérienne. Un épais tapis de neige recouvre les chemins. L’habituel rythme sonore du pas de course est remplacé par un doux roulement feutré.

La colonne de lampes frontales s’étire sans interruption sur les crêtes du massif du Jarez tel un serpent lumineux. Au premier gros ravitaillement/relais de Saint Christo en Jarez les participants sont à peine habitués à une foulée nordique.

Sur les crêtes qui mènent à Sainte Catherine, le serpent de lumière s’étire et la difficulté s’accentue. Les appuis sur les pieds sont fuyants, glissants et certains se demandent pourquoi ils ne sont pas partis avec des skis de fond. Le froid est vif (-10°), usant plus que d’habitude les organismes. Puis vient la terrible descente sur le poste de ravitaillement, le chemin est étroit et l’équilibre précaire, la technique de progression se rapproche de la glissade avec plus ou moins de contrôle, la chute est parfois inévitable. Heureusement, le sol est plus doux.

Deux chevaux blancs, peu habitués à tant d’animation, se chargent d’accueillir, à leur manière, la caravane de traileurs impatients de se réchauffer sous le chapiteau de Sainte Catherine. L’équipe d’assistance lampe de Petzl a fort à faire pour remplacer les piles des lampes frontales très éprouvées par le froid.

Malgré les encouragements du public, la section suivante, qui mène à Soucieux en Jarez, commence à transformer l’épreuve en calvaire pour les coureurs les moins préparés, les abandons sont nombreux. Les bénévoles des postes de contrôle se chargent de réconforter et réchauffer les plus mal en point. Une longue descente, ressemblant au mieux à une piste de bobsleigh, emmène dans un grand dérapage le peloton jusqu’à Soucieux.

À 05h18, alors que les vainqueurs de la course solo Denis Morel, suivi d’Emmanuel Gault (team Petzl) et de David Pasquio, franchissent la ligne d’arrivée au prix d’un immense effort, d’autres coureurs, déjà bien éprouvés, se lancent dans le dernier tronçon de 23 kilomètres. Finie la douceur de la neige, à une altitude plus basse celle-ci s’est transformée en glace et les participants doivent redoubler de vigilance pour rester debout. À 06h12, Maud Gobert (ex Giraud) du team Petzl remporte l’épreuve féminine pour la deuxième année consécutive.

Après les dernières grosses difficultés de la côte de Baunant et la descente verglacée de Fourvière, les coureurs rentrent subitement dans la ville de Lyon. Au lever du jour, un ciel bien gris, un fort vent de face et des quais de Saône totalement englacés, donnent aux derniers kilomètres un air de marathon baltique.

L’arrivée dans le palais des sports de Gerland est un véritable soulagement pour tous ceux qui ont tenu jusqu’au bout. L’accueil est chaleureux et c’est boosté par une furieuse «batukada» que les finishers peuvent enfin s’abandonner à la douche, au massage et à un véritable petit-déjeuner.

 

Interview de Maud Gobert

 

Petzl : Comment s’est passée cette édition exceptionnelle de la SaintéLyon?
Maud : Vraiment bien, cette course est pour moi le temps fort pour terminer en beauté la saison de trail avant de passer en mode ski alpinisme. C’est sûr que cette année la neige a apporté une saveur différente. Pour moi c’était un atout car je m’entraîne souvent dans ces conditions. C’était sûrement très dur pour les coureurs et coureuses dont c’était la première participation. 

Petzl : Quelles étaient les grosses difficultés sur le parcours?
Maud : Comme d’habitude c’est parti très vite, trop vite, j’ai ralenti un peu sur le goudron pour garder de la marge sur les chemins. Dans certaines montées «trail», c’était tellement glissant que j’arrivais pas à courir, j’ai dû marcher. Sur les chemins, la trace avait été faite avec un quad, mais la neige étant poudreuse, on s’enfonçait beaucoup. Après la course, j’ai ressenti que mes mollets avaient été mis à rude épreuve. L’adhérence était proche de zéro dans les sections en descente, il fallait vraiment faire attention à ne pas tomber. J’y suis allée «mollo» pour ne pas risquer de me blesser avant la saison de ski. Après Sainte Catherine, les coureurs de la Saintéxpress, partis avant nous, avaient appréciablement damé les chemins, et là je me suis bien régalée. Sur la fin, il y avait aussi des sections de route complètement verglacées. L’arrivée sur les quais de Saône s’était transformée en véritable patinoire! Il fallait être vigilant et rester sur ses gardes jusqu’au bout.

