Métier de Passion : Maurice, fondateur du GRIMP en Belgique.
Ven, 09/12/2011 - 11:23 — Petzl News
Maurice Levaux, 57 ans, est le responsable du Groupe de Recherche et d'Intervention en Milieu Périlleux (GRIMP) de Aywaille, en Belgique. L'histoire du GRIMP est en fait liée à un évènement récent. En 1997, lors d'une sortie club, sur la falaise de Sy/Ourthe, un ami proche de Maurice est victime d'un accident. Malheureusement, à cette époque, aucune équipe de secours locale n'est compétente pour mener rapidement l'intervention et son ami décède. Très affecté par ce tragique accident, Maurice décide de créer lui même une structure de secours en hauteur en Belgique. Il s'engage dès lors dans les sapeurs pompiers de son domicile, passe tous les échelons et devient professionnel. Il suit de prés ce qui se fait en France dans le GRIMP du département voisin la Moselle. En 2000, il suit la formation de Chef d'unité GRIMP, en France, au centre de formation de Florac (48). Il est le premier pompier étranger à suivre cette formation. De retour chez lui, il réplique cette formation dans sa caserne de Aywaille (25 km de Liège au porte des Ardennes). Cette formation est ensuite intégrée à l'école de Feu de la Province de Liège. Aujourd'hui, ils sont deux formateurs à plein temps, assistés d'intervenants extérieurs. Ils totalisent 45 sessions de formation de deux semaines chacune pour environ 350 pompiers formés.
Depuis 10 ans Maurice œuvre à une reconnaissance officielle par l'état Belge de ses formations. Cela n'est pas simple dans le contexte bilingue et biculturel du pays. La partie francophone se tourne vers les exemples français, alors que la partie flamande est sous une influence anglo-saxonne. Maurice est impliqué dans tous les groupes de travail de son pays sur la problématique des secours périlleux. En attentant, la mise en place de formations GRIMP est soumise au bon vouloir de chaque commandant de caserne.

Interview de Maurice Levaux : Chaque intervention est bien sûr unique, mais aucune ne peut pas se passer d'une préparation rigoureuse des hommes et du matériel. Lors des formations et entraînements, toutes les situations sont anticipées au mieux, avec la mise en place d'automatismes nécessaires pour garantir la sécurité des secouristes. Il faut prévoir toutes les situations, qui pourraient se présenter en milieu industriel, par exemple en milieu confiné, hostile et toxique où il faudrait utiliser des appareils respiratoires. Ce sont des situations pour lesquelles il est difficile de créer des conditions d'entraînement, mais néanmoins il faut s'y être préparé.
Il faut avant tout une fabuleuse envie et une motivation personnelle d'aider les autres. Il faut être un fanatique des techniques de secours sur corde, pratiquer constamment les sports extrêmes, être spécialisé dans toutes ces techniques et entretenir ses conditions physiques. On ne rentre pas dans une formation GRIMP pour y découvrir ce qu'est une corde !!!
La civière NEST est l'indispensable de tout groupe GRIMP. Elle est polyvalente, simple et efficace.
Pour les interventions dans la nuit, ou l'obscurité, la lampe ULTRA est de mise. Et dans nos véhicules d'intervention GRIMP nous avons des PIXA 3 ATEX, en réserve, que nous utilisons pour intervenir en milieu explosif.
De la corde !!!! quoi que un peu moins qu'avant mais, dès que possible, je prends du temps pour partir dans les pays lointains et froids avec mes chiens de traineau, Tikka et Evak, pour tenter d'oublier un peu le GRIMP..."
Un parcours étonnant
Étonnant parcours que celui de Maurice Levaux, qui avait commencé par le dessin et l'illustration aux beaux arts, puis qui impressionné par le film "le jour le plus long", effectue son service militaire chez les para commandos où il découvre le rocher. Ensuite, c'est l'escalade à fond. Une passion entrecoupée de petits boulots : création de décors de spectacle, réalisation des illustrations dans la revue de l'UBS (Union Belge de Spéléologie).
Il effectue ensuite de nombreux travaux sur corde pour financer ses expéditions : à la Fleur de Lotus (territoires du Nord Ouest canadien), au Ruwenzori, dans les monts Hombori au Mali et dans les territoires arctiques. Reste que sa principale préoccupation et sans aucun doute l'aboutissement de la reconnaissance des formations GRIMP au niveau national en Belgique.


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