Compétition et paradoxe
«Comme membre actif de l’équipe nationale suédoise, j’ai fini par me rendre compte qu’il faut beaucoup d’investissements pour créer une énergie positive au sein d'une équipe soudée. Particulièrement sociable, les gens autour de moi comptent vraiment. Je ne peux pas me rendre à une compétition seulement pour gagner et oublier le reste. Les bonnes compétitions sont celles qui engendrent une bonne énergie entre les concurrents, les organisateurs et le public. Le but en compétition est normalement de battre l'autre, d'être le meilleur. Mais comme j'ai beaucoup d'estime pour les autres, comme je les aide à être meilleur et même à gagner à ma place, il y a une certaine contradiction à gérer.»
Escalade libre et à vue
«De manière générale, j’ai de bonnes sensations quand je grimpe à vue, à la limite de mes possibilités. Grimper sur du rocher dans des régions reculées de la planète, rend mon activité encore plus intéressante. A la réussite d'une voie après travail, je préfère celle d'une voie à vue car je peux me concentrer à 100 % sur le mouvement de l'instant et sur la difficulté de l’escalade. La richesse de l’escalade à vue est liée à la découverte, l'exploration. Il faut savoir réellement improviser. On découvre ce qui va se passer en même temps qu'on le fait, comme si on était acteur et spectateur en même temps.»
La dimension spirituelle
«Avant toute chose, l'escalade est pour moi, un prétexte à rencontrer différentes personnes et à voyager dans des endroits que je ne connaîtrais probablement pas autrement. Ensuite, j’adore l’aspect stimulant de ce sport et les différents défis qui vont avec. Quant à sa dimension spirituelle, c’est une sorte de méditation en mouvement qui m'emmène dans différents endroits de mon esprit. Ma vie est inspirée par l’approche mentale liée à l’escalade, la musique et les rêves. Mon objectif quotidien est de me créer une vie saine avec tout ce qui entoure l'escalade. Je préfère réaliser quelque chose qui enrichisse ma vie lorsque je ne grimpe pas. J'aime véhiculer cette idée qu’il existe plusieurs façons de vivre sa vie, pas seulement les clichés présentés par la société occidentale actuelle. Je fais plein d’autres choses, simplement parce que je ne peux pas grimper 24 heures sur 24. J’aime jouer de la musique, courir, rouler en vélo ou nager et quelques fois tout en même temps. J’aime aussi la danse, le qi-gong, la méditation, la photographie, les bons livres. Mon mentor le plus important est mon maître en musique, Christer Bothén, musicien hors norme, qui a presque soixante-dix ans et qui a toujours vécu pour sa passion.»
Un grand voyageur
«En tant que grimpeur, je me sens connecté avec presque toutes les roches du monde. Mais le lieu que je préfère pour l’escalade est la Catalogne en Espagne. L'expérience que me procure cette région est unique. J'ai beaucoup d’amis en Catalogne. Je peux y aller seul et retrouver par hasard, un ami pour grimper. J’aime aussi grimper au Maroc, autant pour l’escalade que pour les soirées musicales d'improvisation et la bonne nourriture.»
Ma devise
«Il n’est jamais trop tard.»