Petzl : Ton moment fort sur la course?
Maud : J’ai vraiment aimé les portions sur les crêtes, la réflexion des frontales sur la neige et les lumières de la vallée du Rhône, donnaient une ambiance féerique à la course. Et bien sûr l’arrivée, j’avais prévu de mettre une bonne demi-heure de plus, au final je me sentais bien et j’ai pu maintenir un bon rythme tout du long. 

Petzl : Quel matériel spécifique as-tu utilisé?
Maud : Côté lampe je suis une inconditionnelle de l’ULTRA, j’ai utilisé le mode éco sur les parties enneigées car avec la réflexion il y avait bien assez de lumière. Par contre, dans les descentes étroites en forêt, le mode fort me permettait de bien voir où j’allais mettre les pieds. J’avais préparé une paire de chaussures avec des pointes, mais finalement je ne m’en suis pas servie.

 

Petzl adresse toutes ses félicitations à Maud, Emmanuel, aux coureurs du Team CORE, aux équipes du personnel de l’entreprise Petzl, aux organisateurs, aux bénévoles et également à tous ceux qui ont participé à cette mythique édition de la SaintéLyon. Rendez-vous l’année prochaine.

 

Du côté du team CORE de Petzl :

 

Résultats :

Coureurs Epreuve Catégorie Classement scratch Classement catégorie Temps
Patrick LE GAL, Thomas LE GAL et Michel FRAISSE Relais 3 VH1 162 119 08:29:08
Sylvie et Christian BLACHON Relais 2 SEH 24 4 06:25:27
Nathanaël TAMAILLON Raid individuel ESH 205 8 07:09:28
Florian BRUNEL Raid individuel SEH 122 76 06:51:27
Arnaud FLOREQUIN Raid individuel SEH 3333   11:11:35
Violaine RUCHON Raid individuel SEH      
Bernard FARSY Raid individuel VH2 3204 311 11:04:37
Clément BAUDY Raid individuel ESH 1924 30 09:32:28

 

Nathanaël TAMAILLON du Team CORE revient sur sa course:

"Cette édition de la Saintélyon s'annonçait épique, elle le fut !
Au programme: 68 kilomètres de nuit dans des sentiers enneigés ou boueux et des portions goudronnées verglassées ! J'avais réglé l'Accu CORE pour avoir une luminosité maximale pendant 7 à 8 heures. Et effectivement, je ne fut pas déçu de ce côté là ! Je n'ai jamais connu de problèmes quant à ma visibilité des obstacles tout au long du parcours.
Du côté de la lampe, j'ai pu alterner entre l'éclairage économique sur les portions dégagées et l'éclairage maximal large en sous bois ou focalisé dans les passages techniques.
Du côté de l'effort, j'étais parti sur l'objectif de terminer en moins de 8h. J'ai donc pris un départ en temporisant pendant les 8 premiers kilomètres dans Saint Etienne pour ne pas me laisser emporter par l'euphorie de la course. J'accélérais ensuite dans les premiers reliefs pour passer à Sainte Catherine aux alentours de la 150ème place et 3ème espoir. Un petit manque d'entraînement ne me permis pas ensuite de m'exprimer au mieux. Toutefois, j'ai réussi à atteindre la mi-course en 3h.
Le reste de la course fut plus difficile, je m'accrochais au mental jusqu'à aborder enfin les quais de Lyon. Les derniers kilomètres de course furent une véritable épreuve, les cuisses remplies d'acide lactique j'atteignais enfin le Palais des Sports de Lyon après 7h09 de course !
Très heureux d'être venu à bout de cette 57ème Saintélyon sur laquelle je reviendrai à coup sur, et aussi bien éclairé !"

 

Compléments d'informations :

 

Tout le récit en images :

 

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